dimanche, septembre 14, 2014

Se rencogner avant incursion dans un passé reconstitué et divers jeux

Lumière sur la cour, se laver les cheveux, tourner en rond, un peu, ouvrir, refermer, trois fichiers parce qu'envie, légère, ou frémissement d'envie plutôt, embryon fragile d'intérêt pour des textes que j'ai promis ou que me suis promis, mais être crâne blanc, dans ce corps qui se sent lourd.
Entendre, avec une indifférence bienheureuse, à laquelle je me cramponnais, le bruit qui devenait par instant vacarme qui me parvenait par dessus terre plein, rempart, la première rangée de maisons, ponctué de courtes plages de silence, le haut parleur dont les mots se heurtaient à mon esprit en refus, et puis les moteurs – penser il doit y avoir une fête sur le Rhône, être contente pour les amateurs de vitesse, et détester suffisamment cela pour ne pas être tentée de franchir le rempart. (j'ai vérifié, c'était la finale du championnat de France de Jet-ski)
Se rencogner en mon moi, comme dans cet angle rentrant de pierres anciennes, un peu dégradées dont j'ai gardé une image parce qu'elle me plaisait, que je m'y étais imaginée, bien calée dans la rudesse effritée, la longue vie à partager...

Arriver tant bien que mal à déjeuner en lisant, à siester un peu, 
et puisque fêtes il y avait dans la ville, préférer sortir - trouver le paseo des avignonnais rue Saint Agricol - pour aller me médiévaliser, avec tout l'artifice et le commerce que cela représente, en allant aux Carmes, bien solidement décidée à y prendre plaisir, 
m'arrêter en entendant, au niveau de la place de l'horloge, les tambours, les flûtes, d'un mariage, et tomber, pendant que chignons et belles robes entraient dans la mairie avec toute notre sympathie, sur quelques joueurs qui exerçaient leur adresse avec de grosses pièces en bois (il y avait des jeux à la disposition des passants sur trois places de la ville) - résister à l'envie de toucher…
continuer dans ce doux après midi d'été vers les Carmes, une tente, des petites filles en admiration devant les casques et un remailleur de côte de mailles..
errer entre les stands, les dames qui présentaient des miniatures, des jeunes femmes qui tentaient de faire fabriquer des écussons en plâtre par des enfants, les marchants de macarons, de fromages, de liqueurs de plantes et de vins, les bijoux faussement médiévaux, les petits porte-monnaie et bourses de cuir, les coiffures, les voiles, les tresses de fleurs, les associations représentées par gentes dames… 
m'amuser de brides de spectacle, d'un jongleur de couteaux sans danger et sans doute sans métal, et brusquement avoir une impression un rien désagréable devant certains stands, l'arrivée d'un groupe très vêture noire, très crânes rasés, très chaînes, très tatouages.. et voir tout d'un oeil devenu suspicieux et un peu hostile
mais derrière, dans le jardin, près de l'olivier, trouver un artisan et refaire provision de savonnettes au lait d'ânesse pour la délectation matinale de ma peau – discuter un moment avec un garçon polissant je ne sais quoi devant une tente, 
et traverser le cloître, à nouveau, en meilleure humeur, au moment où de fortes et bonnes femmes investissaient la scène, mais fuir, sortir, parce que j'étais à côté d'un noble évêque qui jouait avec un encensoir et que les diables qui sont en moi n'ont jamais supporté cette odeur..
avoir tel plaisir de la musique de danseries que jouait un groupe, qu'en ai décapité une jeune femme.. 
et partir, en faisant un détour pour boire du thé froid chez Françoise, avant de regarder un instant les joueurs sur la place Pie, 
joueurs que j'ai rencontrés une dernière fois devant Saint Didier (mais là c'étaient des jeux de tactique, d'intelligence, le genre que je comprends lentement, qui m'exaspèrent dès que j'ai compris, me donnant envie – souvenir familial – de tricher ostensiblement pour créer animation, si ce n'est que j'étais toujours devancée en cela par une de mes soeurs)
et suis rentrée, mais trop tôt, parce qu'entre temps, sur le Rhône, la fête avait gagné en intensité, avec intervention d'un aboyeur aux plaisanteries tonitruées, de voitures klaxonnant.. Brigetoun en rejet, et puis au moment où j'allais écumer ai pensé à mon regard incompréhensif sur ceux qui ne supportent pas les gens qui leur sont différents, j'ai eu honte, j'ai rangé mon exaspération, les images de gourmettes dorées, de chemises ouvertes, de ventres épanouis, qui naissaient stupidement, sont devenues comiquement idiotes avant de s'effacer – et le bruit s'est calmé…
bon, malheureusement, les basses sont revenues doucement vers 21 heures, ont pris de l'importance, ont été suivies du haut-parleur, de clameurs joyeuses de l'aboyeur, mais pour une petite heure et demie seulement… j'aurais dû aller voir.

8 commentaires:

jeandler a dit…

Les grands enfants s'amusent
tant qu'il y a du semblant
les enfants - les vrais- sont ravis.

brigitte celerier a dit…

vérité tout au long de mon chemin

arlettart a dit…

Et chaque fois se laisser prendre au jeu des retours en "médiévallerie"
Tes images sont tj étonnantes d'imprévu

Dominique Hasselmann a dit…

Ambiance Moyen-Âge, on s'y croirait !

brigitte celerier a dit…

merci, mais curieux mélange d'ambiances

joye a dit…

C'est toujours la forme, brige et avignon, à ce que je vois !

Mon RSS feed vers ton blog ne marche plus, me semble-t-il.

Mais cela ne veut pas dire que je ne pense pas à toi !

Gérard a dit…

qu'en ai décapité une jeune femme....je te crois ..on voit le sang dans la fontaine du dessous

brigitte celerier a dit…

tu as toujours l'oeil