samedi, novembre 02, 2013

Des vases communiquent encore le premier vendredi du mois


Ils sont légèrement moins nombreux, ils le sont un peu moins chaque mois, mais sont vaillants et riches.

Or doncques, en ce premier jour de novembre Brigetoun a lu, a tenté de comprendre, a compris souvent, a aimé le plus souvent, ce qui s'était transfusé entre


dans l'aura de Maryse Hache
avion vroum
texte-enquête à partir des vroum de Maryse Hache – partir à la pêche des avions vroum sur le semenoir http://semenoir.typepad.fr/semenoir/ en trouver beaucoup, ensemble ou des avions seuls ou des vroums seuls (enfin Jessica le dit mieux) et être devant les mots de Maryse, nous qui ne l'avons connu qu'ainsi (me mets dans les pas de Jessica), chercher là ce qu'elle fut, en plus de ce que nous disent ceux qui ont connu sa présence – mais moi je ne peux, comme elle, demander l'aide de l'enfant sur la quête du sens des avions vroum, alors vous renvoie à elle, à sa sagesse souriante et parfois fantasque
L’avion s’arrache au sol et vroume en quittant la piste. Il s’élève dans le ciel et passe au-dessus de l’immeuble de Maryse Hache. Elle lève le nez. Compte les passages. L’avion vroum joue le rôle du métronome. Il rythme sa vie. Il rythme ses textes. A chaque vroum, un slash. Une nouveau coup de pinceau dans la baleine paysage. Combien de secondes. Combien de minutes entre chaque avion vroum
ce qui va bien à Maryse – et il y a aussi le relevé des recherches dans le blog, suivant plusieurs critères.

et
pollen – a tribute to maryse
l'approche de la Toussaint, les signes de la fête – un texte tout nourri des mots, du souvenir de Maryse, des vroums encore, des roses (pour toutes celles dont elle détaillait la liste des noms à l'infini), des clowns, - et puis le soir étaler les pétales sur une table, en faire photos pour un anniversaire amical, les garder sèches et vives...
et parler à Maryse, attentivement.. le laisse faire, le lis, vous souhaite de le faire
Dans la nuit, les lampions éclairés et les chaises de jardin au fond d’un bistrot m'ont ramené une fois encore vers toi et ton jardin semenoir où je me rends encore, où j'erre, navigue, vroum, passe, goings and comings, et prends de la graine avant de revenir à ce pollen qui a connu d'autres déboîtements, d'autres appartements et les cris d'un autre enfant à qui tu n'auras pas pu sourire cette fois, une enfant née un an après ton no return, à quelques jours près.

écrire, à partir de cinq phrases en commun, des textes en autant de «chapitres»
vitesse et bruit des nuages
toute cette vie autour de nous qui fait battre notre coeur, et qu'importe de perdre le nord... Franck Queyraud reprend tout ce qu'on peut dire contre la vitesse, l'éparpillement et le retourne... mais en fait la vitesse a demandé long apprentissage Et puis j'arrête de paraphraser, allez plutôt lire sa réflexion vive et sérieuse en même temps sur notre rapport au temps, au silence..
Le silence est l’antinomie de la vie quotidienne et gesticulante. Il demeure une utopie millénaire qui continue à avoir son public... On ne peut pas - non plus - être contre... - contre le silence... La pause est nécessaire, qui existe dans la vie et dans la musique. Mais la musique, basée sur la vitesse d’exécution - elle aussi - n'aurait plus lieu d'être avec une instauration généralisée du silence, aussi séduisant et hypocrite qu’il puisse paraître…
et
orage aux ailes noires et nuages qui se taisent
de beaux passages sur le rêve, l'incertitude, le renoncement à créer, le silence, ... j'aime beaucoup ce que chacune des phrases lui a inspiré, et
J’aime les nuages qui passent : silencieusement. Comme ils taisent le secret qui sécrète à tous vents. Cet énoncé qui nous parle sans jamais se mêler de nos voix. J’aime le silence qui moutonne dans le bleu. J’aime son geste improbable et sûr qui constelle la concorde azuréenne pour on ne sait quel rêve oublié.

