mardi, septembre 09, 2014

Petit voyage virtuel dans le brouillard

Le brouillard d'une légère migraine bien installée
la brume d'un sentiment de faiblesse rétrospective, après avoir vérifié, le soir, si ma paresse lasse, mes petits vertiges vite contrés, de dimanche, n'avaient pas une cause, et m'être pardonnée, avec un peu trop d'auto-apitoiement en me découvrant une vraie bonne fièvre.

S'appliquer, sans difficulté, à considérer le monde, passées les corvées minimum, avec une distance souriante, une indifférence vaguement intéressée, peiner sur les mots, la lecture, en rester à la radio, sentir agacement, le fuir dans la musique.
Et après la sieste, avant le thé, assise, pour retrouver dureté, fermeté, sur la marche qui descend vers ma chambre, regardant d'un oeil mort le sol de l'antre, ai recherché le lien avec les mots justement, tant bien que mal, jusqu'à me lever, rouvrir un fichier interrompu au bout de deux lignes, et finir un «ce serait» sans grand intérêt, un peu fuyant, mais tant pis, pour les cosaques des frontières https://lescosaquesdesfrontieres.wordpress.com, et je recopie ci-dessous un épisode précédent de mon voyage très virtuel 
Ce serait
Ce serait en arrivant à Delft, s'être perdue et se retrouver dans un monde de métal, de verre, de macadam, de couleurs laquées, de sigles – ce ne serait pas laid, ce pourrait être même assez beau, mais froidement dur - j'en serais gelée, et les traces de neige fondues que décembre aurait laissées sur quelques bouts de terre et d'herbe pauvre n'arrangeraient rien.
Ce serait buter sur un hangar d'un rouge chaud sur le ciel bleu de lumière hivernale, tourner à quatre vingt dix degrés, et redresser la tête, comme un cheval qui hume le vent, un souvenir, l'écurie peut-être, ou les courses folles de l'enfance (on peut rêver, même à partir de souvenirs de livres d'adolescent), parce que, dans l'axe, il y a un fléchissement des lignes, un espoir, quelque chose, une rangée d'arbres qui alignent en léger biais leurs bras nus, et que cela dit canal.
Dit canal, dit eau, vivante sans doute, il ne fait pas assez froid pour la glace, vivante donc et petit talus d'herbe fanée, et qu'en le suivant viendront tôt ou tard, l'espoir est là, l'humanité des briques, leurs nuances, des silhouettes de passants, quelques bicyclettes au delà de ce désert où nous errons, peut-être même le petit pan de mur jaune qui ne l'est sans doute plus, et les superbes pignons baroques.

6 commentaires:

arlettart a dit…

Rythme de la musique comme le graphisme des carreaux
Evasion...

brigitte celerier a dit…

MERCI

Dominique Hasselmann a dit…

La fièvre est comme un flux virtuel... elle peut donner des ailes.

brigitte celerier a dit…

surtout virtuelles (enfin quand elle s'en va)

jeandler a dit…

Me reste de tout ce temps une chaise ainsi mais elle est bancale.

Gérard a dit…

On dirait du Van Gogh ta première photo.
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chambre_de_Van_Gogh_%C3%A0_Arles#mediaviewer/File:Vincent_Willem_van_Gogh_135.jpg