mardi, avril 21, 2015

Je me souviens que je ne connaissais pas


Matin, ciel qui de bleu très pale avait glissé au blanc
pour se crever en bleu «manteau de la vierge» lors de mon retour.
Souvenir de ce jour, mardi je crois, où les robes d'été saluaient joyeusement la caresse tiède de l'air, le bleu irradié du ciel.
Souvenir de ce jour, oui, c'était mardi, où je suis montée, le soir venu, vers l'opéra avec un peu de perplexité mais une curiosité joyeuse, pour découvrir un opéra dont j'ignorais l'existence (comme celui que vais écouter dans une dizaine de jours, mon inculture est sans fond), qui a été créé, sans grand succès, en 1954 au Festival d'Aix-en-Provence, et rarement repris depuis : les caprices de Marianne d'Henri Sauguet, sur un livret de Jean-Pierre Grédy, d'après Musset (plaisir de saluer au passage des bribes de vers qui réveillaient mes souvenirs), opéra choisi cette année pour être monté par le Centre français de promotion lyrique, quatorze maisons d'opéra de région et l'Avant-scène Opéra (Suisse).
Plaisir certain, sans doute plus pour l'intérêt de cette musique personnelle, ces airs, assez rares d'ailleurs, harmonieux, presque classiques, cette orchestration plus inventive, qui ne colle pas vraiment au rôle de passéiste qui lui fut infligé, qu'il revendiqua finalement plus ou moins, que par totale adhésion.
Je n'ai pas adoré le décor, mais m'en suis accommodée... j'ai trouvé la mise en scène efficace, un rien minimaliste (et la petite partie, qui se veut bouffe, illustrant la gaité légère d'Octave est un peu fête de patronage loupée – sentiment tout personnel) mais rendant bien le schéma des rapports entre les personnages, permettant aux chanteurs de les incarner.
J'ai plus apprécié le jeu que la voix de Philippe-Nicolas Martin (Octave), bien aimé le charme légèrement gauche de Cyrille Dubois (Coelio), toute la distribution, en fait, et surtout Claudio (Thomas Dear)
Le rôle de Marianne, que chantait Zuzana Markova, est souvent dans le suraigu, mais contrairement à une critique lors de la représentation à Reims, et alors qu'en général je redoute les aigus des chanteuses, j'ai trouvé qu'elle s'en tirait avec brio et sans que cela rompe la ligne musicale.   
J'ai trouvé cet après-midi une vidéo reprenant des passages de la version à laquelle j'ai assistée (il y a des différences de distribution d'une ville à l'autre)
avec malheureusement un son d'assez médiocre qualité
alors, pour la voix de Zuzana Markova : son interprétation de la Traviata à Marseille il y a un peu moins d'un an

6 commentaires:

annajouy a dit…

difficile de partager ces émotions ...nous manque l'air du moment..;-)

brigitte celerier a dit…

d'émotion, de toute façon, il n'y avait gère
juste un plaisant intérêt

Dominique Hasselmann a dit…

Vu seulement à l'instant que "Paumée" était revenue...
L'opéra est donc une bonne médecine contre une certaine lassitude !

arlettart a dit…

Une échappée comme le vent qui passe dans les arbres

pascale a dit…

Très belle voix et sobriété pour cette Traviata...avec Zuzana Markova, merci à vous.

brigitte celerier a dit…

l'opéra n'est pas sans qualité (meilleur que le prochain programmé je le crains)
par contre j'ai bon espoir pour ce soir