vendredi, février 13, 2015

Ciel bleu - reprendre l'hiver

La main de l'arbre dans le ciel, un doigt qui gratte au risque d'écailler le bleu
Mes doigts dans le crâne, à la recherche de réponses aux questions qui se posent, avec précaution car les réponses ne me plairaient sans doute pas.
Alors, vaquer, lire, reprendre un ce serait paru sur les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com , pour nourrir paumée, et parce qu'à tort ou raison, l'aimais bien.

Ce serait 20 – l'hiver
Ce serait au Musée d'Orsay une rencontre amicale.
Elle serait descendue de la porte de l'Enfer, elle se serait assise, repliée, se contemplant, et comme Rodin lui aurait donné le nom de Belle heaulmière elle se chantonnerait doucement, en désolé murmure intérieur
Quand je me regarde toute nue
Et je me voy si très-changée
Pôvre, seiche, mègre, menue
Je suis presque toute enragée... parce que François Villon le mauvais garçon sait comme nulle autre prendre voix d'humble femme.
Mais en fait, non, ce ne serait pas là la belle heaulmière, la sombre pensée de bronze, mais l'hiver le marbre taillé par Victor Peter à sa ressemblance.
Passée de l'ombre de la déchéance remâchée à la plainte lumineuse de la neige, ou du squelette qui attend, s'annonce sous les baroques draperies, les lambeaux de chair distendue dans l'âge et l'absence,
ce squelette qui reste là, qui dit qu'elle fût belle, qui le demeure
et au dessus de l'ovale décharné du visage, le crâne est doucement, tendrement, arrondi
et le cou est long, et les clavicules saillantes se relient doucement aux bras fins qui se souviennent de leur tendre modelé
et sous les seins et le ventre mous, se dessinent les belles proportions d'un corps souple que l'un de ses amants disait de liane, pauvre gars devenu par sa grâce poète sans originalité, à l'impossible nul n'est tenu,
et les longues cuisses, et les tibias, les grands pieds minces se souviennent de sa marche triomphale, traversant un pré, un matin d'été, sous le regard de son ami.

Et je ne sais si elle se lamente avec la véhémence de la belle heaulmière, ou si elle se souvient en douce nostalgie.

10 commentaires:

Gérard a dit…

...passer son temps à se regarder le nombril...on en oublie les autres

brigitte celerier a dit…

euh.. comment prendre ça ?

Elise a dit…

douceur de l'incantation, en elle, par elle, ne s'effacera pas ce qu'elle a été, jamais

annajouy a dit…

quelle merveilleuse statue. , expressive jusque dans sa blancheur. je voulais le souligner parce que je l'ai manquée chez les Cosaques

Marie-christine Grimard a dit…

Un hiver coiffé de bleu sans griffe et une belle reprise taillée dans le marbre, voilà qui donne envie de se lever pour aller voir la couleur du ciel d'hiver. Merci !

Dominique Hasselmann a dit…

Cette photo du ciel avec les branches est toute pure.

(Aujourd'hui, deux "Cosaques" pour le prix d'un seul !)

brigitte celerier a dit…

mais comme j'ai mis à mal mon mac, et ne peux plus rien ou presque pour les photos, je pense que vais en profiter pour me déconnecter pour un temps plus ou moins long

Julien Boutonnier a dit…

Votre texte est très beau je trouve. J'aime beaucoup. Merci.

brigitte celerier a dit…

MERCI

Gérard a dit…

Réflexion en regardant la sculpture