dimanche, février 09, 2014

Jours passés - et trop de photos


Je suis partie jeudi, en début de soirée, léger frais, crépuscule s'évanouissant

vers le théâtre du Chêne noir, pour assister à Parole d'honneur spectacle sous-titré un voyage au coeur de l'une des plus anciennes et secrètes organisations : la Mafia
spectacle, créé au Teatro Eliseo à Rome en 2009 et qui depuis tourne en Italie et Europe, tiré de son livre, publié l'année précédente, par Attilio Bolzoni, journaliste, écrivain et auteur de documentaires sur le Mezzogiorno et la mafia
Ce sont des voix qui viennent d'un autre monde. Je les ai écoutées pendant trente ans dans ma Sicile natale et je les ai notées. «Parole d'honneur» c'est la mafia qui se raconte, ce sont des hommes d'honneur qui se révèlent en nous dévoilant leurs pensées et leurs sentiments.
Ils nous parlent de la famille et de l'amitié, de Dieu et du péché. Une nature de criminels qui se révèle à travers un langage qui n'est pas uniquement un code mais aussi un exercice permanent du pouvoir.
spectacle monté par Manuela Ruggiero avec un acteur, Marco Gambino, sec, pantalon et chemise noire, et des transparences, des vidéos de visages de mafieux derrière des barreaux qui se muent en animaux, des images en noir et blanc que traverse l'acteur... un travail recherché qui garde un côté un peu usé, un peu fauché, sympathique.
Mais spectacle peut-être trop agréable, d'abord pour le plaisir des sonorités des bribes d'italien ou des seuls noms des mafieux dont les propos sont cités, ou qui parlent de leurs cousins, leurs ennemis, des juges, ou aux juges. Et leur rouerie arrogante, leur religiosité et austérité dévoyées (l'histoire du fils qui renonce à être homme d'honneur en entendant son père - tendre père voulant trouver une solution à ce dilemme : il est parfaitement impossible de lui permettre d'épouser la jeune fille de son choix puisqu'elle est fille de parents séparés - proposer tranquillement de se débarrasser de ces derniers), leur jouissance froide du pouvoir, leur fausse humilité ont, passant par l'acteur, un peu trop de charme pour déclencher le frisson de peur horrifiée qu'ils méritent (parce que, tout de même, ils font un sacré dégât ces bonshommes, et la perversion de ces mots posés sur ces actes est vertigineuse)

retour en écoutant ce que disaient les groupes qui me dépassaient.


Quant à ce samedi matin, sous ciel gris, 

dans petite bruine qui peu à peu s'est évanouie, pendant que le plafond s'élevait un peu

laissant passer de brusques lumières frisantes, vers l'ancienne caserne des pompiers, pour la présentation de la liste de Cécile Helle pour les prochaines municipales.

Surprise de me voir abordée à l'entrée par mon marchand d'olives-huiles-morue-miel... lui ai dit que j'étais contente de le voir là, un peu avec un sentiment de propriétaire (fut un temps où j'étais socialiste, et j'ai assisté au départ, il y a un an, de la candidature de Cécile Helle et, très brièvement, honte à moi, des ateliers pour préparer le programme – elle a fait un gros travail, que j'ai suivi à distance, avec des gens de tous horizons, et des rencontres avec des municipalités des environs), il avait, lui, un air de maître de maison, et j'ai compris pourquoi en le voyant venir rejoindre, en qualité de représentant de la société civile, les autres membres, socialistes, écologistes, radicaux de la liste.


Me suis fait toute petite sur une marche de l'escalier des gradins, et j'ai pris une foultitude de photos, tout en écoutant et applaudissant comme le devais... la plupart vraiment très très mauvaises, et j'en ai gardé beaucoup trop, tant pis, comme une punition pour ma non-militance...

Pas eu vraiment envie de rester pour buffet, musique, échanges, et un peu peur des regards me gommant avec réprobation...

suis rentrée, tout doux, tout doux vers l'antre.
Et vous présente mes plus plates excuses.

10 commentaires:

Isabelle Pariente-Butterlin a dit…

On écoute votre voix et on est saisi des couleurs que vous saisissez dans le monde, même un sac-à-dos devient intéressant, et attire le regard, et vous nous montrez le monde, ainsi, sous un angle qui est celui de votre regard.

Dominique Hasselmann a dit…

Espérons qu'Helle y arrivera (car il y aussi des mafias en politique) !

brigitte celerier a dit…

oh que oui (et sans doute dans son équipe, je pense à un) mais nous sommes débarrassés des deux terribles dames

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Tu fais des photos superbes.

brigitte celerier a dit…

OH Michel ! vais éclater là... de suffisance

joye a dit…

Tes plates excuses de partager ta culture jusqu'au bled américain ???

Alors, ma chère, tu es tout à fait pardonnée !!!

brigitte celerier a dit…

de vous submerger sous des photos d'inconnus

Gérard a dit…

Une journée à la "campagne " si je comprends bien

arlettart a dit…

Ce regard qui t'efface de réprobation !!! bien vu tu déranges Chère , avec ton troisième oeil!!

brigitte celerier a dit…

ce serait plutôt ma dé-militance