lundi, septembre 09, 2013

Dimanche entre quiétude studieuse et somnolence, avec un peu de U


météo
les petites averses ponctuelles de samedi se sont terminées par une forte pluie dans la nuit – suis sortie assurer l'évacuation rapide pour éviter d'inonder les tapis que je domine, et cueillir la rose mourante dont l'eau arrachait les pétales, pétales gardées une journée, pour un petit hommage navré (et l'odeur qui s'évanouit lentement, quand mes doigts les froissent) dans un coin de la cuisine.

Au réveil un ciel clair et une cour qui séchait lentement...
des yeux en peine d'ouverture - j'ai lavé mes cheveux – pendant qu'ils séchaient, et ma foi ensuite, je suis restée benoîtement dans l'antre, tentant de retrouver traces de quelqu'un que j'aimais grâce internet, à travers les yeux d'historiens étrangers à défaut des français, pendant que les coureurs foulaient les rues humides et les chemins de la Barthelasse pour les 10 km rituels.
Le laurier imite l'olivier et son désir de lumière lui fait lancer vers le ciel de petites branches isolées... adoptant l'allure un peu folle et étrange des plantes me côtoyant.  

lecture
Sur le dessus de la pile, paresse dans le choix, pas forcément mal-venue, trois livres dont deux cadeaux, et comme ce sont livres auquel je n'avais pas pensé, j'aii pris pour entrer dans la nuit un de ceux-là : Un hiver avec Baudelaire de Harold Cobert, - l'ai fermé, parce que l'heure du sommeil était là (assez pour que n'ai pas honte de laisser le personnage en cet état), sur
Ne pas lâcher. Pioncer. Bouffer. Ne pas crever la gueule ouverte.
Hier ressemble à aujourd'hui, et demain à hier. Avenir et passé s'effondrent et agonisent dans un présent sans fin.

Alphabet
En U il y a Ubu mais ça ne compte pas, j'ai dit pas de nom propre, il y a un mais c'est imprécis, il y a pour certains, mais ne suis pas concernée, le Un, donc, dans ma petite cervelle, sa petitesse se liant au frein que j'appliquais résolument sur mon imagination, et à la relative rareté des mots qui ont cette lettre pour initiale, ne se sont présentés que


ubiquité
parce qu'en arrivant ici, le mot m'a semblé dire un rêve.... jusqu'à ce que je pense à la nécessité d'agir, de parler, de voir, en même temps en mille lieux et que je recule, effrayée
Alors : gommer les distances, supprimer les ennuyeux voyages transitions... mais les transitions sont parfois reposantes et les voyages pas forcément ennuyeux.
J'ai donc savouré paresseusement d'être posée, ici, me satisfaisant d'une cabine téléphonique rouge pour y mettre un peu de Londres, d'une fontaine Wallace rue Carnot pour un peu de Paris, d'internet pour un contact avec les lointains et certains de leurs habitants et de ma nouvelle manie des promenades sur Google Street (une très belle promenade sur les bords de la Neva hier soir)

urgence
excitation et angoisse, énergie lancée gorge nouée par l'idée de l'échec avec l'espoir comme moteur
être tendue vers le but, mais garder un peu de recul intérieur pour gouverner son effort, et mesurer sa nécessité
et puisque ce qui semble urgent est parfois la défense, le maintien, de ce qui est, l'image qui m'est venue est la course, dans le noir, de mon ami labrador qui n'existe plus qu'en image ou ma mémoire et que je retrouve ainsi dans sa force intacte.

Usure
noble déchéance de ce qui a fait effort, ou a résisté aux efforts
fatigue apparente qui est douce à nos fatigues
disparition annoncée, et persistance, qui sont douces à notre finitude
et ma rage quand on confond nettoyage, renforcement, sauvegarde avec re-création, quand de notre cadre qui a vieilli avec nos vies et celles de nos prédécesseurs, qui porte notre histoire, on fait un décor digne de Wall Disney ou du Châtelet de mon enfance

utopie
quand ce qui souhaitable et devrait être évident est qualifié par les importants d'utopique
quand on refuse de croire que l'harmonie est impossible, que le renoncement et la résignation sont rois
mais le constat que quelque soit l'utopiste que l'on découvre, écoute ou lise, son système, aussi tentant qu'il semble, évident et désirable qu'il paraisse, généreux que nous le croyons et conforme à nos aspirations, aboutit inexorablement, tôt ou tard, de façon plus ou moins immédiatement évidente, par le fait même qu'il est système et qu'il veut être généralisé, à la perte de la liberté, la création de masses niées et contraintes, et d'une caste de maîtres à la bienveillance auto-proclamée.
se contenter du cheminement, ensemble, en s'aidant, collaborant, se persuadant, se laissant persuader... et me voici dans l'utopie.

9 commentaires:

roma a dit…

Petit voyage Unique chaque jour .

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

Oh cette merveilleuse première photo, des pétales froissés, elle est déjà dans ma mémoire comme une rêverie profonde … merci …

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…


Un fût fut bu
Un tutu vu
Sur un cul nu

o_O

JEA a dit…

Françoise d'Eaubonne :
- "Est-ce que je l'aime cet univers où je n'ai pas choisi de surgir ni de dégringoler ?"

Claudine a dit…

non-Utopie : se réveiller aux urgences en parlant toutes les langues.
Voter en juin 2014.

jeandler a dit…

Ne sommes-nous pas constamment dans l'utopie ?

ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ a dit…

Hue ! topie...

arlettart a dit…

Tu dis usure ... plus beau que usé
car usé devient inutilisable !!
usure est noble!

Gérard Méry a dit…

Utopie, l'U rit jaune ou l'U rit noir...