dimanche, avril 14, 2013

Voyage en terre de pastels – reprise – et quelques autres choses plus importantes


Ai regardé ces trucs dans un coin de ma chambre, les ai vus, vraiment, ai grimacé

Car j'avais décidé de partir vers le nord, au pays de la gente dame, la gente dame qui va en recherche de perfection, armée de papiers et de pastels, qu'elle choisit, compare, teste.



Ai mis dans un sac pour m'accompagner de mes défaites programmées des restes de journées sombres, en petite offrande à la gente dame aux pastels, à celle qui s'inspire de photos vues sur internet, ou à elle proposées, qui dit
Les photos me choisissent en fonction de leur capacité à me prêter des coups de craie : ainsi, certaines teintes me sont immédiatement accessibles, tandis que d’autres nécessitent un long temps de réflexion. Certaines lignes s’encastrent parfaitement dans mes catégories logiques, l’oeil tourne sur lui-même.
Et oui, me souviens, en ces temps anciens où je m'y essayais, sans vraiment essayer, par lâcheté, pour avoir une excuse à mon ratage, c'était une photo qui déclenchait, et il y avait réflexion, non c'est trop dire, il y avait début de réflexion, et me ruai, puisque en fait c'est le geste qui m'était nécessaire, pour sortir du rognonement intérieur, ou même de ma méditation lucide.

Et puis les ai oubliés mes défaites, pour regarder la mer, les laisses de mer, les alignements d'arbres, car j'allais au royaume de la gente dame, pour goûter cet amour des couleurs qui lui fait les chanter, cet amour des couleurs qui ne se satisfait pas d'une approximation, et me souvenais d'un certain vert longuement traqué.
Car j'allais vers ce désir de la gente dame, cet élan contrôlé pour que vienne sur le papier sa vision, et pour cela bien entendu le soin, le travail, ce qui l'amenait, récemment à dire : Me suis perdue dans ma perspective, nausée à l’envi.

J'ai fouillé dans une valise d'osier, ai retrouvé des boites, des morceaux de pastels, car m'avait lancé défi la pensée de la gente dame, ai retrouvé dans un tiroir des contrecollés, des blocs de grandes feuilles de canson, un petit carnet, ai voulu... ai tracé un vague dessin, comme sur une marge de cahier, 

et puis j'ai abandonné... j'ai dû constater cela, sans grande envie d'y remédier : je garde cette désinvolture appliquée, cette crainte de tenter réellement, de peur de constater mon incapacité.
Alors je préfère admirer la gente dame, goûter le fruit de ses efforts... et vous invite à le faire si vous n'êtes pas un habitué des lieux.
Vous verrez que vous en serez heureux, heureux des oeuvres, de remonter (puisque le blog veut ça) dans leur conception, leur élaboration... heureux des mots qui disent parfois sa satisfaction, plus souvent ses interrogations...
et vous apprendrez comme moi

que sous la couleur il y a la forme
que le choix des outils, des pastels, de leur qualité, fait partie de l'oeuvre
que la sensation peut être profonde
que la persévérance est indispensable
que le doute est nécessaire
que les mains sont nourries de l'intelligence
que de la déclinaison d'un thème naît le plaisir
et, je ne sais si vous serez comme moi, mais en ce cas vous auriez plaisir grand à vous enfoncer dans le mauve, les bleus du ciel de bleu été

Brigetoun sans grande volonté, remuant petites idées, profite paresseusement de la parution, enfin (pour eux surtout qui ont vaincu petits ennuis) vers vingt heures, vendredi, au moment où enfilais mes chaussures théâtre, des deux derniers textes (Poivert et François Bonneau) pour les vases communicants – qu'elle a lu avec grand plaisir samedi matin pour les ajouter au billet du 6 avril http://brigetoun.blogspot.fr/2013/04/pour-lamour-des-rites.html (allez voir, c'est l'avant-avant-dernier) - pour en rester à ce cru d'avril et reprendre sa contribution chez Claudine Sales. (contribution que je n'aime guère, mais tant pis pour moi, assumer)

Les liens du jour
http://deboitements.net/spip.php?article355 on n'est jamais absent - Christophe Grossi, la dame de fer, pas l'autre celle qui est morte, l'ancienne que l'on voit partout et l'enfant
http://oeuvresouvertes.net/spip.php?article1945 sur Oeuvres ouvertes quand Julien Gracq se souvenait de ses visites chez Breton
http://www.annajouy.ch/article-larvee-117054639 .html larvée, un des poèmes d'Anna Jouy, auquel, ne cherchons pas à savoir pourquoi, suis spécialement sensible
http://diafragm.net/spip/spip.php?article1506 une liste de stations services par Séb Ménard
et j'en reste là (arbitrairement, oh combien !) - pas certaine que cela leur amène beaucoup de visite, compte tenu de l'étiolement inexorable de Paumée - twitter pouvait être plus efficace s'il n'y avait eu cette abondance torrentielle (au moins)
Et puis, bien sûr, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3489 soutenir Publie.net... regardez tout ce dont vous vous privez.

4 commentaires:

Pierre R. Chantelois a dit…

Si nous pouvions appliquer à notre humeur ces couleurs de pastels, comme cela serait facile de faire basculer dans un certain optimisme notre caractère tout perdu qu'il est dans les zones d'ombre. J'ai découvert chez Colorsandpastels ces mots qui n'ont passé inaperçus :

que la sensation peut être profonde
que la persévérance est indispensable
que le doute est nécessaire
que les mains sont nourries de l’intelligence
que de la déclinaison d’un thème naît le plaisir

Dominique Hasselmann a dit…

Pastelliser le monde...

colorsandpastels a dit…

Merci pour cette reprise ^^
Tout le monde pourra constater que vos jaunes sont lumineux.
J'aime suivre Paumée en Avignon, en Musique, en Lectures...

brigitte celerier a dit…

merci de venir tenir compagnie à Paumée le souffreteux