jeudi, mars 20, 2014

Promenade virtuelle et chanteuse à facettes (toutes belles)


Puisque ne suis pas très lecture en ces jours, puisque trop platonique est mon envie de découvrir les beautés, ou non, qui entourent la ville, avec un vague projet d'accepter les bus etc... et de m'y risquer aux beaux jours et avant la chaleur, j'ai passé mes moments de rumination, qui s'effaçait ainsi lentement, à parcourir les routes du département sur google.street... et admiré avec un sourire les scrupules de Google qui, à Carpentras, floute le visage de la vierge comme celui des passants.
Forme qui revient lentement, migraine un peu, circulation fantasque, tentative de presque sevrage (pas complet mais presque, disons limitation) des cigares, ce qui me parut évident, qui tend à le devenir moins avec la pacification de carcasse.... retour en force de Brigetoun la vraie, celle qui malgré ses efforts prolongés est par nature inapte à la militance encartée et a tendance à inventer la réponse des réprouvés, y compris grands de ce monde, tout en ne les excusant pas, celle qui n'est pas sociable, celle qui aime le mot amitié, qui aime la loyauté, qui s'y efforce sans trop de peine, mais qui est foncièrement égoïste, loup pelé, petit animal tapi, frémissant doucement, prêt à s'effaroucher, à désirer avec force grandissante une fuite éperdue si se sent approché de trop prêt. Ce défaut qui est moi, inguérissable, que je paie de ma solitude.

Vaquer avec un soin bien inhabituel, et, avec la nuit, m'en aller vers le théâtre, avec un brin de curiosité détachée, pour écouter, regarder une ex-petite avignonnaise qui devient tranquillement une grande (en accord avec son corps), Julie Fuchs, dans un programme qu'elle a composé dont je ne connaissais que ceci, lu dans le programme
Dans De quoi j’ai l’air, à travers plusieurs tableaux, Julie Fuchs campe différentes héroïnes d’opéra en costumes comme autant de métamorphoses. Personnages d’opéra et interprètes font connaissance, se perdent, se retrouvent, dansent un pas de deux ou s’abandonnent : l’aventure est toujours différente. Dans la mise en scène de Vincent Vittoz et sous la direction de Maxime Pascal, Julie Fuchs donne un tempérament inédit aux héroïnes de Mozart, Haendel, Mahler, Rossini, Bellini, Debussy ou encore Gershwin. Reines et bergères, amoureuses et dévoyées, aventurières et femmes du monde accompagnent Julie Fuchs comme un cortège silencieux au moment-même où, sous les feux, elle n’est qu’une.
 
Vu une vidéo, datée d'un an environ, pour faire connaissance
Et ce fut une joyeuse surprise. Musique, talent, intelligence, comique farce qui ne sombrait pas, nostalgie douce, recueillement.

les talents divers de l'ensemble Le Balcon qui réunit interprètes et compositeurs...  les arrangements et musiques intercalaires d'Arthur Lavandier, pour créer une unité, un fil qui ne rompait pas mais souplement se transformait, les petits textes de liaison que je croyais de Julie Fuchs et qui étaient d'Agnès Muckensturm, la mise en scène si naturelle que presque invisible de Vincent Vittoz, les costumes parfois délirants, mais avec juste la pointe d'esprit qui sauvait, de Dominique Borg
et la voix, l'intelligence, la présence (grande et chaleureuse) de Julie Fuchs.

Premier personnage Pauline, crinière plus que perruque blond paille, robe vaguement restauration très blanche et un peu noire, pour enchaîner un air de Mozart (dans un bois solitaire), Richard Strass avec Ich schwebe, une inflexion pour nuit d'étoile de Debussy et pour finir une virtuosité superbe et un peu bouffonne avec Meyerbeer
Second personnage Anna, perruque rousse tombant jusqu'aux reins, crêpée sur le front en petite montagne, une grande robe genre kimono mais violemment bariolée, une voix de diva se débrouillant bien avec le français, dans les fausses confidences, et una voce poco fa de Rossini qui lui convient à merveille (elle a la puissance, la virtuosité – même de faire passer allègrement la seule petite défaillance de la soirée – et l'esprit, comme elle sait d'ailleurs en général colorer son chant des sentiments, de l'ambiance désirée-), farce qu'ils ont su enchaîner sur la nostalgie douce d'une chanson traditionnelle irlandaise, avant Frühlingsmorgen de Malher
l'orchestre continue, elle revient en Elisabeth, mélange de diva excentrique et de meneuse de revue, pantalon noir, bustier lamé et immense queue de tulle noir, pour une superbe interprétation d'un air de la somnambule de Bellini, avant le comique de Blah blah blah de Gershwin
nouveau changement pour Alison, courte perruque platine, veston à paillettes rouges, top de satin beige, pantalon noir, très hauts talons beige et se suivant sans heurt Credete il moi dolor de Haendel et my favorite things extrait de la mélodie du bonheur de Richard Rodgers
dernière incarnation, Elle, tout simplement, top et pantalon noir sous imperméable de même couleur, ballerines, bandeau dans les cheveux pour une très belle interprétation de ich bin der Welt abhanden gekommen de Malher.

applaudissements, deux bis pris dans le programme...

et Brigetoun sortant prudemment (flageolais un rien en arrivant) la première de la salle presque pleine et enthousiaste, pour revenir, reconnaissante, vers l'antre.

7 commentaires:

arlettart a dit…

Tu as aussi de beaux moments
Connais-tu le spirographe ???

brigitte celerier a dit…

non - c'est quoi ?

oui de très très bons moments

Dominique Hasselmann a dit…

Avignon est un lieu que vous mettez en scène quotidiennement avec un regard et une oreille toujours attentives à la nouveauté.

brigitte celerier a dit…

merci

Gérard a dit…

Intéressante ta vidéo, du beau monde vocal s'y produit.

arlettart a dit…

Oh!! toi fille de la mer infinie
Cette si belle plante sous-marine qui, si on l'approche se referme aussitôt!!
C'était mon voisin le CD Taillez qui un jour m'a offert cette dédicace

brigitte celerier a dit…

sommes filles de la mer toutes deux
(très jolie cette dédicace)