lundi, octobre 21, 2013

Juste ça


juste ça – dimanche, ciel blanc, avec ou sans pluie selon les heures, relative tiédeur de l'air, Brigetoun entre deux eaux

et en fin d'après-midi, à l'heure du thé, aller, à côté, à l'Oratoire, écouter The king's singers

La chapelle était pleine, les auditeurs potentiels de dernière minute s'en retournaient et ils n'avaient pas tiré assez de programme. J'en ai obtenu un sur ma bonne mine – amusement de constater que les textes des motets étaient donné en latin, bien entendu, et soigneusement traduits en anglais – ai fait un mix.

en première partie donc des motets, du début et de l'épanouissement de la polyphonie, avec Orlandus Lassus, Jean Richafort, Josquin des Près, Nicolas Gombert, Richard Dering, et trois versions de versa est in luctum par Sebastian de Vivanco (vers 1551-1622), Juan Gutierrez de Padilla (1590 – 1664) et Alonso Lobo (1555 – 1617) mon préféré, je crois, contrepoint savant et spiritualité grave.

Ce que j'ai retenu surtout (en cherchant bien) :
la beauté des deux voix de contre-ténor, le cristal clair et souple de David Hurley – et son sourire – et la tendresse plus sourde de Timothy Wayne-Whrigt, et que les nouveaux arrivés semblent faire partie du groupe depuis des années
le long et très beau Domine, Dominus noster de Lassus qui ouvrait le concert, et parmi les trois autres morceaux, le canon presque simple du Ad te levavi
le Kyrie de Jean Richafort, la voix de David Hurley comme une broderie sur la masse vocale mouvante, la progressive affirmation du canon
la fausse simplicité, la science du Salve Regina de Josquin des Près
l'énergie, la franchise de la musique de Richard Dering ce protestant anglais que l'Italie a changé en polyphoniste catholique
etc..
J'avais fait une petite recherche le matin pour me mettre en humeur sur YouTube, mais j'y ai trouvé surtout des chansons américaines bien plus récentes, des mélodies de Poulenc, et fort peu de musique ancienne, dont des christmas et ce Gaudate qui peut évoquer la première partie du concert
et ce il est bel et bon de Pierre Passereau, pas trop éloigné du programme de la seconde partie, consacrée aux madrigaux
après un entracte qui n'en finissais plus (surtout pour l'ourse Brigetoun qui ne connaît personne, ou pas assez pour aller plus loin que l'échange de sourires et petits hochements de têtes)

seconde partie donc, joyeuse, avec
les toujours aimés cris de Paris de Clément Janequin,
Aigre vin, Harenc blanc
Harenc de la nuyt,
Où sont-ils ces petits pions ?
Vin blanc, vin cleret
vin vermeil à six deniers
et est à l'enseigne du berceau
qui est en la rue de la harpe...
et, du même, la guerre (voilà que je découvre, ce soir, une vidéo enregistrée par eux)
d'Orlandus Lassus, Paisible domaine et dessus le marché d'Arras
Dessus le marché d'Arras
Mireli, mirela, bon bas
et de Josquin des Près une série de courtes pièces, la sautillante petite camusette
Petite camusette, à la mort m'avez mis,
Robin et Marion s'en vont au bois joly,
Ils s'en vont, ils s'en vont bras à bras
ils se sont endormis, petite camusette
à la mort m'avez mis.
(paroles qu'il est parfaitement impossibles de reconnaître comme toujours,ce qui n'enlève rien au plaisir)
baisez-moi – allégez-moi et Scaramella (texte italien, le seul qui ne soit pas traduit en anglais)

applaudissements, bousculade courtoise, attendre son tour et sortir dans un air gorgé d'humide.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Beau spectacle...

Chri a dit…

Magnifique... Merci à vous.

Françoise Dumon a dit…

Beau programme, suis désolée de l'avoir manqué. Mais à ne plus sortir de mon trou que pour quelques expos je rate tout.

jeandler a dit…

Extra-ordinaire.

Merci du compte-rendu, comme si nous étions.

brigitte celerier a dit…

merci de votre gentillesse

Gérard Méry a dit…

The Kin'g Singers ..un régal cet ensemble vocal, merci.