mercredi, mai 22, 2013

Printemps, raison tordue, ciel et Rhône, rose, laurier et fleurs pendues


Au matin, bouche pleine d'un toast délicieusement friable et de miel, suis allée voir les deux premières ébauches de roses qui avaient fendu leur cocon vert

Au matin, j'ai levé les yeux, regardé le ciel, l'ai trouvé bien beau (mais plus doux que sur cette photo, je n'aime pas beaucoup la tendance au travestissement qu'a mon nouvel appareil)
Me suis souvenue, dans mon crâne qui se mettait en route avec des à-coups, une pensée au chemin baroque, anarchique et embrumé, d'avoir écrit qu'il me fallait arroser, lundi soir, puisque le ciel faisait grève... me suis demandée pourquoi pensais qu'il faisait grève en privant de pluie mes plantes le lundi de Pentecôte
mais parce qu'il s'abstenait ce jour là sans avoir d'excuse pour prendre liberté avec la loi pour les vieux débilités
mais s'il n'avait pas d'excuse c'est que la fête religieuse ne le concernait pas
alors, le ciel est athée ?

En méditant cette question profonde, ai mis des croquenots (prévision), une veste de toile, et suis allée, l'admirant, lui et le jeu des petits nuages..

ai traversé le trou nommé poterne, 

me suis extraite de la ville,

pour, à travers les plantes enserrées par les bretelles, les voitures, aller voir le Rhône.
Michel Benoit http://avignon.midiblogs.com/archive/2013/05/20/descreissenco.html et Françoise Dumon, mes guides en Avignon http://avignon-etats-lieux.blogspot.fr/2013/05/le-rhone-hautes-eaux-encore.html avaient fait de belles photos de la décrue entamée, belles et qui avaient éveillé en moi une vague envie de clapotement, glissade dans la boue, choses détestables sauf quand deviennent délectables d'être choisies.

J'ai bien trouvé le limon mon frère (nom de ma rue, proche) sur la petite pente entre l'herbe et la promenade sur la berge

mais j'avais un jour de retard et la plus grande partie était maintenant bien sèche,

enfin pas toute et à défaut de glissades ai joué aux pieds collés

Les ponts sortent peu à peu leurs pierres du Rhône

Les bateaux vont être débloqués

et le fleuve promène dans les herbes un petit courant de boue.

Ai salué, par dessus l'eau, l'île et sa promenade retrouvée 

et m'en suis revenue vers la ville

à travers l'herbe et les fleurs du printemps.

Accueillie dans la ville par les plantes exposées devant mon fleuriste, dansé ma tentation de l'une à l'autre, eu forte envie d'un nouveau bougainvilliers à tuer dans la cour, renoncé (trop fragile et trop cher pour le moment), vu un petit jasmin...

suis entrée pour une attente longuette pendant qu'une grosse livraison se décidait, en regardant dans cette caverne merveilleuse, de beaux lis, des orchidées, des plantes aussi séduisantes qu'anonymes pour l'ignare que je suis, et des fleurs pendues ou acrobates qui jouaient avec des bulles de verre...

et puis suis rentrée, cachée derrière un laurier blanc, pas somptueux mais qui me plaît, l'ai installé et en son honneur ai passé une petite heure à tenter de récupérer les carreaux très sales de la cour.
Le ciel, lui, a montré qu'il n'avait pas l'intention de rester inerte et les petits puis gros et sympathiques nuages se sont transformés en une couverture unie... évanouie en fin d'après-midi.
Et tant pis si mes photos ne valent pas celles de mes amis plus talentueux et mieux équipés (décidément je n'aime pas cet appareil, vais le garder en appoint pour les caprices de l'ancien)

9 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Quelle magnifique description, pleine de charme et de poésie. « ...le fleuve promène dans les herbes un petit courant de boue ». Passionnant parcours d'un Avignon inondé, me semble-t-il, assez durement.

Pierre R

brigitte celerier a dit…

pas inondée Pierre, heureusement j'aurais été aux premières loges comme le dit le nom de ma rue - non au contraire c'est le début de la décrue (malgré tous les barrages et captages le Rhône était spécialement haut cette année, assez pour bloquer les bateaux de tourisme)

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Poétesse de la balade, mais néanmoins gamine... :D)

brigitte celerier a dit…

encore un commentaire de Dominique Hasselmann qui saute (là c'est ma faute)

limon et citron des images...

arlettart a dit…

Ce Rhône qui redevient indomptable !! il en reste toujours une petite humeur

jeandler a dit…

Le ciel c'est le ciel, avec ou sans majuscule, tellement vide que chacun y met ce qui lui plaît.Alors l'abandonnant à ses fantasmes, Paumée nous convie à une bien belle promenade terrestre.

tanette2 a dit…

Je t'ai suivie avec plaisir dans cette promenade au bord du Rhône. Que lui reproches-tu à ton appareil ? elles sont belles tes photos...

Pierre R. Chantelois a dit…

« assez pour bloquer les bateaux de tourisme »

Je ne sais pas si cela m'attriste. Le fleuve en silence est tellement plus doux à fréquenter ;-)

Françoise Dumon a dit…

Une bien belle balade, je savais trouver le fleuve grossi, mais pas à ce point, et comme toi, j'y suis allée pourtant alors que la décrue avait commencé. Mais j'ai aimé cette boue...