mercredi, juin 04, 2014

Rencontre


- Bonjour toi... je te vois... tu crois t'être bien cachée, pour me surprendre ?
- M'effaçais de l'image, suis inutile, comme tu t'effaces, et je m'en navre – moi j'étais séduite par ton plumage, ô poule rousse, ma chère, mais voilà que tu te fais évasive, que tu désertes ton asile doré
- N'est point asile, mais cage
- de ton trône douillet, de ton cadre glorieux..
- Je prends un recul, je laisse de moi juste ce qu'il faut de présence pour veiller sur mes oeufs, et mon esprit bat la chamade
- Ton esprit ?
- Comment peux tu en juger ? qui a étudié l'imaginaire de la poule ?
- Personne c'est vrai... parce que ça existe ?
- et l'ennui... et le besoin d'évasion, le rêve d'avoir ailes qui portent loin... je veille mes oeufs et j'imagine, de toute la force de mon désir, pour eux une vie de liberté, des prés ouverts, un peu d'aventure, pas trop... de toute façon je serai là, en retrait
- Je te le souhaite... que la journée te soit douce.

et je m'en vais sans oser lui dire que je crains fort que le sort de ses oeufs, de ses enfants, ne soit beaucoup plus bref, moins libre, qu'elle ne le voudrait..
Je me console à l'idée qu'ils ne risquent rien, en fait, qu'ils sont forts, comme elle, comme mon moi passager, de n'être qu'images.

N'importe quoi..

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

La cage a été souvent utilisée au théâtre (et comme sa propre métaphore).
Les animaux aussi, mais la basse-cour ?

jeandler a dit…

La ronde des poussins dans leur coque.

brigitte celerier a dit…

normalement leur peu de talent pour le vol au long court constitue une cage suffisante

DUSZKA a dit…

Quand mes chats ne cherchent pas à faire un sort aux petites poules d'eau qui ont une liberté dangereuse autour de l'étang du hameau. On a beau leur dire à ces félins chasseurs...

Gérard a dit…

..tu as perdu la poule aux œufs durs ?