samedi, mars 22, 2014

Un oloé imaginaire (reprise) en attendant la nuit, la musique, le romantisme, une voix


oloé imaginaire ou presque, dans le passé
On dirait que ce serait l'été, ou plutôt sa fin, un peu avant la rentrée des classes, il y a longtemps, à côté d'une maison amie...
on serait monté sur les pentes du Faron, en suivant l'ânesse chargée de provisions pour le dîner, puisqu'il n'y avait pas encore de route, juste un chemin aussi caillouteux qu'un torrent,
on aurait suivi le Colonel dans les restanques, on l'aurait écouté raconter comment il les avait construites avec un voisin, et nous expliquer, trop vaguement, parce qu'il savait que nous ne comprendrions pas, la construction des murs de pierres sèches,
et après le goûter, avant que la nuit tombe et qu'on allume les lampes à pétrole, j'aurais laissé les autres jouer ou discuter et je serais sortie avec un livre et une machine à lire qui ne serait pas encore imaginée, pour découvrir, en levant de temps en temps les yeux pour rêver devant la vue, des textes qui ne seraient pas encore écrits.
Ce serait sur le Faron, à La Valette
….
Avignon, ce jeudi : vague au coeur en petites nausées, ciel bleu, ciel blanc, qui vit comme veut, sur la cour, se lancer un peu trop sans contrôle dans des souvenirs recréés pour les cosaques, écrire cinq lignes pour le vase d'avril, se sentir piètre en lisant (devrais sélectionner nouveaux blogs, sites, «amis» de moindre science, force d'écriture, fantaisie, etc...)
vaquer un poco
reprendre ce petit oloé refaçonné et publié sur http://relire.net/oloe/

et la nuit venant, remettre velours noir et petite redingote grise, bottes, et monter vers le romantisme tel que l'aime (du moins je le pensais), vers l'opéra, Mendelssohn, Berlioz, Nora Gubisch et l'orchestre dirigé par Pascal Rophé

dans un programme qui comportait
la marche de la belle Melusine de Mendelssohn, une musique de scène agréable, ouverture roucoulante, avant un emportement général, le rythme de grandes vagues de musique, une mélodieuse marche un rien sinueuse, qui s'intensifie, une atmosphère de forêt, d'oiseaux dans les arbres etc... (du moins c'est ce que j'ai cru entendre)
suivie par le plaisir toujours grand les nuits d'été de Berlioz – entrée de Nora Gubish, chevelure abondante, fourreau décolleté en lamé noir, porté avec une simplicité parfaite, aisance de sa présence en scène, sensibilité sans outrance ni affectation, et souplesse, expressivité de la voix chaude, douce, profonde
Quand viendra la saison nouvelle..., l'allègre villanelle, staccatto des vents, le chant qui se déploie, rejoint par le basson, et puis le canon entre cordes et voix –
le spectre de la rose où intervient (dans ce seul air) la harpe pour dire le parfum de la rose –
la tristesse de sur les lagunes, le cor, la mélancolie, le soupir final
sur moi la nuit immense
s'étend comme un linceul ;
je chante ma romance
que le ciel entend seul. -
la douleur de l'absence et la dissonance du refrain
reviens, reviens ma bien-aimée !... -
au cimetière la mélodie, les cordes qui accompagnent les fantômes, la ponctuation des violoncelles sur les derniers vers -
avant le tutti joyeux du début de l'île inconnue, le rire des clarinettes
cette rive ma chère
on ne la connaît guère
au pays des amours

saluts, entracte, flâner avec détachement devant les tableaux d'Eva Vermeerbergen, attendre

l'orchestre seul, pour la symphonie n°5 de Mendelssohn, que parait-il il n'aimait pas (mais il s'est donné du mal pourtant pour qu'elle soit jouée) -
le très long, varié, riche, premier mouvement, que je renonce à détailler, dont je renonce à dire quoi que ce soit, d'autant qu'au milieu, dans une succession d'accords brutaux, j'ai senti monter une quinte de toux, telle que mon attention s'est détournée de cette musique où je n'arrivais pas à entrer et s'est fixée sur mes efforts pour garder cette éruption bien enfermée en moi... bon ma foi j'ai bien aimé le second mouvement, j'ai aimé certains passages, trouvé un peu lourds d'autres, mais je n'ai pas accroché à cette musique. Etait-ce la toux déconcentrante ? Est ce tout simplement une musique (que je n'avais jamais entendue) pour laquelle je peux éprouver de l'estime, goûter ce qu'elle garde de références aux musiques antérieures, qui me laisse passablement indifférente...

se dire ma foi tant pis, et regagner l'antre que frôlent des musiques lointaines, ou du moins un peu de boum boum boum, sans trop de virulence.

9 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Ce beau mot de "restanques" et la musique qui le suit...

brigitte celerier a dit…

gratitude pour votre fidélité
et oui j'aime les restanques, le mot, la construction, le paysage qu'elles créent

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

"Oloe" = où l'eau est, où Léo est, ou là-haut, et aux Halles, et à l'eau, etc.

o_O

C'est dans quel dictionnaire ?

brigitte celerier a dit…

un dictionnaire en formation, encore réservé aux premiers adoptants :
endroit où lire ou écrire

ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ a dit…

Ah ! au lit ?

gilda a dit…

J'avais lu "toux déconcertante" ; parfois ce professeur Tryphon que j'ai en moi fait bien les choses.

brigitte celerier a dit…

Gilda :)))

Françoise Dumon a dit…

Merci de nous créer tout un dictionnaire. Et la musique vivante, même avec toux, c'est toujours mieux que la conserve. Bon dimanche électoral.

Gérard a dit…

...d'un pas léger sur le pavé tu vas