commentaires

désolée, Paumée se veut à l'abri, sauf quand un acte fait déborder le vase, des allusions à la politique ambiante.. et si je suis reconnaissante aux envies de commenter je vous demande de me pardonner de rétablir la modération

samedi, décembre 13, 2014

Casanière toujours, avec sortie dans la nuit pour «le contraire de un»


Jour résolument paisible, écouter, tout énervement bridé, les débats, avec des ellipses quand il s'enlise, d'autant que cela amène souvent de petites horreurs mielleuses, sur le droit d'asile, avec sur ma table, migrations – état des lieux 2014 de la Cimade, même si l'immigration et l'asile (sur lequel portent d'ailleurs les chapitres 3 et 4) ne SONT PAS la même chose, mais l'UMP s'entête à faire l'amalgame, et la majorité actuelle est loin d'être à l'abri de critiques dans les réformes proposées... (et se garder d'en vouloir aux chrétiens d'orient qui sont, n'y peuvent rien, opposés à tous ces autres demandeurs d'asile, forcément douteux)
Thé presque trop fort, emmitouflage
et départ dans la nuit vers le théâtre des Halles pour assister à une lecture musicale, par Nicolas Geny, avec Cyril Darmedru (machines) et Guigou Chenevier (percussions disait le programme), de six des nouvelles de Le contraire de un de Erri De Luca
Deux n'est pas le double mais le contraire de un, de sa solitude.
Deux est alliance, fil double qui n'est pas cassé. 
L'ambiance agréable de ce théâtre, de l'attente, Timard et ses oeuvres, le constat une fois encore que c'est là que je côtoie en étrangère les avignonnais de mon âge, brigetounien-compatibles ou mieux, qui me donneraient envie de les connaître, et que c'est agréable.
Je prélève dans la présentation du spectacle par Guigou Chenevier, lue avant de me décider
.. recueil … où se mêlent ses récits de luttes ouvrières vécues dans l’Italie des années 1960, avec ses expériences de solitude extrême éprouvées au sommet de La Cima Dieci et de quelques autres monts transalpins... La langue de l’écrivain est tout à la fois âpre et musicale. Ce côté musical avait déjà séduit le comédien metteur en scène Nicolas Gény lorsqu’il réalisa il y a quelques années, avec la comédienne Sophie Mangin, une lecture sur des textes de Erri De Luca, avec, comme support, des extraits musicaux de plusieurs de mes disques. Le Contraire de Un sera une forme artistique rapidement montée, tout à fait en phase avec l’écriture nerveuse de Erri De Luca. Un «ovni» artistique une fois de plus inclassable, dont l’objet serait de dénoncer les dangers de la solitude sociale, de l’individualisme et de la mise à mort des solidarités collectives.
Les deux musiciens, en soutien léger pendant les lectures, l'un avec un ordinateur et une platine, l'autre, Gigou Chevrier je crois, avec claviers et machines, leur musique qui s'offre des plages pour s'épanouir entre les nouvelles ou comme ponctuation marquant des changements de registre. La diction soigneusement neutre, les quelques trébuchements très légers qui marquent notre possible fragilité, de Nicolas Gény.
Quatre nouvelles
vent de face – phrases courtes et nettes comme un constat, celui qui reste contre un mur entre filles et garçons en fuite et les militaires ou policiers, qui jette quelque chose qui entrave l'avancée de ces derniers, la brutalité, le sang, celui qui a l'habitude de ces choses et conseille, retrouvé dans le car, l'apprentissage, la confiance, l'action, cette génération (née juste après guerre, les jeunots) qui découvre la lutte avant 75, les générations suivantes qui s'accomodent et puis ceux qui sont jeunes en 2000, les regarder, les accompagner.
le retour d'un ouvrier de Turin à Naples qui le laisse étranger et la langue se charge de poésie concentrée et discrète,
une course en montagne avec une qui voulait qu'on la tue,
et la jupe bleue de la jeune fille élevée dans un cours privé prise dans une descente de police dans le local de fabrication des tracts, mais que l'on renvoie chez elle en l'appelant Mademoiselle (fraternité puisque sororité est si laid)
Et sur le chemin du retour, pour me rendre confortablement comique mon bonnet enfoncé, la grande écharpe et la doudoune, la presque douceur de l'air.
et puis un caprice de blogger pour les caractères

5 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Erri De Luca n'en manque pas non plus, de caractère(s) !

Brigetoun a dit…

mais n'ai aucun problème avec le sien (au contraire)

arlette a dit…

"Double je" à reconsidérer...
"Je" est un autre dit le poète

jeandler a dit…

Les caractères de l'ombre. Pas tout à fait la nuit, pas tout à fait le noir absolu.

Gérard a dit…

caractère ou pas ne pas se fier à la première impression