dimanche, août 03, 2014

Mon cher égocentrisme pour le jour, jazz et déluge pour la nuit

une fois encore, me sentir un peu illégitime au milieu de ces connaisseurs, doués, etc... m'interroger
décider une fois encore de déserter les bidules «sociaux», de ne pas infliger mes j'aime,
de ne pas, non plus, persuadée de l'insignifiance de mon jugement, citer tous les billets de ceux que j'ai apprécié, et finalement devoir citer que j'apprécie, mais pas toujours, de pratiquer la politesse au risque de la courtisanerie
décider surtout de ne pas pour ma part me glorifier ou navrer de ce qui n'est sans doute qu'automatisme, gentillesse, ou politesse en retour
couper, me satisfaire de mon égoïsme
mais... ne pouvoir abandonner paumée ou des envies de participation,
ne pas théâtralement fermer comptes, les laisser mourir (et puis ça peut toujours servir dit ma petite voix intérieure)
oeuvrer, un peu, engraisser, très lentement,
revenir à discipline cigares un peu négligée depuis trois jours
et espérer que la pluie de la nuit dernière s'en est allée durablement, regarder les nuages fins comme tulle ou plus affirmés qui passent
attendre nuit, la descente vers la nuit, 

 marcher en regardant avec inquiétude les boursouflures blanches du ciel
et arriver un peu après vingt heures aux Carmes, pour l'un des concerts de notre Tremplin jazz, … attendre 
être prévenus par un des organisateurs, insistant bien pour qu'éventuellement nous renoncions, que, compte tenu des prévisions météorologiques, nous serons debout, les groupes jouant à l'intersection de deux des galeries du cloître,
traverser le cloître pour griller les autres, tenter d'avoir une place sur les marches montant au fond de la galerie face à l'entrée vers la zone technique, arriver trop tard, hésiter et m'asseoir avec des jeunes charmants, en enroulant mon chèche en coussin pour plus de confort...
malheureusement des plus grands plus forts que moi se sont installés devant moi, tenter d'apercevoir, et entendre fort bien, le groupe qui fait la première partie, après avoir été sélectionné lors du concours (concerts gratuits auxquels n'assiste pas par crainte bousculade) de l'année dernière, groupe de quatre musiciens Orioxy www.orioxy.net parce que j'avais été attirée/intriguée par ces mots dans la présentation onirique, grinçant, s'amuse, folk-song, douceur, intimité, énergies sauvages et organiques
aimer plus ou moins selon les morceaux (juste un peu moins parfois la chanteuse) – 
penser que si les platanes des Célestins jouent leur partie par temps de mistral, l'eau giclant en belles cascades des gargouilles des Carmes a parfois une participation à l'autorité un peu excessive – voir ceux qui se tiennent sous les arcs se retourner pour regarde avec inquiétude le niveau de l'eau dans le cloître, au dessus de nous

me fatiguer d'être assise et me tenir debout sur le plan incliné descendant du cloître dans la galerie, aimer de plus en plus, 
mais au moment où après avoir traversé le cloître sous une pluie raréfiée, mais en pataugeant dans plusieurs centimètres d'eau, pour être dans les premières dans la queue pipi, je me disais que je devrais renoncer, fatigue, à ce que je venais vraiment écouter, la seconde partie, avec, vedette de la soirée, Christian Scott qu'on disait dans la lignée de King Oliver, Louis Amstrong, Wynton Marsalis, Nicholas Payton par moins http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Scott,
(pour un échantillon de sa musique
(il intervient à 3.35, mais il y a aussi, outre la tendresse de la trompette, le jeu du bassiste))
le cloître a commencé à se déverser, inonder tranquillement les galeries et le concert a été annulé (je n'essaierai pas de me faire rembourser comme ils ont dit qu'ils allaient essayer de le faire au moins en partie, parce que j'imagine la catastrophe de cette organisation, d'autant que le buffet qui doit faire une bonne part de la recette a été abandonné)
refuser cinq cent euros qui m'étaient offerts pour mon petit, léger, moche, parapluie - attendre un peu que l'averse perde de sa dureté dense, 
et m'en aller, bas de pantalon trempé, sous une pluie qui se faisait rare, qui avait cessé quand j'ai atteint l'antre, qui se re-déchaîne, avec l'appui du tonnerre..

7 commentaires:

jeandler a dit…

Sait-on jamais, ça peut toujours servir. Les greniers de la mémoire encombrés.

arlettart a dit…

Roulement de tonnerre en écho et trombes d'eau ici aussi dans la Drôme des collines
Appréciée la deuxième partie que... tu proposes sans pluie Dommage

brigitte celerier a dit…

et encore et toujours ma gratitude grande à vous deux

Nana Marton a dit…

merci de ne pas "abandonner paumée et des envies de participation,
ne pas fermer théâtralement comptes"

on vous suit, on vous lit, on vous apprécie : on ne le dit pas, se sentant encore plus illégitime que vous.

au-delà du compliment, soyez sûre (rassurée ?) du plaisir éprouvé à vous retrouver chaque matin, et de la reconnaissance de votre goût, qui m'a poussée, par exemple, à commencer à creuser davantage dans les dossiers du généreux François Bon.

j'espère que, tout en approuvant ce commentaire, vous le modèrerez :-)...

Anne

brigitte celerier a dit…

merci - l'illégitimité est dans mes avis omniprésents sur tweeter

Alain L. a dit…

il n'y a pas que de la politesse dans les appréciations, il y a de l'admiration sincère, aussi!

chri a dit…

Chaque matin, tous les matins...