une litanie de phrases, constat, résolutions, commençant par c'est
dessinant une présence aux autres et une règle de vie
C’est un échafaudage devant la fenêtre, un matelas sur le palier. Cinq étages à monter. Un loyer en augmentation. Faire abstraction, continuer.
C’est habiter le centre d’une capitale. Ne pas envier les riches, ne pas nier les pauvres. Ne pas faire partie des puissants, ni des artistes. Des salariés moyens sans grande revendication matérielle c’est pourtant un temps de crise.
et
carnets tas de paroles captées
trouver un titre, deux phrases dans le blog de Nolwenn Euzen, ressortir ses vieux carnets, faire siennes trois phrases toujours de Nolwenn, relire ses carnets, retrouver ce qu'on était, citer
Galerie marchande. Le bar fermait. Chaises dessus les tables, les garçons noir et blanc finissaient d'essuyer le bar. Plus de clients, sauf une, assise sur un tabouret au comptoir, sac plastique aux pieds. Son reflet dans la glace. Une femme, un tabouret. Penchée, regardant ses pieds. Tout à l'heure, les lumières du bar s'éteindront. Plus rien. Les vigiles, bleus au chien muselé. Tournent...
juger son écriture faite de courtes phrases descriptives, continuer... (et moi les aime ces passages) – faire un petit bilan ce n'était peut-être pas autre chose, ces carnets : noter des lieux, des visages...

à partir d'une phrase de Bachelard «Le réel n'est jamais ce que l'on pourrait croire mais il est toujours ce qu'on aurait dû penser»
on aurait pu danser
sur un ring, lieu où le réel touche rudement, une belle apostrophe, en italique, à celui qui est là, qui regarde et juge un combat de femmes
et puis, en phrases égrenées, comme des strophes, la salle d'entraînement
répéter le corps jusqu’à saturation, oublier l’esprit et les activités réflexives, éduquer ses sens, jouer le jeu, s’engager, avoir pour horizon la corporéité avant l’idée, prendre position dans son vaisseau et l’habiter enfin
et
s'adresse à un ou une, tu, qui a voulu penser, faire effort pour.., ne pas céder, et les phrases sont sèches, insistantes, comme cette tension, mais qui, l'âge venu, doute, ne sait s'il a pensé, regarde sa vie, pense trouver la sagesse dans la remise en cause
Peut-être, à l’aube du dernier jour seulement, comprends-tu alors que penser, ce n’est peut-être pas renoncer aux croyances tous comptes faits, mais être capable de les organiser ; les cimenter toutes ensembles ; les enserrer de fils logiques comme pour faire des paupiettes. 

à partir d'une photo prise sur le blog de l'autre
mauvaise fortune
un homme sur le pavé, qui a tout perdu, psalmodie ses regrets, prêche le dédain des richesses, subjugue les enfants, auquel il s'adresse
«Jetez la fortune… elle ne tombera pas plus bas. Jetez la fortune… elle ne tombera pas plus bas. Jetez la fortune… elle ne tombera pas plus bas. Jetez la fortune… elle ne tombera pas plus bas.» La litanie de l’homme résonnait maintenant dans toute la ville.
et
ne pas marcher
un texte court et désenchanté non sans un léger et élégant humour
un renoncement
Depuis, je m’échoue et me rive. Coincé sur la berge, je regarde le flot de mes contemporains, ceux qui vont quelque part. Stalagmite dormante figée à son dossier, je ne fais que peser sur l’assise en bois brute. Un travail à plein temps.

comme le disent leurs titres : dire – et le font bien
Dire
une belle journée d'entrée dans l'automne, les gens qui se croisent, les échanges (mais infiniment mieux dit)
La lumière avec ce bleu mêlé de roses aux heures du soir et du matin, qui se fraie en silence un chemin vers le quotidien des hommes, ces hommes qui vont, qui rient, qui parlent, qui échangent, qui se saluent, parfois s’insultent mais si rarement, si peu, si discrètement et remplissent les rues d’un bruissement d’habits.
et
Dire – etc
en paragraphes qui rythment, s'avancent tous ces mots morts, machinaux, qui séparent, masquent les pensées ou les tuent, ces mots mort-nés qui nous diraient et qu'on ne prononce pas.... un beau texte
Il y a toi. Il y a moi. Il y a mille et une manières de dire et nous dire. A nu. A demi-mot. Armés. Il y a mille et une possibilités de ne jamais se comprendre réellement. Toi et moi. Il y a mille et un risques de médire et de nous maudire. Il y a toi. Il y a moi. Il y a tous ces mots qui bondissent, de toi à moi. Nos masques et nos barrières. Il y a tous ces mots qui succombent dans le gouffre de nos silences.

