dimanche, juillet 22, 2012

Samedi – quelques pas dans le festival, Novarina, danse et messire vent – trop de photos


n'émerger du trou du sommeil que difficilement, un peu après sept heures – tourner sur internet entre plaisir, désir de ne pas trop négliger ce qui devrait me retenir, temps disponible, lent éveil – forme médiocre.
Opter pour vieille chemise et pantalon vert – se trouver ridicule, un peu, juste de quoi sourire, s'amuser, partir, à grand effort qui s'envole dans le soleil doré et bienveillant et le vent qui jouait à se ruer en brusques assauts
sentir le goût de la fin, alors que tant y a encore à voir – voir emporter des tubes métalliques, voir la dernière des oriflammes de France Culture encore en place dans la cour d'accueil de Calvet.
renoncer dès maintenant aux innombrables spectacles du off, même ceux que voulais – savoir que, dès lundi, certains théâtres seront fermés – savoir forces corps et esprit fragiles en mesurant avec plaisir leur renaissance en s'appuyant au vent.
Avoir détruit par mégarde, quatre photos qui venaient s'intercaler dans les phrases ci-dessus

Arriver avec confortable avance dans le hall du lycée Saint Joseph, lire un peu, se mettre dans la file d'attente devant un couple qui avait programmé la mouette pour le soir, et s'étonnait des bonnes critiques alors qu'ils savaient qu'il y avait eu des départs, parler du mistral et du froid, avoir assentiment de son voisin, et sentir, au fil d'un dialogue, d'observations échangées, de mots interrompus, ou allusifs, notre avis s'affermir dans un presque enthousiasme.
Mais regretter vraiment, en écoutant des échanges, outre certains non retenus, les deux spectacles auxquels ai renoncé, et spécialement celui de Forced Entairtment.


S'installer devant le plateau presque nu du jardin de la vierge, avec ce recto verso une statue en sable bras légèrement écartés (oeuvre de Daniel Arsham) qui nous fait face, un homme en short et tee-shirt blancs qui nous tourne le dos. Regarder Curtain le premier des sujets à vif, sur une conception de Jonah Bokaer dansé par lui et David Hallberg (plus un autre danseur non cité) et en bande son la musique d'une conférence de John Cage en 1984 – lire «rencontre entre Jonah Bokaer et David Hallberg, danseur étoile de l'American Ballet Theatre de New York, qui, bien qu'étranger et américain de surcroît, intégra en tant que danseur étoile le Ballet du Bolchoï, faisant date dans l'histoire de cette institution. Cette décision eut un grand retentissement dans le paysage culturel et politique ; CURTAIN revient sur cet événement de l'histoire de la danse. Pour cette création, le plasticien Daniel Arsham a mis au point une « substance non-newtonienne » qui évolue dans la chorégraphie. Une conférence de 1984 de John Cage à ses étudiants est diffusée dans une installation stéréo-centrifuge.» l'oublier, mais aimer ce qu'on voit, la vigne vierge qui frissonne dans ce sacré vent bien sûr, mais surtout la fermeté de la succession des moments, de la danse en solo, des interventions du puis des danseurs en kaki, la fermeté et rigueur de la chorégraphie, la beauté de la danse de Jonah Bokaer, méditation, force et grâce, et puis le tournant, la fantaisie qui s'insinue chez les deux autres, qui rompent leur presque ensemble (soigneusement imparfait), jouent avec les plantes avant de sortir une foi encore, la destruction par Bokaer de la statue dont il prend la place, la coulée d'une matière blanchâtre depuis une fenêtre du premier (et le jeu du vent avec elle)

démontage des enceintes, ramassage du sable (un peu sur mon carnet que je ne relis pas), lavage du sol, pose d'un ruban plastique rouge autour du plateau, de quelques cubes de bois peints, de tailles variées, de deux seaux métalliques, de cordages et d'objets divers, dans un coin, par Stanislas Roquette, qui se relève, sonne une cloche au timbre, nous introduit dans le second sujet à vif l'inquiétude (la seconde partie de l'adaptation pour la scène du Discours aux animaux de Novarina) dit, fait vivre ce superbe et jubilatoire texte, et c'est un moment de grand bonheur.
L'ouvreuse qui s'était assise sur une marche à côté de moi, découvrait, riait, aimait, en redemandait. 

