mercredi, mars 26, 2014

Jeunes voix dans la nuit


Vaqué dans ce jour, n'avais ma foi rien à en dire ici jusqu'au soir où, dans ce qui est maintenant la fin du crépuscule, m'en suis allée vers l'opéra, pour entendre des voix, sans connaître encore les oeuvres qu'elles mettraient en valeur, qui les mettraient en valeur, dans un concert intitulé Tremplin Jeunes chanteurs réunissant :
deux pianistes russes Kira Parfeevets et Artem Grishaev
trois voix françaises et féminines Clémence Barrabé et Ludivine Gombert, sopranos, et Marion Lebègue, mezzo
et trois voix russes et masculines, Bogdan Volkov, ténor, Andrey Jilikhovsky, baryton et Daniil Chesnokov, basse,.
Concert qui sera repris en décembre au Bolshoï.

Une salle comble, le spectacle, co-réalisation de Paris Opéra Compétition (concours de chant comme son nom le laisse deviner) du Bolshoï et de Arts Development Foundation (association de promotion du chant lyrique de Russie), étant gratuit sur réservation (avec une priorité pour les abonnés)
Une intelligente, faussement naturelle, sans trop le prétendre, enjouée, assez simple pour que les six interprètes y entrent avec grâce, mise en espace pour ne pas dire mise en scène de Nadine Duffaut.
En première partie Mozart avec un sextuor de Cosi fan tutte (l'arrivée des faux albanais), deux airs de l'enlèvement au sérail (Osmin basse et Constanza soprano), un trio masculin de Cosi – Rossini avec un air d'Isabella de l'Italienne à Alger – Lalo (surprise d'aimer cet air de Mylio dans Le roi d'Ys, sans doute grâce à la parfaite diction et à la voix de Bogdan Volkov) – Bizet avec le trio des cartes de Carmen (chanté avec charme et esprit par les trois femmes) – Gounod avec un air de Mercutio de Roméo et Juliette, et l'air des bijoux de Faust – et pour finir de nouveau Bizet avec le quintette «quand il s'agit d'une tromperie» de Carmen en une vive, enlevée interprétation

un entracte pour hésiter à partir, pas vraiment enthousiasmée par le programme à suivre, ou pas par la totalité, pour rester pour entendre d'autres facettes
de
la petite, amusante quand il le faut, Clémence Barrabé, robe noire souple, jolie voix fruitée, un peu trop fière de sa puissance peut-être,
la grande, mince, habituée de l'opéra d'Avignon, Ludivine Gombert, en long fourreau noir étroit qui moulait avec soin un futur bébé (préféré son interprétation de Rusalka à l'air des bijoux, qu'au fond je n'aime à peu près jamais)
l'opulente (mais pas excessivement) Marion Lebègue, robe bustier rouge brodée, jeu un peu «canaille» quand le faut et très belle voix (sans doute la plus belle de la soirée) de mezzo
le grand, dégingandé Daniil Chesnokov, à la belle voix de basse comme il se doit
Andrey Jilikhovsky, voix de baryton, joli timbre, mais peut-être un peu trop perpétuellement fortissimo, un peu trop vibrante et glorieuse (l'ai surtout aimé dans le duo d'Eugène Onéguine)
et le gentil (physiquement gamin) Bodgan Volkov, ukrainien, qui est un de ces ténors, pas encore grand mais déjà plein d'aisance, qui me réconcilient avec ce timbre, chant sensible et intelligent, et peut-être le plus intelligible des six en français, ce qui n'est pas désagréable.
Cette seconde partie commençait par une certainement bonne interprétation à quatre mains de la valse de Casse Noisette que je déteste...
suivie d'air d'Eugène Onéguine de Tchaïkovski (là, j'aime), d'un air de Rusalka de Dvorak (aime plutôt aussi), d'un air de La vida breve de De Falla (finalement aime également et cela allait très bien à Marion Lebègue), mais ensuite d'airs de Roméo et Juliette et de la Reine de Saba de Gounod pour lesquels j'ai un intérêt distant ou moins, d'un duo de Lakmé de Delibes hum... malgré les chanteuses
et pour finir, chanté avec entrain, C'est l'amour de Ganne, ouai bon... et la voix chevrotante de ma voisine qui tenait à les accompagner n'arrangeait pas les choses.

Heureusement, en bis, nous avons eu droit, chanté en sextuor, à un air russe, certainement célèbre mais inconnu de moi, qui leur permettait un entrain tout aussi grand et de meilleure qualité.

Suis sortie dans les premiers, suis rentrée, me suis installée, ai été incapable de parler de ce concert, agréable, simplement.
Désolée, ça n'a aucun intérêt.

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Une jolie voix fruitée, j'aime bien...
Je vous souhaite une douce nuit.

Francis Royo a dit…

Votre description de chaque musicien vaut son pesant de notes. ;)

Dominique Hasselmann a dit…

Olivier Py n'était pas dans la salle ?

brigitte celerier a dit…

j'ai eu une idée méchante (populaire) et qui ne s'appliquait pas à lui...
non mais il a autre chose à faire, c'était un peu la foule et biscuits assortis au point de vue musique

catimini a dit…

Je confesse ne rien entendre à l'opéra, cette incursion en votre compagnie donne envie, grâce de l'écriture, même si vous n'étiez pas emballée.

Gérard a dit…

C'est quand même pratique les scènes de théâtre à deux niveaux

arlettart a dit…

Vue plongeante du plus bel effet