mardi, juillet 29, 2014

Temps fatigué, retaper ville et Brigetoun, l'air du temps de Jacques Salles et toujours trop de photos

matin pieds nus, yeux battus, penser au jour
penser que plus n'ai que moi, mon fond, penser qu'il est très vide, penser aux cosaques, à Paumée, à une proposition d'écriture, grimacer
penser se réfugier derrière les corvées en retard, grimacer
et m'en aller dans un monde gris vers la poste où m'attend depuis dix jours un paquet, dont je pense deviner avec plaisir le contenu,
entre restes toujours en place, restes déposés, et même feuilles mortes
et puis, en chemin, parce que j'avais le temps maintenant, et forces renaissantes dit la balance, qui m'annonçait qu'avais rejoint et dépassé d'une plume les 38 kgs, j'ai fait un détour par la cour de l'ancien archevêché pour voir une des deux expositions organisées cet été par le Conseil Général, sourire depuis le portail à la canopée de Jacques Salles (Né au Vietnam,.... a commencé sa carrière en tant qu' architecte-ingénieur, œuvrant à la construction de ponts, de barrages ou de quais, avant de devenir sculpteur ou plutôt « structeur » ainsi qu'il se définit lui-même)
et, en regrettant que le temps, dans sa version du jour grise, plate et morte, ne m'offre pas le jeu des ombres, de la lumière, et du vent donnant vie (essayer de revenir un jour bleu de mistral naissant ?), j'ai pu errer un moment, avec plaisir, entre les sémaphores... constitués d'éléments plats, le plus souvent circulaires ou carrés, en métal brut ou colorés... se meuvent au moindre souffle d'air 
le grand ruban rouge .. en tôle d'aluminium coloré, tendu entre les branches de deux platanes... un petit sémaphore mobile en son centre
et, plus ancien (1999), le couple rouge ou vert deux réseaux... faits de garcette de nylon nouée, amarrée à des structures courbes ou à des branches d'arbre, qui résistent parfaitement au vent et à la pluie.
Dans la salle basse, circuler, regarder les petites pièces, ébauches de grandes sculptures mais aussi … «mobiles domestiques»
et la vidéo où Jacques Salles explique ses intentions et les conditions de la fabrication des oeuvres
Retrouver la cour, les platanes, les sémaphores
et, au fond, la canopée blanche.... influencée par la tradition orientale des cerfs-volants et des objets en papier, …. une grande voûte blanche faite de sacs plastiques récupérés (et découpés), avec, aujourd'hui, la préparation de bandes pour remplacer celles que le vent et la pluie ont mis à mal 
et puis tourner, faute de temps, autour de la chapelle Saint Charles où sont montrées les vidéos de Samuel Rousseau et HeeWon Lee,
avant de continuer, aimant l'explosion d'un arbre, la matière d'un carton-affiche promis à la disparition, vers la poste... accrocher mes yeux aux fresques pour tenir debout dans le vide, en attendant mon tour (venu assez vite).
Sortir, et devant un tronc bellement blessé, déchirer le carton, vérifier qu'il s'agit bien d'Eclats d'Amérique d'Olivier Hodasava, avoir envie d'y plonger pour sortir enfin de mon butinage de ces temps ci - et n'avais pas vu qu'à ma surprise grande et flattée je fais partie des remerciements à la fin... me demande bien pourquoi.
Découvrir que quelques stands du marché de livres annexé au festival sont encore là... même si celui que j'avais remarqué s'en est allé, 
fouiller un peu, rapidement, parce que la fatigue m'est venue, oppressante, céder à deux envies
et partir, admirant l'organisation des équipes de cantonniers et de jeunes embauchés pour le nettoyage de la ville, le décrochage, y compris avec une pince coupante pour les ficelles les plus hautes, des affiches
récoltées par un petit camion que j'ai suivi, regardant le ballet du cueilleur de petits tas, jusqu'à la Fnac où, parce que je suis raisonnable et ne me sens pas lasse, j'ai acheté deux billets pour des concerts du Tremplin Jazz dans quelques jours, 
avant de continuer vers l'antre, de découvrir, en regardant en passant le rangement en cours des marchandises de la boutique du festival, l'existence de tee-shirts colorés que je n'ai vu portés par personne...

et puis cuisine, déjeuner, trop, re-fumer un peu trop, dormir longuement (vais reprendre poids trop vite, moi) et une partie du repassage pendant que dans la cour se succédaient petite pluie, tentative de lumière, fin de jour.

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Jamais trop de photos !
Merci pour nous faire goûter cette ambiance de fin de fête, et déguster cette exposition.
Un peu de repos "bien mérité" semble indispensable pour repasser la barre des 40 kg et nous régaler de vos prochaines sorties ! Merci pour tout !

brigitte celerier a dit…

merci…

arlettart a dit…

Angoissants entrelacs de fils qui laissent songeur
et la vie qui va ...

jeandler a dit…

Du travail pour les hommes en jaune! Le temps des soldes et des invendus.

Solange Vissac a dit…

Vraiment un grand merci pour cette immersion au long de toutes ces journées dans le festival!

Gérard a dit…

La fête est finie...belle fresque du côté de "Sempé "

Thaelm a dit…

Je ne peux plus venir en Avignon l'oeil vide
il m'en reste toujours
sur la rétine
un peu de ces images
aux quelles
accrochés comme les mobiles évoqués ici
les mots de "paumée" donnent
un supplément de lumière.

brigitte celerier a dit…

oh mddci pour ce cadeau

Olivier Hodasava a dit…

Je viens de découvrir ce post. Le remerciement c’est parce que l’un des textes est le fruit de l’un de nos échanges dans le cadre des Vases communicants ! Une bise. O.