mercredi, septembre 18, 2013

Mercredi - ce serait...


Ce serait une envie d'abri, abri magnifique et symbolique, légèrement illusoire car abri sans mur, sans retombées, abri ouvert à tous entrants, mais abri contre soleil et pluie, un toit superbe.
Ce serait, ce pourrait être, un magnifique chapeau pour un mariage, ombrageant souplement un chignon, frangeant le regard... ce serait l'amusement des baisers polis entre dames grandement chapeautées.
Ce serait lever les yeux, nicher ses pensées dans l'ombre noire au creux d'une large branche, près du tronc.
Ce serait un cèdre, évadé de la belle forêt du Ventoux, venu se coincer là, tordu un peu par le vent et la recherche de la lumière, entre mon vieux quartier et la Balance, ce serait mon cèdre baroque, point de mire pour la grimpette finale, au bout de la rue Saint Etienne, en longeant, un pied devant l'autre, épaule frôlant ce pan de muraille antique, incorporé aux maisons, si vieux et massif qu'il semble roche, en longeant la Petite Pêche, ce restaurant de poissons aux sympathiques patrons que j'aimerais découvrir, retenue simplement par la navrance des dîners solitaires au restaurant.
Ce serait sortir de ma rêverie avec le mot cèdre rodant dans l'esprit, ce serait ouvrir Wikipedia...
Ce serait refuser ce que dit le messager d'Allah, Abou Hourayra : Le croyant est comme une plante cultivée qui croit et que le vent fait pencher, car le Croyant aussi ne cesse de subir des épreuves. L’hypocrite, quant à lui est comme le cèdre que rien ne peut secouer jusqu’à sa chute.
Ce serait l'odeur de l'erez – ce serait un magnifique et gigantesque coffret à huiles pleines de vertus – ce serait un bois précieux et fragile – ce serait un beau port.
Ce serait penser au Liban, bien entendu, sans douleur, rêver de sa beauté.

9 commentaires:

Pierre R Chantelois a dit…

Conjuguer au conditionnel procède d'une grande sagesse car de certitude rien n'est moins sûr.

Dominique Hassselmann a dit…

Le cèdre est beau, on cède devant son ramage.

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

J'aime beaucoup l'utilisation que, souvent, vous faîtes de "ce serait", vous en avez saisi la musique, vous savez l'employer avec une vraie légèreté, au point que, lorsque je le vois apparaître sous mes doigts, au clavier de l'ordinateur, je pense à vous.

jeandler a dit…

Pauvre Liban dévasté par les vents de l'Histoire.

brigitte celerier a dit…

il a été construit comme ça, pour être faible et ne pas risquer de gêner un voisin ?

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Il n'y en a malheureusement plus beaucoup, des cèdres, au Liban...
Un Liban "décédré".
Mais il y a effectivement une forêt de cèdres dans le Ventoux.

arlettart a dit…

Le cèdre est un bel arbre son âge se lit à sa ramure
Sa senteur enivrante d'un coffret de la nuit des temps qui embaume toujours
J'aime tes grands chapeaux et les baisers compliqués et polis des Belles Dames

Gérard Méry a dit…

cadeau...à une lieue de chez moi .
http://krapooarboricole.wordpress.com/2008/11/02/cedre-du-liban-tours-indre-et-loire/

René Chabrière a dit…

"Mercredi dans les Alpes"...

visible sur http://ecritscrisdotcom.wordpress.com/2012/02/05/mercredi-dans-les-alpes/

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Pourquoi j’ai choisi ce titre ?

Hein, -sans doute parce que

Cà sonne comme un jour changeant ,

Et les sonnailles du bétail dispersé.



Le lendemain, transforme le monde,

Les murailles gris bleu sont maintenant orange

En tournant la tête, je déchire quelques nuages

Cavalcade de quelques bouquetins en éboulis



Le lendemain est aussi tout à l’heure

L’épaule suspendue de la montagne

Se teinte d’éclairages d’hiver et la fantaisie

d’oiseaux de Magritte englués dans le roc



Sages tracés de remontées mécaniques

striant les pentes de lignes mobiles

Ruches bourdonnantes d’immeubles agglutinés

Comme d’excroissances vénéneuses.



Le lendemain changeant me dit le pays voisin

Transformant la parole, en langage étranger

Mon père disait " mâcher de la paille"

En absence – Prévert -de passage- muraille



Et de tunnels routiers audacieux

Et les spirales des voies ferrées d’antan

Forant des kilomètres rocheux

Et jouant des ponts si improbables



C’est vers Tende, je me souviens

Me rappeler pourquoi, avant la mer

Les pentes sont encore les Alpes

Les replis gardant de petits lacs miroirs



Autant de joyaux liquides

Aux balcons des pentes velours

Le lendemain qui transforme le monde

Attend en silence le départ de l’ombre



Le rideau de lumière, combattant la nuit

Après avoir happé les crêtes,

Peu à peu lui grignote une part de jour

En allégeant son triangle- c’était en rosé



Le lendemain est aujourd’hui, posé

L’aube a relégué mercredi

D’un éclairage nouveau le haut fantasme

de glaces construit le jeudi.

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RC

5 fev 2012


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