samedi, février 18, 2012

Devait être minimal – ne sera que colère pour le vieil homme



Le vent est tombé, enfin presque, mais Brigetoun était en colère contre la médiocrité de ce qu'elle offre ces temps-ci à Paumée, qui explique l'érosion de sa fréquentation (j'ai été très gâtée) hors du carré de fidèles.
Avais pensé, sous la douche, à chercher poèmes autour de l'olivier – pui à un journal laconique de mes activités du jour (plutôt plus nombreuses que d'ordinaire) par dédain découragé de tout effort.


En fait il y a eu le choc, après le déjeuner, d'un tweet, et puis de ce billet
L'effarement, l'essai de comprendre (suis nulle en droit de l'édition, comme vous je pense) comment un livre que, sur la foi de ce que disait et pensait François Bon, je croyais libre de droits aux Etats Unis ne pouvait faire l'objet d'une nouvelle traduction et diffusion, Gallimard gardant bien entendu tous les droits sur la traduction de Dutourd.
Je n'ai aucun moyen de comparer la qualité des deux textes, je sais que l'histoire m'a passionnée, enfant, mais n'ai pas gardé mémoire des mots. Je sais par contre le très, très grand plaisir que m'a fait sa re-découverte il y a quelques jours
et je suis si navrée que vous ne puissiez en profiter que, si c'était autorisé, je le reproduirais bien en PDF pour une diffusion gratuite. (en fait des liens ont été mis vers le fichier Ebook et suis un peu confuse d'être incapable techniquement d'oser le faire, peux juste l'envoyer)
Je suis navrée du découragement rageur de François Bon qui se bat depuis quatre ans pour faire vivre Publie.net (même si cette réaction de Galimard prouve que les GRANDS EDITEURS commencent à prendre le numérique au sérieux, ce qui ne rend pas plus facile la lutte de leurs prédécesseurs dont Publie.net est presque le navire amiral), contre les difficultés que l'on devine, et quand je lis :
« Je suis usé, poussé à bout, irrité. C’est à la création que ceux-là en veulent. Ils sont prêts à tous les gâchis pour maintenir leur pouvoir.
J’ai décidé d’interrompre momentanément les publications prévues sur publie.net, et me donne trois jours pour décision d’en arrêter totalement l’activité – du moins faire autre chose, ailleurs, et selon d’autres modes de diffusion. Je ne peux pas continuer dans un contexte de telle hostilité dont toutes les manoeuvres bureaucratiques récentes ont bien montré la collusion avec le pouvoir politique. »
mon égoïsme se réveille et me rend encore plus véhément furieuse : Publie.net m'a trop apporté ces dernières années, le plaisir de retrouver ou découvrir des textes anciens, et surtout d'entrer dans l'écriture de Daniel Bourrion, Christine Jeanney, Laurent Margantin, Claude Favre, Joachim Sene... j'arrête parce que trop de noms à citer.
Je voulais répertorier les billets de soutien qui ont poussé dans les deux heures qui ont suivi, mais François Bon le fait.
mais je reviens à cette phrase du billet sur Tiers.livre
« à noter d’ailleurs que la traduction Gide de Typhon est sur des tas de sites gratuits et que Gallimard n’a pas l’air de s’en formaliser »
Alors juste pour que vous goûtiez :
«Le soleil se leva maigrement sur la mer, et le vieil homme aperçut les autres bateaux, bas sur l’eau, répartis au long de la côte, dispersés par le courant. Puis le soleil fut plus large et ce fut un éblouissement sur l’eau, et quand alors il s’éleva, la mer plate le lui renvoyait dans les yeux à faire mal, et il ramait sans regarder par là. Il regardait en bas, dans l’eau, surveillant les lignes qui s’enfonçaient droit dans l’obscurité de la mer. Il savait les maintenir plus droites que quiconque, de telle façon qu’à chaque niveau du courant il y aurait un appât à l’endroit exact où il le souhaitait, pour n’importe quel poisson qui viendrait nager là... »
Finalement, je reprends une liste, sans doute incomplète des réactions
chez Marie Cosnay http://www.marie-cosnay.fr/
chez Isabelle Pariente Butterlin http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article506
etc...
le billet-pétition de Laurent Marantin
En fait le billet Publie.net a évolué au cours de l'après-midi et la soire pour tenir compte des réactions

Le compte rendu minimaliste (ou non) de ce samedi et les poètes amoureux de l'olivier attendront.
P.S.
D'autres billets ont été publiés ce matin, dont je retiens
chez Arnaud Maïsetti http://networkedblogs.com/u7FmJ

11 commentaires:

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Bon, là, je n'ai pas lu grand chose...

Anonyme a dit…

Bonheur de vous retrouver après une absence, rupture délicieuse. Paris en famille, Londres en famille, les Flandres encompagnie d'amis très chers... Choc que cette découverte du monde flamand, langue, esthétique, histoire... Dépaysement: c'est tout ce que j'aime!
Gaël (orneylie blogspot.com)

Dominique Hasselmann a dit…

Il y a eu aussi ces réactions sur Twitter... et puis voilà un petit article sur LTAG ce matin.

Merci pour celui-ci, beau palmarès !

Pierre R. Chantelois a dit…

J'étais si loin de cette nouvelle hégémonie. C'est triste. François a pris la bonne décision. Pouvait-il faire autrement? Je me contenterai pour ma part de renouveler ce bouquin - lorsqu'il sera usé - sur les livres d'occasion que ne contrôle pas pas encore cette maison d'édition.

jeandler a dit…

Une sainte colère !

Eric Dubois a dit…

François Bon continue l'aventure Publie.net, les mises en ligne, bientôt le projet d'Impression à la Demande , il l'a écrit sur le blog Tierslivre : "On continue avec nos auteurs..." sur http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2788 ( addendum 4)

Lire aussi addendum 5 et 6

brigetoun a dit…

Eric c'est bien parce que la continuation de Publie.et est annoncée sur le billet postérieurement au moment où j'ai mis le lien que je n'ai pas corrigé - sauf en disant que la situation avait évolué

arlettart a dit…

RE Saine colère!! Sainte colère
Ouf!! bravo à toi pour ce travail cela fait du bien
Ne sais pas le faire mais apprécie
Arlette

Gérard Méry a dit…

C'est le Bottin ?

brigetoun a dit…

presque

lireaujardin a dit…

Soutien aussi à François Bon lorsque j'ai entendu cela samedi, c'est tellement petit.