mercredi, avril 02, 2014

Rêver le jour


Jour de ciel gris, de petit froid au coeur, de presque tiédeur aigre, de toux montante, de colère tapie,
en tirer autorité suffisante pour entrevue avec gérant (petit problème sans grande importance mais stagnant et dénoué) – et porter lessive chez blanchisseur

rencontrer un rêve de jardin simple, petit enclos de curé ou de banlieue, de haies de troènes ou de buis, de petit bassin d'eau verdâtre, d'allées sages et de gravier dans les souliers, de paisible retrait

entrer dans l'image, y trouver sandales pour patauger et sabots trônant sans gêne, les enlever en maugréant des blancs coussins, les ranger avec les galoches dans les casiers de bois usés, puisque humeur fainéante, voir que plus loin les petits nains s'activent afin sans doute de se nettoyer du mépris dans lequel on les tient, choir à plat dos sur la chaise longue, draper le rideau-serviette autour des épaules et du cou, s'abstraire

dans une musique presqu'inaudible, rêvée, avec des jaillissements, des pizzicati, des emballements, et des silences, un peu du Dies Irae de la Symphonie fantastique de Berlioz, une voix qui perce le ciel dans un passage d'une cantate d'Alessandro Scarlatti, et puis une tarentelle pizzica (merci Wikipedia) qui fait tressauter, mêle, images et idées, qui me laisse amorphe, lasse, absente. 
sortir de l'absence en fin d'après midi et, tasse de thé, en main regarder le ciel bleu pur qui me domine.

4 commentaires:

tanette2 a dit…

Un rêve de jardin pour réchauffer le petit froid au coeur et terminer dans une musique douce avant de regarder le ciel bleu, une journée agréable en somme ...

brigitte celerier a dit…

grand merci Tanette de me tenir compagnie

Françoise Dumon a dit…

Il y a des jours, comme cela, où même le beau temps n'incite à rien de précis.

Dominique Hasselmann a dit…

J'avais cité Scarlatti mais il s'est, apparemment, enfui : Berlioz le remplacera aujourd'hui !