lundi, octobre 28, 2013

Quelques pas dans mon quartier


Tomber dans un trou, yeux pleurant en voulant s'ouvrir, yeux découvrant à travers ces larmes l'heure sur mon petit réveil, tenter de sauter dans le jour, freinée par une fatigue incroyable à cette heure, vaquer un peu, s'énerver contre carcasse, s'asseoir devant ordinateur, coup d'oeil éberlué en haut à droite de l'écran – muscles qui se relâchent, oui l'heure n'est plus commandée par mon rythme – se recoucher
Mais, même si après une série superbe d'éternuements secoueurs, encensements énergiques, le crâne se libère un peu, les yeux tirent toujours passablement, modérer lecture écran, se laver les cheveux, nettoyer le moindre recoin salle de bains, faire vaisselle des petites faïences qui traînent, garder regard mou sur l'argenterie, écouter radio, s'énerver, mettre du jazz Nouvelle Orléans.

Cheveux secs en fin de matinée, regard presque direct, faire un petit tour dans le quartier, dans cette zone où ne vais jamais, vers les boutiques pour touristes (et trouvé petite bourse en tissu non "provençal" pour remplacer porte-monnaie en soie damassée)

en revenant, par la rue de la Grande Fustrerie, voisine de l'antre, découverte très tardive du projet de chantier pour «la maison du paon» ou hôtellerie du Chapeau-Rouge (mentionnée en 1376)
Avec une joie instinctive, et un petit retrait ensuite...

parce que je serais heureuse de cette réhabilitation, si l'encorbellement reste discret comme il devait l'être, sans belles pierres de remplacement éblouissant de neuf, et coiffent avec bonhomie les fenêtres de l'étage noble, si on évite de créer de raides créneaux, si la simple moulure classique des étages inférieurs subsiste, si le charme de cette superposition, cet assaut vers le haut, cette bigarrure sont respectés,

mais je demande aux arbres proches d'appuyer ma supplique pour que, par rénovation, les décideurs n'entendent pas, comme trop souvent ces temps ci dans notre bonne ville, reconstitution.
Viollet-le-Duc et ses bouts de rempart ont gardé des adeptes par chez nous, et ils sévissent avec vigueur ces temps ci, maquillant le palais, certains bouts de muraille, en décor pour Disneyland.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Rénover, disent-ils.

brigitte celerier a dit…

la fasse photo à droite me donne espoir, si ça ne fait pas trop clinquant

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Et le charme suranné de ces traces rouges.

brigitte celerier a dit…

oui Michel, plus que quelque temps pour les aimer

arlettart a dit…

L'arbre cligne de son oeil pointu sur les "rénovateurs" en catastrophe
Il était un temps où les architectes des bâtiments de France étaient respectés car respectables en leurs idées

jeandler a dit…

Fera-t-on quelque chose pour les gouttières qui sont à pleurer ?

Pierre R Chantelois a dit…

Un beau jour sous les airs de la Nouvelle Orléans devrait être un beau départ plein de liesse. Quelle belle idée...