vendredi, mai 24, 2013

MOI, la lumière et le monde comme il va


Matin, reste de vent, pour faire frissonner feuilles, onduler les plis des parasols, reparaître les vestes 

Brigetoun repartie avec le sac à linge un peu plus plein que lundi, petit poids au bout du bras et humeur légère, secouée un peu par brèves rafales, juste pour se sentir être, dans le goût de l'ombre mouvante des arbres

des façades aux reliefs surlignés

Sortir de la boutique, un peu moins chargée que prévu, se bloquer en méditation prosaïque, regarder le ciel coincé entre maisons, en tirer suffisant vertige pour ne pas tenir compte de ses bonnes intentions...
budget du coeur du festival fait (mais il manque tous les imprévus), impôts payés, petits désirs pointants, dépenses différées jusqu'en juillet – invitations à des ventes privées dans le sac, mais futilité de vêtir carcasse tordue sous face tordue – souvenir du surgissement de la sorcière

(à peau mouchetée gommée par le noir et blanc, c'était une invention de ce sacré appareil) sortie d'une envie de garder trace pour moi d'une humeur exceptionnellement mutine... que j'ai regardée avec un peu d'effarement, avec laquelle me suis réconciliée puisque suis en elle,

aux timides illusions de laquelle ai dédié grimace ironique (les yeux gardant une vivacité de poissons)

mais la tentation était grande - et puis, penser mariage à la campagne, penser tout de même à vêtir la fausse grand-mère (rencontrer une vraie grand-mère avec laquelle ai copiné), alors, sur mon chemin suis entrée dans une boutique pour tuer un fantasme journalier (la plus petite taille est beaucoup trop grande pour vous), suis entrée chez Ventilo pour entendre même avis, plus aimablement exprimé..

Seulement, chez Cotelac, honteuse des trajets faits par un charmant jeune-homme pour aller quérir les tailles zéros des deux seules robes à manches longues, bien sévères, ai fini par me laisser tenter par la taille 1 d'une des robes les moins chères, une des plus sages, avec suffisamment de manches pour cacher les bras, avec suffisamment de douceur dans la retenue très dame-bien pour que je ne baille pas.... et suis rentrée avec honte pas trop virulente (une cagoule verte ou orangée serait très bien, mais je crains que ce ne soit pas la solution la plus discrète)

(garde les images, pour me souvenir de ce que l'on voit)
Après midi entre tri, rangements, contemplation des boutons pour les forcer à éclore, coups d'oeil aux nuages qui nous reviennent, stations immobiles dans les grands trous de soleil, et une tentative de comprendre vaguement l'état actuel de Dexia.
Les nouvelles du jour (le Monde à 13 heures)
alors qu'on se souvient de l'existence de Dutilleux puisqu'il est mort,
mort de Georges Moustaki le chanteur du Météque
Londres, scènes de chasse aux immigrés après l'attaque (à Woolwich)
l'extrême droite radicale en ébullition (France)
en Suède, les violence urbaines révèlent le déclassement des banlieues
attentat de Boston : un Tchétchène abattu par le FBI durant son interrogatoire
affaire Tapie «le sort de Madame Lagarde ne m'intéresse pas du tout» (dixit Tapie)
amiante : mises en examen confirmées dans l'affaire Eternit
Niger : un site d'Areva et une base militaire ciblés par deux attaques suicides
Yasmina Reza et Kevin Powers lauréats du premier Prix littéraire du Monde
l'armée française enquête sur l'échec inexpliqué du lancement du missile M51
de Virgin à Huis Clos, la série noire des grandes faillites
Cannes : «la bataille de Solférino» et «la fille du 14 juillet» deux premiers films irrévérencieux
une majorité d'enfants ne connaissent ni betterave, ni poireau, ni courgette
la chute de la Bourse de Tokyo, premier coup d'arrêt à l'euphorie boursière
et Brigetoun ajoute, entre autres, que, contre toute raison et nos espoirs vacillants, fort peu de décisions, et bien peu efficaces, sont sorties de la réunion des chefs d'Etat européens pour la lutte contre l'évasion fiscale
N'y pouvons rien, pensons y, tenons nous quiets et le coeur léger

13 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Cotelac... il y a une boutique de cette marque qui se trouve à côté du canal Saint-Martin, comme une sorte d'exagération...

Le mariage approche, voilà au moins une bonne nouvelle !

brigitte celerier a dit…

pas le mien !
fin juillet (tant mieux serais renflouée pour le cadeau)

Claudine a dit…

goût exquis

Pierre R. Chantelois a dit…

Un monde à découvrir et deux sourires à connaître. Ainsi je définirais cette chronique. Je soupçonne que les deux sourires découle du temps doux qui se pointe à l'horizon.

Françoise Dumon a dit…

J'aime bien la grimace ironique, il en faut de l'ironie aujourd'hui pour ne pas céder à la futilité. J'aime bien aussi le choix des robes, même si j'ai renoncé depuis longtemps à robes et jupes.

Anonyme a dit…

Ce billet est d'une légèreté et d'une poésie toutes printanières et fait grand plaisir à lire!

Les trous de soleil et regarder les boutons pour les forcer à éclore, tu sais, tu coup, je pensais aux boutons de la robe et je me disais que si taille 0 était encore trop grand, on ne devrait pas vouloir forcer les boutons! Propos décousus...

:D
Zéo

jeandler a dit…

Pas extra les nouvelles : elles se suivent et se ressemblent. À qui fera le plus dans l'horreur. L'homme est un loup pour l'homme.
Le vent sculpte les arbres et les hommes.

tanette2 a dit…

Taille 0 ou 1...ça me fait rêver...
J'aime bien ton humeur mutine...
Impôts payés, budget du festival établi et achat de la tenue pour le mariage...voilà de quoi alléger le compte en banque...

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

L'important étant toujours de trouver une taille qui t'aille.
:D

brigitte celerier a dit…

joli !

Danielle a dit…

Je ne sais pas comment vous faites, vous me mettez le sourire aux lèvres. Et j'aime beaucoup le vôtre, de sourire.

Gérard Méry a dit…

GERARD...un sac..âgé

brigitte celerier a dit…

comme tu dis, et rudement