des traductions communicantes – un superbe et long échange pur lequel il vaut de prendre son élan
une introduction de Giovanni Merloni qui parle de leur idée de départ : les vases, de photos sombres avec éclair de lumière, de panse lisse et de sculptures, de Charybde et Scylla
Et ce vase — condamné peut-être à attendre pendant quelques siècles encore dans une grotte obscure — souligne cette destinée contrariée par le décalage, tout à fait conscient, entre la surface lisse de la terre cuite (gardant encore des traces de l’ancienne peinture en bleu) et cette excroissance animée en forme de serpent ou de sirène multiple.
avant un long entretien où il pose à Danielle Carlès des questions sur Nice et l'Italie, sur elle, sur la traduction, où elle répond, et que j'ai lu, avant de dîner et m'endormir, laissant de côté les autres textes.. Prenez le temps de le faire, d'écouter ces deux voix
En réalité, aussi bien le français (mâtiné de germanique : n’oublions pas les Francs qui nous ont donné leur nom) que l’italien, comme toutes les autres langues dites romanes, sont dérivés du latin au prix d’une forte mutation qui touche essentiellement la syntaxe. Un seul exemple, mais décisif : en français ou en italien, ce n’est pas la même chose de dire : le lapin tue le chasseur / il coniglio uccide il cacciatore ou le chasseur tue le lapin / il cacciatore uccide il coniglio, c’est l’ordre des mots qui décide de qui fait quoi (devant ou derrière le verbe). En latin en revanche on pourra mettre les mots dans un ordre grammaticalement indifférent, en affectant les mots de marques distinctives : lapinUS tue chasseurUM = chasseurUM tue lapinUS = lapinUS chasseurUm tue = le lapin tue le chasseur et si l’on veut dire le chasseur tue le lapin, c’est : lapinUM tue chasseurUS (dans l’ordre qu’on voudra, tout le monde a compris...

et
une introduction de Danielle Carlès interrogeant deux dessins de Giovanni Merloni, avec cette justesse
Ces deux dessins proposés par Giovanni possèdent la même propension que partout ailleurs chez lui à déborder du cadre de l’instantané, à nous entraîner vers une suite, un développement, une histoire pleine de péripéties, une décomposition animée, tout un prodigieux cinéma visuel et mental.
et puis l'entretien miroir du précédent, où c'est elle qui l'interroge, lui, sur le lieu de sa naissance, sa langue natale, son rapport au latin et celui de l'Italie à l'antiquité romaine, les auteurs italiens à traduire, et ses propres traductions en français de ses poèmes
Peu importe alors que l’italien soit ma langue maternelle lorsque je découvre m’être éloigné (pas seulement physiquement) des raisons qui sont le fondement d’une certaine expression ou phrase. D’ailleurs, je ne crois pas que ce soit nécessaire de tout connaître. C’est une question d’amour et de disponibilité à apprendre. Une musique. On peut y entrer et en pénétrer l’esprit et aussi aller au-delà de tout ce qu’on avait su et appris dans notre vie précédente. C’est pour cela que j’ai choisi d’écrire directement en français et de ne pas écrire en italien, sauf quelques lettres ou mails. Et c’est pour cela aussi que je me refuse de traduire mes poèmes mot par mot. Je préfère les réécrire en français...
notre rapport à notre histoire, et une question malicieuse finale.