retour aussi rapide que le permettaient carcasse et le vent, par les petites rues coupant les axes de la foule, avoir le plaisir de quelques parades autres que tracteurs fatigués

jusqu'à la place de l'horloge qui n'a pas perdu de son animation

rencontrer les compagnons de Jules César qui s'habillaient, dégringoler vers l'antre, cuisine un peu avant deux heures, déjeuner, et plongeon dans une sieste bien profonde.
En sortir pour cuisine à nouveau (pour souper), petit tour internet, gratitude envers les visiteurs et petite honte, arrosage, enfiler pantalon et tunique kaki, repartir

traverser la petite foule d'un samedi de solde rue Joseph Vernet,

admirer les effets du vent et de notre désinvolture sur le chemin,

saluer la chapelle du Verbe Incarné et les spectacles ultramarins que n'aurais pas vu cette année

avancer malgré la danse des affiches, en évitant les gifles,

suivre deux hommes d'antan qui parlaient politique des spectacles, si me souviens bien,

et tenter de calmer carcasse en l'engageant dans la douce foire des Teinturier

arriver très en avance pour une attente un rien pénible devant les grilles du gymnase du Lycée Saint Joseph

se distraire en se tordant les chevilles sur la calade, en regardant les platanes et leur lumière verte, repérer un lézard

pénétrer enfin dans le jardin délicieusement au bord de la ruine

pour une nouvelle longue attente, se faire offrir une chaise, se prendre au sérieux et apprécier, regarder, lire un peu, avoir envie d'une photo, et pénétrer enfin dans le gymnase pour assister à C’est l’œil que tu protèges qui sera perforé de Christian Rizzo, chorégraphié pour Kerem Gelebek qui l'interprète

deux photos de Christophe Raynaud de Lage (celle-ci et la suivante) copiées sur le site du festival http://www.festival-avignon.com/fr/Spectacle/3386 comme ce passage de la présentation
«Certes, Kerem Gelebek porte la chemise de Christian Rizzo, manipule certains de ses objets fétiches – une table, une plante, quelques livres – et s'approprie son vocabulaire chorégraphique. Mais il développe aussi un langage personnel, mâtiné de danse traditionnelle, d'ondulations et de tourbillons enivrés. De caresses en cassures, il s'insère dans l'univers mélancolique du chorégraphe autant qu'il l'enrichit, le décale et parfois le subvertit. Sur le plateau, Kerem Gelebek se déplace comme un alpiniste... » 

« En turc, Sakinan Göze Çöp Batar signifie littéralement : «C'est l'œil que tu protèges qui sera perforé.» Ou, dit autrement : c'est en se protégeant qu'on risque le plus de se faire mal. Un titre en forme d'invitation à l'audace, à la confiance, pour un solo où l'autre n'est jamais loin.»
Et c'est tout cela, une danse souvent au sol, par moments joyeuse comme des danses dans un bal ou cabaret, l'énergie concentrée, la souplesse, les sinuosités, une histoire d'installation peu à peu, et de nostalgie, sans grandiloquence, et l'attention de la salle comme l'ai rarement ressentie

Beau et honnête. 

sortir vers neuf heures, se frayer passage souriant entre marcheurs, dîneurs, marchands et serveurs, - se sentir en forme, mais décider de rentrer la vieille, et mettre trop de photos sur pauvre Paumée

traverser la place de l'horloge au moment où une rafale faisait voler les cartes de restaurant.

8 commentaires:

JEA a dit…

la photo avec la danse des affiches : SUPERBE...

jeandler a dit…

Une rafale de vent
les photos tremblées.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

...et le mistral !

Danielle C. a dit…

beau et honnête "kalos kagathos" (beau compliment antique)

arlettart a dit…

Et que le vent m'emporte...
Quand on pense que cela finira !! tant de mal et d'espoir
J'aurais voulu être saltimbanque !!!
Et que le vent m'emporte

zoé lucider a dit…

Comme je n'ai pas pu venir à Avignon cette année, je vous visite avec dévotion. merci

Pierre R. Chantelois a dit…

Je remarque que, malgré mon retard (voyage oblige), tout un chacun constate que cette année le vent a décidé de laisser une marque sur le Festival. Et légers comme une feuille, il éviter que nos projets s'égarent dans un vent de folie. Et beau est ce jardin délicieusement au bord de la ruine

Gérard Méry a dit…

pendant le festival..les ripailles continuent