vendredi, novembre 14, 2014

Sur une intention de voyage

Réveil crâne presque dégagé mais yeux en refus de s'ouvrir complètement, frissons et migraine
Prise température – ah oui, tout de même – téléphoner au secrétariat de petit toubib, rendez vous en tout début d'après-midi vendredi pour décider de mon départ ou non samedi matin

Ne rien préparer, sauf une liste de ce qui me sera nécessaire pour passer plusieurs jours cloîtrée, vérifier qu'aucun des billets, sauf celui acheté mercredi pour le retour, n'est remboursable (ne pas savoir exactement quelles sont les conditions du dédit pour le studio)
se recueillir un instant dans la navrance de faire faux bond à ces si gentes personnes qu'allais retrouver, dans le souvenir de la possibilité de découvrir en vrai le Concertgebouw d'Amsterdam (avec espoir que mes hôtes trouvent quelqu'un pour profiter du billet), de ce qui aurait pu être à Paris :
et de ce qui aurait dû être mon Avignon avant le départ, vendredi soir (regrets un peu moindres) http://www.chenenoir.fr/programmations/saison-d-hiver-2014-2015/article/le-trip-rousseau
journée un peu lunaire, avec fièvre faisant le yoyo
reprendre, faute de mieux, un peu de mon voyage fictif pour les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com/
Ce serait 9 – en Groningue
Ce serait en février, saison de terre brune et de squelettes d'arbres roux dans le gris du ciel.
Ce serait, au départ de Delfzijl, suivre l'Hogelandsterweg, suivre, regarder, laisser, sur la piste cyclable qui avancerait à courte distance à droite de la route, quelques cyclistes qui, dans cette plaine immensément plate, nous sembleraient héroïques, même si les distances se révélaient moins grandes que le pensions.
Ce serait dépasser quelques grosses fermes, grands bâtiments accroupis sous leurs toits sombres, les boqueteaux où se blottissent les maisons de Nansum, et puis quitter la route pour nous enfoncer dans Holwierde, en traversant un lotissement, tâtonnant pour découvrir le village et, sur son terp, la sage église de briques beige et rose sombre, son toit de tuiles assorties et son clocheton d'ardoises...
Ce serait, au niveau d'une grosse ferme, rejoindre la route nationale pour continuer toujours plus au nord, et pendant que nous longerions des champs, des fermes, une grosse auberge, je sentirais le sommeil me gagner, et abandonnant mon chauffeur, le laissant conduire en paix, je me laisserais glisser sur le siège jusqu'à trouver une position presque confortable pour m'enfoncer dans une absence.
Ce serait me réveiller dans un paysage de terre, d'immenses éoliennes, de grandes grues, de hangars, de quais et d'eau grise, à Eemshaven, circuler un moment dans les allées du port, admirer, grelottant un peu en vague crainte, cet univers auquel me sentirais désespérément étrangère, avoir l'envie irréaliste d'en être, et puis regagner la route, traverser Uithuizermeeden, sourire à la sirène qui nous accueillerait au centre d'un rond point, à l'entrée dans le village, sirène que nous retrouverions sur le mur de quelques maisons, et à Uithuizen, dormir sous une frise d'écureuils et de coeurs réservée à ma seule chambre... ne sais ce qui figurerait sur les murs de celle du chauffeur, j'ai oublié de le demander. 

7 commentaires:

Francis Royo a dit…

Tous mes vœux pour votre santé et votre voyage à Paris si alléchant.

Marie-christine Grimard a dit…

On vous souhaite un prompt rétablissement ... Et beaucoup de soleil !

arlettart a dit…

Ce serait dommage ...

jeandler a dit…

Un billet pour Tobrouk.
Retour en bonne santé.

Dominique Hasselmann a dit…

IL est étrange que cetLe pièce du Chêne noir s'appelle "le trip"...

On espère vraiment qu'il pourra avoir lieu !

brigitte celerier a dit…

Rousseau était souvent en plein trip, non ? vu par Voltaire… sauf quand il disait du mal des frères philosophes ou écrivait la lettre sur ies spectacles

Gérard a dit…

...rien n'est impossible avec la SNCF, allez on y croit ! !