mardi, août 06, 2013

Lundi, soit a


Ciel léger et beau – chaleur qui montait avec paresse, très bienveillante, quand suis sortie dans la matinée pour petites courses nécessaires

M'étais endormie sur

Elle, son tronc
brûle et ne bouge pas, c’est l’air
autour, qui bouge
à respirer,
juste la tête penche, «viens,
ensemble, viens»,
dit-elle, vers
la surface et retour au-dessous («lettres d'un feu», dans l'emportement d'André Markowicz, lu, lentement, en revenant, en laissant les mots travailler pour lutter en douceur contre l'accord immédiat et illusoire qui nous vient dans le silence du creux de la nuit, tenter sans succès de dépasser l'adhésion instinctive et sans traces)

Or donc, aimer et admirer le travail assidu de François Bon sur son abécédaire, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3621 et l'autre jour, en lisant la première entrée, noter, pour moi
abandon - s'abandonner à quelqu'un, besoin, et raidissement, peur de peser, souvenir de la prédiction, on ne pourra pas t'aimer, et puis avec les ans tenir trop à ce moi qui s'est fabriqué peu à peu avec tous ses défauts éclatants - abandon des ambitions, je ne connais pas n'en ayant jamais eu, seulement des désirs - abandon des projets hors de ma portée, sagesse à laquelle je tente de résister, ce serait trop céder à ma pente naturelle - il est des femmes fleurs, ou fruits généreux, ai toujours eu attirance pour la boue et le ver de terre.

grimacer, mais avoir envie de meubler mon vide actuel par un abécédaire, malgré le risque honteux de donner sentiment d'une récupération, de la prétention d'être capable de réflexion – me rassurer un peu en me disant qu'il serait superficiel, qu'il ne prétendrait à rien d'autre qu'à une petite dérive au fil des quelques mots survenant, un peu après le réveil – à la rigueur tricher, parfois, en en accueillant certains venus rejoindre dans le jour, s'ils le font avec force suffisante - à partir d'une lettre chaque jour (très loin aussi de la virtuosité langagière posée sur la richesse du contenu chez Giovanni Merloni et son alphabet renversé de l'année 2013 http://leportraitinconscient.com/category/alphabet-renverse-de-lete-2013/) – m'installer, me dire = pas évident d'avoir des idées ou sensations fugitives qui surviennent condensées en un mot, juste quand on le veut, pour la lettre désirée.. mais penser :

abrazo – hésiter, dire pas de mots étrangers, garder tout de même, penser que personne, sauf peut-être une des soeurs, ne sait le faire comme ceux de mon père – donner en silence une force qu'on ne savait pas posséder
abricot – ne jamais avoir retrouvé la saveur de ceux que je piquais dans le compotier avant de me mettre à la table familiale, et posais sur le ciment du balcon bousculé de soleil, pour le plaisir de cette goutte de saveur m'emplissant, comme dessert, plantée devant la dégringolade de la rue et des pins vers la rade
accueil – ne pas savoir.... freinée, et pourtant c'est telle merveille quand il est ouvert et semble sincère – les maisons dont la porte était surmontée d'un «chabatz d'entrar» gravé ou peint
accorte – parce que c'est un si joli mot, ne pas chercher à savoir s'il me convient, ou même aux autres, juste le goûter

ailleurs – avoir instinctivement le désir d'y être, trop souvent.... mais ce n'est pas cela... plutôt la merveille de tous ces ailleurs qui s'ouvrent si on le murmure lentement, y partir et roder comme un oiseau de mer qui les survolerait

alentour – je tourne, tourne, tourne sur moi même – ou j'aime tant m'attarder sur ce qui entoure le but, ou les tableaux qui entourent celui que l'on DOIT voir, qu'il m'arrive d'y rester dans ces bienheureux alentours, flânant ou le semblant, de tenter de sentir ce qui en eux est déjà leur centre, ce qui s'est diffusé de lui ou qui les modifie par le simple fait d'être là, à côté.. - avoir souvent fait partie des alentours, position confortable et légèrement ennuyeuse

amitié - y croire, être baignée de gratitude, savourer chance - et puis semer amis tout au fil de ma vie, par ma faute, par celle des circonstances - ne pas en avoir tristesse, garder ça comme petit trésor secret où se réfugier, avec certitude de ne pas risquer de lasser
annonce – juste pour caser la photo du panneau annonçant les spécialités d'un photographe – en souvenir d'un moment de perplexité légère



arbre – ces jeunes arbres destinés à remplacer les merveilleux anciens, les longer, entre dédain et espoir, presque la même pitié émerveillée que devant un nouveau-né aspiré joyeusement et innocemment dans ce long effort qu'est l'émergence d'un être humain – mais les centenaires...
attente – justement... ce que cela a d'insupportable et de merveilleux, s'impatienter, bouillir, et vouloir s'y éterniser, ne pas déflorer le possible. - le petit frisson, le léger écoeurement, la joie qui se déploie lentement ou qui reste en suspens pendant que, penchée à une fenêtre sous le toit, on regarde l'aube se colorer imperceptiblement, irrésistiblement.

Effondrée parce que cela devient, penser à Bouvart et Pécuchet, en rester là pour ce jour.

mais avant, revenir à attente et à Brigetoun en arrêt devant ce panneau près de l'opéra

10 commentaires:

jeandler a dit…

Serait-ce nouveau ce festival de musique baroque en Avignon ? Aimerais particulièrement le concert de Jaroussky.

brigitte celerier a dit…

non c'est chaque année un moment que j'attend, mais là pour la première foi rien à Saint Pierre (dommage) mais Saint Agrcol à côté et tout à Avignon (généralement j'en manque à Ménerbes) un festival pour moi et avec un programme mum

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Mardi, soit b

Etc. ?

:D)

brigitte celerier a dit…

à moins que l'envie de me déconnecter jusqu'à la fin du désert nommé août soit la plu forte
soyez bénis Pierre et toi

Gérard Méry a dit…

..alors les abricots sont accortes....(bien roulés)

brigitte celerier a dit…

pauvres de vous, le masculin n'existe pas

Pierre R Chantelois a dit…

Parcours du petit Abécédaire au sein duquel les mots dansent et les images chantent.

ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ a dit…

Je propose A... vignon.

o_O

brigitte celerier a dit…

pas de noms propres, et ne doit pas être exhaustif - se borner aux idées qui viennent au réveil

czottele a dit…

revenue d'une longue absence (nécessaire) découvre avec émerveillement cet abécédaire du réveil, que de beauté dans ce "Lundi, soit a" et cette merveille qui j'espère sera développée dans le "c": chabatz d'entrar...