le cimetière de Belleville

Belleville sous le ciel et la terre 1/2
expédition à deux au cimetière de Belleville (en voisin dans son cas) – plaisir des photos comme toujours -
ce qu'on y trouve, les arbres, les morts que l'on porte en soi
on attrape quelques années, on attrape quelques rides, blanchissent aux tempes les cheveux, on se revoit à vingt ans, ce n’est pas que ces souvenirs nous pèsent, dans l’allée Berlioz, on se revoit sur le petit mur qui séparait le jardin de la rue il y avait alors du soleil, les habits noirs de l’empereur, les lunettes noires de L. qui lui mangeaient le visage (toujours aimé cette expression, stéréotypée, éculée, avachie et usée – pour les lunettes de soleil, j’en ai acheté une paire à Venise il y a quelques semaines, noires, monture et verres, elles me font souvenir de lui peut-être),
les fleurs, une antenne, des châteaux d'eau, une larme, le monde ou presque et, pour nous, le ton de Piero Cohen-Hadria.
et
Belleville sous le ciel et la terre 2/2
expédition à deux au cimetière de Belleville (en métro dans son cas) – plaisir des photos comme toujours – suivre sa découverte, presque comme avec un guide, un guide qui aurait plein de choses à dire, de digressions à rattacher à cette visite, de précisions à donner, un guide qui a un oeil tout spécialement aigu, un guide comme on en voudrait (oui même moi qui ai horreur de ça)
Et puis, voilà une tombe peu commune : on pourrait soulever la plaque et voir ce qui se passe ou se complote à l’intérieur, ou lui laisser son rôle de sortie de secours pour certains des occupants du cimetière de Belleville. Ici, l’imagination galope et prend de la hauteur (128, 5 mètres), c’est l’un des deux point culminants de Paris avec Montmartre (130, 5 mètres).    

écrire sur une photo choisie parmi les quatre proposées par l'autre
créature
en trois paragraphes denses, la peur, le cauchemar d'une créature sans visage, ou finalement avec visage mais indistinct – et vient l'apaisement
Son corps est troué, percé, rouillé. Je devrais avoir encore plus peur, mais non. A force de la regarder, j'ai fini par reconnaître quelque chose en elle. Quelqu'un peut-être, mais je ne vois pas qui. J'y pense tout le temps maintenant, et je ferme les yeux pour la retrouver. J'essaye de reculer encore plus loin pour qu'elle devienne nette. Je la vois de mieux en mieux, je suis de plus en plus sûre que je la connais, mais je ne sais pas qui elle est. Cette créature, c'est une question sans réponse.
et
murs
un récit au passé, récit d'un temps peut-être futur où des écrivains seraient emmurés comme les pénitents autrefois, ne sortant que pour des dédicaces, mais resteraient connectés
La connexion au net était cependant maintenue : l’enfermé ne l’était donc que relativement et symboliquement, et il s’avéra avec le temps, la répétition de ces actes au départ qualifiés de désespérés, qu’on n’écrivait jamais mieux que physiquement soustrait au monde comme à ses distractions illimités.
Et quand le silence se faisait sur internet...

le réel est hors d'atteinte
le réel est hors d'atteinte
image d'enfance – voir à peine – décrire, au plus près, cette perception floue
Je recule d’un pas, de deux puis trois. J’attends entre les grunes à marée descendue que la mer me revienne plus douce. Je pêche mes mots près d’une barque. Près d’une barque je pêche le réel hors d’atteinte, je ne remonte rien, reviens seulement avec l’odeur de l’eau. -
parler avec la mer
et
on n'en sort pas
il est hors d'atteinte, le réel, inutile d'essayer..
sur la terrasse devant la montagne, se parler... Oh non je ne vais pas essayer de résumer pauvrement cette belle, discrète, tranquille méditation (au passage si vous n'êtes pas habitués du blog des marges je ne saurais trop vous souhaiter de le devenir, cela fait du bien)
Peut-on dire autre chose que ce qu'on sait obscurément. Écrire dépasse de beaucoup ce qu'on est, sans qu'on soit capable jamais de mettre la main dessus. Mais il nous tire, rend meilleur, purifie ce qui reste en retrait, nous aide à trouver l’invisible axe de notre être au monde.


