mardi, novembre 11, 2014

Éclaircie – lourde tête lourde et voyage imaginaire suite

Après la pluie de dimanche, voir en poussant volets bleus, cour luisante d'averses récentes, comme l'annonçait la météo qui n'affiche disque d'or que pour jeudi

prendre sac de linge et m'en aller dans la ville, mes pas rythmés par éternuements et toux bien tressautants, en saluant le soleil de pierre, en avançant dans un air froid et momentanément sec, sous un ciel gris,
de trace d'humidité en trace d'humidité, sur les dalles blanches ou roses, les pavés noirs ou bruns,
la terre, les feuilles des végétaux que plantent les jardiniers, les feuilles et branches des cadavres…
sortir avec sac vide, yeux cueillant un soupçon de luminosité dans la rue entaille, yeux se levant vers le lambeau de ciel entre les maisons pour voir des promesses de bleu
passer à la FNAC pour m'offrir un jouet, tout petit, tout pas cher, bien suffisant pour l'usage envisagé, et m'en revenir
saluer la crise, si c'est elle qui diminue cette année le nombre des chalets et nous fait la grâce de conserver une sensation d'espace dans la dernière partie de la place de l'horloge
et me rencogner dans l'antre, passer le jour entre somnolence, bonbons au miel, toux, Mademoiselle Clairon, Messieurs de Voltaire, Damilaville, d'Alembert, Elie de Beaumont, Argenson, Richelieu, Messieurs Cramer, Tronchin et autres
et puis, pour saluer l'esprit d'à propos de carcasse qui choisit d'hésiter au bord de la grippe afin de se préparer au petit voyage qu'exceptionnellement je vais faire en fin de semaine (alors que nous avais juré – à elle et à moi – que ne bougerai plus jusqu'à fin de vie …) je reprends une des étapes de mon voyage imaginaire sur le blog des cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait 8 – venant d'Allemagne
Ce serait le panneau étoilé qui marquerait le passage de la frontière.
À notre gauche une rangée d'arbres aux jeunes feuilles de mai en broussaille verte et rameaux bruns, et sur le talus d'herbe très verte un arbrisseau blanc et aérien – à notre droite, une bande d'herbe et, avant une grande prairie où paissent des vaches brunes et blanches, une bande de terre, deux tracteurs, jaune ou bleu, isolés, sans trace d'humains, et une grosse machine non identifiée dont le bras jaune s'attaque aux plus proches des bosquets qui ourlent l'espace visible, derrière le pré, les vaches, les bâtiments d'une ferme éloignée -
Nous continuerions, suivant une voiture et une camionnette, accompagnés par de grands pilonnes électriques, entre haute et légère rangée d'arbres et bosquets touffus, croiserions des routes, passerions sous des ponts, émergerions dans un paysage imperceptiblement ondulé, succession de prés, de champs, de haies, de toits blottis, un enclos de terre battue d'où émergent deux très grandes tuyauteries, des labours, des terrassements avec, par dessus les talus, les coudes jaunes des machines à l'oeuvre, quelques clôtures légères, comme des symboles, une monotonie sans cesse mouvante.
Nous laisserions sur notre droite la route désignée par un panneau bleu portant en petites lettres blanches Enschede-Oost (à vrai dire je n'aurais pas le temps de le lire, sauf le Oost), continuerions à suivre les courbes tendues de la route, dépasserions sur notre droite une très grande maison rouge accroupie sous l'angle obtus d'un grand noir descendant jusqu'au sol, une rangée de petites bâtisses lointaines semblant sorties d'une boîte de jouets, qui seraient des immeubles, des bosquets noirs, des talus nous cachant les abords de la ville, une barrière contre le son, passerions sous d'étroits ponts routiers, et enfin emprunterions la courbe douce d'une sortie pour revenir sur nos pas, entre pilonnes et barrière verte ornée de grands paraphes blancs, jusqu'à rencontrer la route à deux voies qui pénètre, entre les bureaux jouant avec la géométrie, vitres et gigantesques enseignes, immeubles d'habitation neutres sans rien en eux qui arrête le regard, longs parkings, couverts ou non, petits hangars, quelques chantiers et de légers et impeccables arrêts de bus, des panneaux publicitaires, quelques humains, aussi, sur des vélos, attendant sagement à des feux, dans Enschede – une entrée de ville qui, à nos yeux étrangers, ne se signalerait que par une totale absence d'anarchie.

8 commentaires:

arlettart a dit…

Mais c'est vrai!! tu as des billets de toutes sortes pour ton escapade à Paris Chance à toi ,ne peux y aller cet Automne
Reste en forme

jeandler a dit…

Contre vents et marées
aller sans parapluie.
Paumée pas prête d'être amarrée.

brigitte celerier a dit…

merci mes amis (pour le moment assaut grippe ou gros rhume à liquider vite)

Dominique Hasselmann a dit…

Vous allez donc passer d'un voyage imaginaire à un voyage somptuaire...

brigitte celerier a dit…

euh !
bien entendu il y a la qualité des hôtes reste à être à la hauteur

Gérard a dit…

tu quitterais le navire web pour le voyage

brigitte celerier a dit…

puissance de l'amitié
parce que c'est vrai - chut - je déteste voyager autrement qu'en rêve

Danielle Carlès a dit…

pas jurer, pas jurer :)