jeudi, février 26, 2015

Rien à déclarer du côté du ciel

voilà qui m'ennuierait bien ces temps ci
voilà qui ne serait pas tout à fait véridique
le vent, ce matin, avait tourné et forci, venait sur nous, avec un début de vigueur , non plus du nord ouest mais bien dret du nord, comme un éphémère mistral 
et avait de nouveau nettoyé notre ciel
voilà qui prenait davantage sens à la fin de l'après midi, quand m'en suis allée vers le Chêne noir pour assister à l'un des deux spectacles des Hivernales pour lesquels ai eu des billets, rien à déclarer du côté du ciel, donc, de la Compagnie R O, compagnie fondée par Mathieu Heyraud, un ancien danseur de Gallotta, spectacle ainsi présenté sur le programme
Mathieu Heyraud nous livre sa vision personnelle de la propriété, de l’appartenance des espaces que l’on partage et de nos manières de les investir. En s’emparant du ciel comme espace chorégraphique, il tente de répondre à une proposition impossible d’où émergent des réponses poétiques. Il imagine des fictions passées à partir de détails insignifiants et transforme le travail de recherche en objet spectaculaire posant le spectacle comme acte à la fois essentiel et dérisoire.
J'ai trouvé, le matin, une vidéo/teaser qui annonce d'emblée ceci n'est pas un spectacle mais qui n'en est pas moins d'une jolie malice
et sur le programme de salle … Ceci n'est pas une conférence de physique quantique sur la théorie des multivers/ Ceci n'est pas une scéance de spiritisme/ Ceci n'est pas vraiment sérieux/ Ceci n'est pas un hommage à Pina Baush, Mary Wigman ou Maurice Béjart/ Ceci n'est pas un témoignage télévisé à visage masqué/ Ceci n'est pas un nuage, une étoile ou la lune/ Ceci n'est pas mon vrai visage/ Ceci n'est ni croyance ni savoir. Ceci est un spectacle, quoique...
Et c'était en une heure une succession de moments dont ne vois pas très bien comment parler, une étrange spectatrice à tête de chat noir, veste de fourrure, pantalon noir très serré, grande crinière synthétique d'un noir brillant (j'en béais d'envie) et beaux grands pieds (Céline Larrère), se levant, descendant vers la scène, avec la lenteur d'un chat qui daigne se déplacer, s'y hissant pendant que sortait de l'obscurité une haute silhouette masculine dot la tête est une boite rectangulaire métallisée.. leurs déplacements un peu maladroits, comme à la découverte de l'espace – surtout pour lui qui ne voit pas - dans la pénombre sur un sol parsemé de lumière comme les tâches de soleil sous des arbres bornant une clairière
la tête de Mathieu Heyraud délivrée, ne gardant qu'un petit loup noir, la chatte débarrassée de sa veste, une ébauche de danse sur bleu bleu bleu le ciel de Provence, danse gauche, évaluation de l'espace, prise de possession du plateau, danses qui peu à peu rentrent furtivement en écho l'une avec l'autre, qui se rapprochent, s'écartent, rendant sensible le volume d'air qui les sépare etc...
et puis trois torches comme des éclairs en chute, le noir, une assez longue attente pour que le public se tende, et la lumière revenant, avec plus ou moins de force, sur la première moitié du plateau, fermée par un rideau noir divisé en deux panneaux, là où la courbe du choeur de la chapelle se dessine...
commence la plus longue partie du spectacle, une succession de moments, de jeux des deux danseurs visages nus (trouve à Mathieu Heyraud une vague ressemblance, assez troublante sur ce corps dansant ou trébuchant presque, avec le roi George V) jeux avec l'espace, l'obscurité, les lumières, avec ce drap noir - les entrées lentes en se faufilant par la fente, la reptation sous le tissu, les corps lancés le repoussant... du silence, un désordre comique dans les gestes, des moments de musique et de danse ouverte, gracieuse, des arpentages, des corps qui se fuient, des heurts de fausse maladresse, l'espace ou son manque devenu visible etc... une fermeture du rideau rouge à la limite de la scène, un jeu d'ouverture et fermeture pendant qu'il danse un salut, des phrases quotidiennes, absurdes, philosophiques échangées dans le noir... rideau ouvert les deux danseurs, vus de dos, devant des pupitres, modulant un texte un peu décousu, déclenchant des gloussements dans le public, les voix s'accordant en une musique verbale... retour à la danse (j'en saute beaucoup, que regardais avec jouissance souvent, et quelques perplexités)
et pour finir un lapin blanc aux longs poils soyeux, seul face à nous, nous regardant en remuant son nez avec circonspection.
Saluts
et retour aux prises avec quelques rafales.  

6 commentaires:

annajouy a dit…

j'imagine mais est-ce vrai, qu'il fallait simplement se laisser imbiber d'images et de sons et laisser l e sens se cristalliser plus loin , plus tard ou dans le secret....?

brigitte celerier a dit…

à vrai dire le jeu avec l'espace, la prise de possession était évidente, volontairement évidente
mais l'ensemble avançait un peu cahin cana, a plu mais dérouté plus d'un

Dominique Hasselmann a dit…

le ciel est une source d'idées inépuisable...

Luc Comeau-Montasse a dit…

Ce cahin caha ... me va
tant de créations sont si raides de pensée et vides d'hésitation chair.

Merci pour ce partage

brigitte celerier a dit…

Dominique j'en abuse un peu tour de même
appliquant le quand vous ne savez de quoi parler ou ne voulez pas parler de quelque chose il reste le temps qu'il fait

brigitte celerier a dit…

Luc merci pour votre passage