Aux amis qui manquent

les copains d'abord
des phrases qui disent ces amis que l'on a, que l'on perd de vue, que l'on froisse, qui vous froissent, que l'on retrouve par hasard
prenons soin d’nous.
prenons l’temps
et nos vies et nos amis
à bras le corps.
et
il y a des amis qui manquent
un poème, beau, à lire, descendre le long des vers, trouver l'amitié, les brouilles, le besoin
deux façons de dire même chose, comme chacun de nous le pourrait, avec plus ou moins de talent
Aux souvenirs communs mourant de n’être ressassés
Aux brouilles éphémères, puériles, toutes en surenchère
Aux regards brillants qui parlent et qui comprennent souvent pour tout langage
A des vies de fadeur, loin de tout Oxygène
Il y a des amis qui manquent

l'enfance
le lieu qui m'a vu naître
un enfant, Léo, sur un bord de mer qui a reculé depuis que les édiles ont installé un majestueux dépôt d'ordures, un enfant qui écoute la mer, pour qui cette baie est le monde. Un texte qui juxtapose deux temps, celui de l'enfant rêveur, celui de l'adulte qui se souvient, et la poésie de la mer, la poésie entêtée des désirs de l'enfant
Ce monde fantastique de citées englouties et de contrées hostiles, où l'être humain est ramené à sa nature accessoire et éphémère, lui évitait de se confronter au quotidien et éteignait pour un temps l'angoisse permanente qui cache le vrai visage du monstre.
Et puis, à la première personne, la voix du Léo adulte, qui raconte l'adolescence, la sortie de l'enfance, ce qui a suivi et... vous laisse le lire.
et
la lettre dans la ville
l'enfance trop renvoyée au W de Pérec dans le monde actuel. L'enfance réduite aux souvenirs fabriqués, mais toujours là et à conserver, mettre en archive
On avait désormais, dans chaque ville qui l’acceptait, un dépôt d’enfance, où vous pouviez venir si vous le souhaitiez, et rouvrir le coffre qui vous appartenait (ou la boîte de carton sur les rayonnages automatiques, tout était facile avec le matricule), ou simplement gérer cela à distance.

Rituellement – wonder-woman (ses cheveux cette fois)
Les tifs de Wonder Woman, c'est que du taff
ne plus savoir que dire sur cette Wonder Woman, comment échapper aux mots hirsutes et de là glisser aux cheveux en faisant l'histoire de la première
Elle se vendait mieux que Batman et Superman. Ce fut une source d'inspiration inépuisable pour les féministes. Même si une grande partie de son lectorat était aussi masculine qu'acnéique. Voici sa coiffure à la création, inspirée comme on peut le voir de la déesse grecque Artémis, une chasseuse de cerfs et d'autres personnes non-humaines hantant bois et forets sombres. Déesses et dieux grecs arborent toujours de belles boucles domptées. 

et
Wonder Woman, perplexe, se tire les cheveux, des chiffes, des lettres tournent dans sa tête – récit de sa lutte contre le travail passionnant mais complexe accepté pour «son chéri» et les lentes
Son travail achevé, Wonderwoman fine financière a bien évidemment soustrait de tous les produits additionnés une charge exceptionnelle : sa note de coiffeur - dont la facture non encore parvenue (FNP) serait sans doute extournée avec son poing (EXT). Bilan de l’opération : Résultat net, sa chevelure brune 

échange de poèmes
Catimini Plume ou Catherine Baumer http://franckgarot.net/spip.php?article91
dix haïkus – dix régals d'observation souriante
Les toits blancs

Posée en équilibre

Une moitié de lune
et
deux poème, un pastiche de Verlaine, souriant tendre, et sur les fleurs du mal :
Elles deviendront quoi

