mercredi, mai 21, 2014

Ciel voilé et crimes passionnels

Sommeil qui fait des loopings, tours dans le noir, ouvrir volets sur aube vers quatre heures, quelques pas dans la fraîcheur sous ciel bleu pale grumeleux de nuages fins comme tulle vers 5 heures, pigeon roucoulant, retours sous couette résolus....

éveil – harnachement – départ dans la ville qui porte traces de la nuit,

sous un ciel que les nuages rongent, sous une lumière filtrée,
en débattant seule avec les journalistes entendus dans mon assoupissement, les traitant, du haut de ma sagesse et ma science, de sots adeptes de l'image, des petites histoires, incapables de lier la montée d'un pays à l'approfondissement de la pauvreté de ses laissés sur rives...
sommeil, activités ménagères sans lendemain, crâne faisant tourner vaguement son vide, vent secouant petites fleurs et branches, brassant les couches grises et blances du ciel... 

repêcher dans housse un chandail de laine fine pour départ en début de soirée vers l'opéra, Cav. et Pag.,

le vérisme dont je ne raffole pas, mais pourquoi pas, et puis j'ai réalisé que c'était par principe emportée par mon peu de goût pour Bellini et autres plutôt que par connaissance, deux histoires de crimes passionnels, la mort d'un homme, Turridu (Jean-Pierre Ferlan) tué par Seng Hyoun Ko en Alfio dans Cavalleria Rusticana de Mascagni,
la mort d'une femme, Nedda (Brigitta Kele), et un homme, Silvio (Armando Noguera), tués, en public, par Jean-Pierre Furlan (ressuscité en Canio) dans Pagliacci de Leoncavello
actions que le metteur en scène, Jean-Claude Auvray, comme il l'avait fait à Orange il y a quelques années, avec une autre distribution et un autre chef (ce soir c'était Luciano Acocella), a transposé, sans recherche forcenée de l'audace, du dix-neuvième siècle aux années 1950, reliant néo-réalisme et vérisme..

image (de Paillasse) postée sur tweeter au nom du théâtre après la représentation de dimanche
Et ma foi j'ai vraiment aimé la musique de Mascagni, même si elle tonitrue souvent, les airs populaires qu'elle semble s'incorporer, la voix de Nino Surgiladze qui chante e joue Santuzza, le couple de femmes qu'elle fait, jeu et voix, avec Svetlana Lifar dans le rôle de Mamma Lucia, et le premier de ses duos avec Jean-Pierre Furlan.

mise en scène beaucoup plus colorée et ouverte pour Pagliaci, bel abattage (et toujours bon chant) de Seng Hyoun Ko en Tonio, et la voix et l'émotion que trouve Jean-Pierre Furlan, surtout à la fin, dans le rôle de Canio, Paillasse

mais une nette préférence pour le premier opéra, et pas seulement parce que exaspérée par un voisin envahissant je me suis déplacée pour me retrouver, regardant et écoutant le second, debout, sur le côté.


5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Vous... cavalez toujours autant à l'opéra !

Photos très nettes...

brigitte celerier a dit…

j"avoue mais une sur dix (autres jetés sans remord)

jeandler a dit…

Un voisin envahissant peut-être se croyant à Madame Sans Gêne...

Gérard a dit…

Cavalleria ? rien à voir avec le Cavaliéré

arlettart a dit…

Se laisser entraîner par la musique en toute chose