jeudi, novembre 15, 2012

Peu de mots pour peut-être pas grand chose


Mercredi matin, à l'entrée de la place de l'horloge, des syndicalistes rappelaient la colère (pour les conscients en notre encore presque préservé pays) des peuples européens, quand ne choisissent pas de s'en prendre à leurs voisins, ou à ceux pour lesquels sommes toujours terre d'espoir... et moi j'allais regarnir le placard de ma cuisine et chercher un cardigan, laid au besoin mais chaud, pour l'oisiveté dans une maison non chauffée à Toulon et les longues et entêtées stations hivernales devant l'ordinateur.

Mercredi matin, les cabanes recevaient leurs revêtements de moquette chaleureuse aux yeux, et les premiers rayonnages.

Mercredi ai préparé pâtes, ai mis mon petit couvert, ai laissé le tout m'attendre, et m'en suis allée le long des remparts, sur des jambes qui avaient brusquement opté pour la crispation cuisante et la marche languide., jusqu'au pont de l'Europe

Mercredi nous plaisantions, faute de mieux, sur notre nombre (et bien sûr cette protestation est dérisoire, faute d'être massive sur le continent)

Mercredi ai circulé un peu, retrouvé deux ou trois têtes, mais comme lassitude était grande, comme nous passions à côté de l'idée de gigantesques sièges, comme aussi j'avais faim, j'ai distancé la marche du cortège et m'en suis revenue vers l'antre.
Mercredi étais navrée de ce qui me semblait être une inconscience générale des buts des décideurs européens, derniers mohicans d'une économie en déroute, de l'indifférence avec laquelle nous sommes amenés à notre perte et de l'aveuglement de notre manque de solidarité. 
Mercredi étais navrée de n'avoir rien d'intéressant à poser sur paumée, que je mène tranquillement sur la voie de son déclin.

11 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Ce que j'aime de ce pays, la France, est cette capacité de se lever et de lever le poing en signe de protestation. Admirable sens de la contestation lorsque la cause s'élève au-dessus de la politique.

Dominique Hasselmann a dit…

J'aime la photo avec la meurtrière de ciel.

jeandler a dit…

Lever le poing, on le lève de moins en moins et si peu nombreux. Des temps révolus pour des temps moutonniers.

tanette2 a dit…

L'as-tu trouvé le cardigan en prévision d'un voyage à Toulon ?

Julien Boutonnier a dit…

Vivons heureux en attendant la mort, comme disait l'illustre Desproges.

brigitte celerier a dit…

Julien oh moi j'ai ma retraite qui fond, mais qui est là et qui est juste un peu en dessous du SMIC, suis pas à plaindre - et je n'ai pas d'enfant
Tanette oui en solde au rayon homme

Françoise Dumon a dit…

Les images sont là pour remplacer les mots. Plus vraiment d'énergie pour manifester, l'inutilité de la chose tue tout enthousiasme, mais j'ai tort, je le sais. Si on ne fait pas savoir...

Danielle Carlès a dit…

Mais que serait-ce si le peu que nous sommes se taisaient tout à fait ?

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Je suis... absent !

brigitte celerier a dit…

oh Michel et Françoise ce n'était dirigé contre personne, un peu contre nous tous - parce qu'l faudrait vraiment un soulèvement général (et il aurait fallu un président moins social démocrate) pour mettre à raison les crânes d'oeuf de Bruxelles et Berlin et etc...
savais bien que ça ne servait à rien, qu'à poster une photo sur le fil twitter pour que des espagnols ou portugais (pas vu de grec) ou italiens sachent que sont pas seuls..

joye a dit…

belle photo la première