mes Fleurs du mal

livre de poche

numéro 677

tout corné

des pages détachées

elles deviendront quoi

mes Fleurs du mal ou la vie, la mort, l'usage des livres

le silence des vagues
est rude
une femme carnassière sur un balcon à Djerba, regarde la mer où elle a jeté...
un homme épuisé dans le sable marche vers sa voiture pour quitter la plage, un robinet et la silhouette, courbé dessus, d'un pêcheur, un couteau,
La main de l’homme tâtonne dans la besace, agrippe le revolver, jamais eu aussi soif, à vingt mètres viser l’autre dans l’éblouissement. Appuyer sur la gâchette brûlante, la déflagration fait enfin taire les vagues, appuyer encore, encore, le silence résonne l’autre s’effondre mollement sous le robinet, gros sac sombre où tombe une goutte.
et
micro-fiction – fragment
un récit haletant comme l'est la femme qui se précipite, oublie son sac, revient et pense toujours à sa rencontre inopinée avec un homme, ce trouble qui monte et.. la fin à découvrir
De sa position devant la librairie elle ne parvenait par à apercevoir les tables du café, tellement la cohue engloutissait les trottoirs les deux côtés de la rue. Faisant chemin vers le feu, elle s’engagea pour traverser, son corps emporté autant par l’excitation insolite que par l’affluence et la densité autour d’elle.

ou Monsieur Châ, dans le dos de Milan-Alexis, caché sous le nom de 32 octobre : prendre résolution pour 2014 d'écrire tous les jours, et cela donne un poème, de longues phrases, le temps qui passe, le temps qui manque
J’ai suivi le chemin du Souvenir entre des dalles blanches carrées si petites, toutes semblables. Pas de jaloux, pas de riches, pas de pauvres. Juste des vies. Ici, une photo quand même ; là, un ange blond, non, il est blanc ; plus loin, une primevère mauve ; là, des cailloux blancs.
Je suis le chemin tracé par le Petit Poucet.
Une longue litanie entrecoupée, des strophes, et les trois cimetières de la ville
et
toujours sa poésie sans pose, simple et forte – hier dans la ville
Hier quelqu'un a vu
Le précepte intime du désir
Chacun dans ses attributions
La dernière silhouette
Dans l'ouverture de la fenêtre

et puis, nous, ceux que je connaissais déjà, sur trois photos choisies dans un petit lot proposé par l'autre,
François Morey, sur Paumée, ci-dessous,
en attendant
part d'un arbre, ne sait s'il est hivernal ou mort, convoque Vladimir, Estragon, et puis
invoque Pozzo et Lucky (mais pas Godot) – glissez plutôt un peu plus bas, lisez-le
Mais à force de battre le pavé, le sable de la plage finira peut-être par réapparaître comme ce brin d’herbe.
et 
de mur à mur s'en va, d'un mur à l'enduit fatigué au béton et aux pierres sèches d'un refuge
dans la solidité et l'usure du monde, dans le sens de l'eau,
avoir envie d'être pieds et mains nus, au contact de la matière, pour me faire partie de ce qui est là, de ce dans quoi j'avance
et je me dis que je devrais m'abstenir de participer (d'ailleurs ce sera le cas après décembre je pense)

10 commentaires:

arlettart a dit…

Fabuleux travail pour notre grand plaisir de cueillir juste là tous ces mots qui rebondissent
Merci mille fois

brigitte celerier a dit…

oh merci... dans la désaffection générale pour les vases

fg a dit…

merci m'dame -- moi qui reviens

brigitte celerier a dit…

merci - pardon suis dans une mauvaise journée - ira mieux demain

jeandler a dit…

La qualité ne rime pas avec la quantité; cela est sûr et avéré.

Gérard Méry a dit…

des fleures des fleurs pour tes vases

Pierre R Chantelois a dit…

Puissent ces vases ne point sombrer dans l'oubli et rester une matière riche au cœur de la blogosphère.

Anonyme a dit…

Merci Brigitte, merci fg, pour votre accueil. Une grande première pour moi.
Catherine B. alias Catimini P.

Marilyn a dit…

Brigitte, il y a un souci avec le lien de àchatperché... traduit comme http://www.xn--charperch-p1a2i.net/spip/spip?article585
Pas pu lire le texte de Nolwen.
J'espère que tu as retrouvé ton pôle positif :-)Merci encore pour ce récap.

brigitte celerier a dit…

j'ai toujours, sotte suis, des problèmes pour les liens vers le blog de Michel Brosseau, une solution passer par son vase chez Nolwenn Euzen qui doit donner le bon lien