dimanche, novembre 09, 2014

Marcher dans la lumière, retrouver le neveu

marcher sous le triomphe du bleu dur de lumière
qui fait chanter les feuilles
marcher face à la plaque de bleu dur de lumière
où jouent les fils anarchiques
avancer sur les pavés où ricoche la lumière
exaltée par les ombres
l'hiver a déshabillé de leurs bouquets les lampadaires
leur nudité proteste en croix
l'hiver a repoussé les fauteuils et tables
qui contemplent les chalets usurpateurs
et le mat des futures guirlandes sépare les aigles
et leur met dans le bec chiffons amers.

Ma journée de paresse vaguement affairée, avant un départ à l'orée de la nuit, pieds cahotant avec les talons de mes bottes sur la calade de la rue Peyrolerie 
pour retrouver, au Chêne noir, Diderot et le neveu
mis en scène par Jean Pierre Rumeau
avec Gabriel Le Doze (dont j'ai trouvé le jeu, un instant au tout début, un peu trop vieil acteur au long métier, un peu trop habitué aux tournées.. mais cela n'a pas duré, j'avais tort sans doute) et Nicolas Vaude dans celui du neveu, qui en fait parfois beaucoup, mais pas tout à fait trop, qui est musical dans ses gestes, et dans les modulations de sa voix.
photo provenant du site du théâtre
Et puis il y avait Diderot, les moments de révolte enchâssés dans les jeux d'esprit du dialogue, et ce merveilleux fou indigne qu'est Rameau le neveu.. que frère Denis, pour le rendre si humain, ne désapprouve pas tant que le dit le philosophe.
Brigetoun, dans cette compagnie aimée, se tordait les pieds en rentrant, en pensant à se replonger dans les débats entre Jacques et son maître pour rester dans même registre (plutôt que dans le théâtre).
Les lumières de l'opéra étaient encore allumées, Mireille d'Avignon n'avait pas fini son récital...

14 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

La Mireille, elle se fait la voix pour un plus grand meeting de Sarkozy ?

brigitte celerier a dit…

va se la casser - elle fait une tournée
(ai lu, par hasard, qu'elle était très dépitée par le flop relatif du retour de cet homme - bon avec Poutine elle a une valeur plus solide)

brigitte celerier a dit…

Paumée mon cher ton plus beau four depuis longtemps
pardon te demande

Fanchon a dit…

En ce dimanche matin un peu de nostalgie avignonnaise me surprend en pays alréen mais heureuse de parcourir votre billet reflétant de si belles couleurs avignonnaises.

jeandler a dit…

On parle donc encore de morale de nos jours. Rare instant.

" On avale à pleine gorgée le mensonge qui nous flatte ; et l'on boit goutte à goutte une vérité qui nous est amère."
Le neveu de Rameau.

│ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ AVIGNON │ˉˉˉˉ│∩│ˉˉˉˉ│ a dit…

Flop ? Avec quelques photos d'Avignon aussi belles ???

brigitte celerier a dit…

ma sale habitude d'avoir humeur assortie au temps !

maria-d a dit…

Giacometti créa "l'homme qui marche"... s'il vous avait rencontrée, il aurait créé "la femme qui marche en Avignon"
Cette avignonnaise bien plus attachante, séduisante, intelligente et pertinente qu'une dénommée Mireille "chevrette du Vaucluse"
;-)

brigitte celerier a dit…

c'est gentil… mais du côté voix - je chante faux, irrécupérable.. et je m'entends

arlettart a dit…

Ne chante pas .... pitié
Traversé tes domaines ce jour en grande pluie périlleuse et itou à Toulon

brigitte celerier a dit…

et là je n'y étais pour rien.. juste regardé la pluie tomber

Gérard a dit…

...Fils du frère ou du beau-frère, de la sœur ou de la belle-sœur, par rapport à l'oncle ou à la tante...ha bon ? un peu mon n'veu !

Nana Marton a dit…

belle inspiration des prises de vue, beau rythme des réflexions accolées, le tout donnant envie de voir ce spectacle.
quand même, le Neveu de Rameau mis en scène par J.-P. Rumeau, cela fait rêver !

brigitte celerier a dit…

sourire
je n'avais pas réalisé - oui