vendredi, mai 15, 2015

Jeudi, je suis montée

matin dans la cour, ciel brouillé,
rose qui oscille, épanouie, débordante, à la limite de sa déchéance
mais petit espoir, qui comme chaque année sera déçu, devant certaines petites branches d'olivier-fou.
Et puis, comme, contrairement à ce que pensais, le ciel après le déjeuner était d'un bleu légèrement tourmenté, un bleu où je croyais voir roder l'éventualité d'un futur orage, mais bleu, ai mis dans mon sac le kobo et suis montée vers la place du palais, la rampe grimpant vers le rocher et le jardin;
adressant l'humble salut de mon rosier et de mon olivier à leurs grands frères vaillants
constatant (je grimpe à peu près une fois par an) que la vigne n'a pas encore été replantée (nous vendangerons à nouveau une vigne inexistante)
Un coup d'oeil sur la vue, un banc sous l'arbre, sans trop de soleil, puisque les deux à l'ombre étaient occupés et me replonger dans le premier tome du journal de la crise de 2006, 2007, 2008, d'avant et d'après de Laurent Grisel http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771192/journal-de-la-crise-de-2006-2007-2008-d-avant-et-d-apres avec toujours le même accord global, et les mêmes nuances, puisque sommes différents (et sans doute parce que le temps a passé et nous avons appris, si je ne sais toujours pas et ne saurai jamais quelle est l'issue imaginable, compte tenu de la résistance de ce qui cause ces crises) – texte beaucoup trop foisonnant pour que puisse en parler,
en rester à citer la phrase sur laquelle l'ai repris
Ce n’est pas à une institution comme le Conseil de l’Europe d’organiser une lutte pour recouvrer la souveraineté, c’est aux peuples. Mais les peuples dorment, ou plutôt ils sont éveillés à d’autres sujets, et les gouvernements qui se sont couchés restent à l’horizontale. (7 septembre 2006 à propos des prisons secrètes de la CIA)
à noter cela parce qu'en lisant, l'idée m'en est venue (un peu arbitrairement), sur les articles, discours, qui se penchent sur les pauvres, les exclus, avec une pitié réprobatrice (ils sont forcément d'une façon ou l'autre en faute)
Péroraison de l’article. La honte est une arme puissante. Elle ne devrait pas être tournée contre les déjà blessés et injuriés, mais contre les agresseurs : honte à GM et à Ford pour avoir mis tous leurs œufs dans le même panier des 4x4 suceurs de carburant… Honte aux PDG qui ont des revenus à huit chiffres quand leurs employés les moins bien payés doivent faire la queue à la Banque alimentaire… Honte au Congrès qui nous laisse avec une assurance-chômage qui ne couvre que le tiers des licenciés…
Sa conclusion : tous les autres devraient se tenir tête haute.
Ma conclusion : parlons d’économie, de politique, de société, de civilisation, non de vous, personnellement ; non de toi ou de moi ; parlons de nous, d’eux ; etc.
continuer (crise américaine, explications, prévisions, Israël...) et puis comme mon banc est maintenant complètement au soleil et que mon crâne chauffe tout doucement
tourner jusqu'à me trouver au dessus de la prison, de l'escalier Saint Anne, choisir un nouveau banc, reprendre à
Surtout la chute de l’immobilier qui les ruine, les jette à la rue, détruit l’emploi lié à l’immobilier et à la consommation, etc. Donc pas seulement les «classes moyennes» (c’est qui ?) mais la classe ouvrière aussi, surtout. Déjà bien délaissée et méprisée. Ce ne sont pas les ouvriers que les puissants menacés sauveront en premier.
Réduction de moitié. Non plus la superpuissance mais un pays moyen, en moyenne. Et, vu les écarts entre riches et les autres, un pays «moins développé» comme ils disent. (samedi 30 septembre, en lisant les bulletins GEAP du Laboratoire européen d’anticipation politique)
lire jusqu'à ce passage, le 9 octobre 2006, à propos d'un article de Jean-Pierre Bompard, CFDT, dans le Journal de l’environnement.
Bon sang, la pédagogie. Ils savent. Je comprends. Ils savent et ils vont nous expliquer.
Mais s’ils ont commencé par admettre le cadre de réflexion imposé ? Justement le cadre qui engendre ce qu’ils veulent combattre ?
Et que deviendront ceux qui comprennent mieux que toi et que tu prétends pédagogiser ?
Tout d’un coup je suis très fatigué. Hocher la tête, me reconnaissant dans ce je.. et réagir en me levant...
tourner au bout du bassin, m'installer près de tables et d'un groupe de mères et d'enfants réjouissants de vie, rallumer le kobo, voir passer Goldman Sachs dont nous, néophytes, apprenions l'existence, et puis sourire amicalement à cela (parce que pourrais le dire encore plus facilement)
je ne suis pas un militant qui essaie de convaincre les cadres de son parti, je n’en ai pas, je ne suis dans aucun (moi j'ai cessé ma courte vie avec un) ; je ne suis pas un économiste qui apostrophe ses collègues, je ne suis qu’un clampin autodidacte ; je n’écris dans aucun journal — et ainsi de suite.
Je ne suis rien.
Et toute cette collecte d’infos, je n’avais encore jamais fait cela, à cette échelle. Qui ne sert à rien, dont je n’arrive à rien faire dans l’immédiat, qui est trop grosse.
Et puis sur (le 29 octobre 2006)
Titre du journal Le Monde, article de Jean-François Fogel,: « Mexique : Vicente Fox dépêche des forces fédérales à Oaxaca». Ah, c’est bien, on en parle au moment de la répression. On va pouvoir pleurer, ça ne gênera pas les tueurs. Avant on ne disait rien, ça ne dérangeait pas les censeurs. On n’allait quand même pas donner écho à une révolte. Sait-on jamais la sympathie que cela aurait pu soulever ? éteindre ma petite machine
et redescendre vers l'antre, un thé, l'arrosage, des petites tâches.

9 commentaires:

pascale a dit…

Partout des "clampins autodidactes" qui s' agitent à collecter des infos
pour ne pas désespérer et renoncer...

jeandler a dit…

Chacun n'a-t-il pas le peuple qu'il mérite ?

tanette2 a dit…

J'aime beaucoup la rose dans ta cour. Tu as fait une belle promenade en compagnie du Kobo (dont j'ai ainsi appris l'existence...hi hi)

brigitte celerier a dit…

le plus léger, le plus rustique, le moins cher des instruments de lecture

arlettart a dit…

lecture sous les ombrages ...
Mots durs ! loin du romantisme proposé

Dominique Hasselmann a dit…

Ce promontoire au-dessus du Rhône dont on aperçois le pont qui l'enjambe à moitié, une promenade que peu de "festivaliers" feront prochainement...

Belle ténacité de Laurent Grisel car l'actualité est dévoreuse, même de ses lecteurs.

brigitte celerier a dit…

si tout de même, certains, comme endroit frais pour une pause (il est vrai qu'il y a le square près du Syndicat d'initiative)

Françoise Dumon a dit…

les alentours du Palais offrent de nombreuses montées, et descentes par là même. J'ai du mal à reconnaître celle qui a une rampe centrale, pente rapide ? ou Vieille Juiverie ? J'oublie déjà !

brigitte celerier a dit…

Françoise, pente rapide, un peu moins rapide que la petite juiverie (et fait moins un détour pour moi)