dimanche, juin 02, 2013

vent dans le ciel


Samedi matin twitter était au bleu Klein, revenu de ville en ville.
Samedi matin sur ma cour étaient glissements, dans le très haut du ciel, de couches blanches sur couches beiges au gré des grands souffles qui s'y lançaient – les petites feuilles frémissaient, le fusain à rempoter, la petite branche, surgeon survivant d'un ancien rosier, le gros et lourd hortensia gisaient, s'entêtaient, retombant dès que redressés, mais la puissance de ces vents ne fouettait pas, je ne les sentais pas - ce n'était que son continu, petites chutes, force discrète et obstinée

samedi matin ai salué l'offrande des roses, aplaties autour de leur coeur ouvert, graines exhibées, dernier salut
samedi la lumière tamisée était douce et forte, l'air tiède sur mon cou quand je sortais, regardant des promesses de bourgeons, ramassant les lambeaux de jeunes feuilles de platane que l'air avait déchirées
samedi tant ont soufflé les vents, tant ont glissé les nappes de nuage, que le ciel, en début d'après-midi, sous le petit vacarme qui y courait, était d'un bleu ardent, que le soleil faisait ronronner ma peau, que n'avais pas envie de rentrer pour déjeuner.
samedi avais décidé de mettre nez dans rangements, avais besoin de tris de papiers, y apportais la nonchalance attentive nécessaire pour m'amadouer 

samedi ai pourtant pensé sortie... me suis dit ce serait.. ce serait un trajet -
un trajet qui serait sans image, images qui seraient perdues, qu'ai cru retrouver sans fouille de paniers

un trajet de mots qui auraient été jetés, qu'aurais repris - magma épousseté, nettoyé, négligé, remplacé (bien petite fille de bourgeoise lyonnaise suis, utiliser les restes, et les re-utiliser) par une petite dérive rapide, effleurante
Ce serait sortir, prendre dans les yeux le bleu, les petites feuilles qui volettent dans un jeune vent
Ce serait dans la rue une petite poussée d'activité pour mettre en marche le jour, le traiteur italien qui écrit le menu du jour, le vendeur de la boutique de fringues du coin qui traverse avec des cafés sur un plateau
Ce serait les panneaux esquissés sur un bac et les graphes dynamiques et stylisés en accord avec le statut de la rue – ce serait des bouquets de lavande un peu couchés comme sous l'effet du vent – ce serait constater que j'ai un peu triché dans la succession des images, suivant des idées, des rythmes intérieurs et inconscients
C'est constater que l'idée qui m'était venue sous la douche (corps ruisselant et crâne obstinément sec) est stupide, aurait dû couler avec l'eau, que n'amènerait que des mots lourds, des surlignages. C'est l'abandonner.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Les roses tiennent encore le coup.

jeandler a dit…

Ciel mouvementé, les pots dans la cour ont un besoin de changement d'air et de promenade. Ils se baladent et paumée telle Monsieur Loyal y met de l'ordre.

Françoise Dumon a dit…

Si ce n'était que dans le ciel, mais le vent entre de partout, j'ai même l'impression qu'il tourne dans mon crâne.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Les couleurs de tes roses, nuées rose, jaune et blanc, sont magnifiques de délicatesse.

brigitte celerier a dit…

n'est ce pas, et leur parfum est aussi délicat et charmant - bon ça ne dure pas (avenir ?)

brigitte celerier a dit…

supprimé par mégarde (PARDON) un commentaire, évident, d'Avignon ou Michel
... elle vivra ce que vivent les roses...
et Brigetoun qui est lourde ajoute instinctivement.. l'espace d'un matin

Pierre R Chantelois a dit…

, ce serait des bouquets de lavande un peu couchés comme sous l'effet du vent,

Et ainsi la grâce de jour naquit comme cette rose, l'espace d'un matin

Gérard Méry a dit…

loin d'être simple une rose, plutôt fière et pompeuse

Marilyn a dit…

J'aime beaucoup "samedi matin ai salué l'offrande des roses, aplaties autour de leur coeur ouvert, graines exhibées, dernier salut"