jeudi, mai 28, 2015

Les jours se suivent.. et retrouver les mains

les jours se suivent et se ressemblent
éblouissement lumière et petit mistral

avancer d'une caresse presque chaude aux frissons, et de la fraîcheur rude à la quiète tiédeur
J'ai trouvé des sacs poubelles de 10 et 20 litres après deux jours de recherche et cinq boutiques, on a les joies que l'on peut
Saint Didier se voilait du bruissement des feuilles
et les platanes condamnés jouissaient de leur éclat vert
tentative de trouver des mots, pour les cosaques ou la maison, tête au soleil contre branches secouées, idées voltigeant sans se fixer
reprend un ce serait antérieurement publié par les cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 28 – déchiffrer les mains
Ce seraient, un peu estombées, rendues floues par le souvenir, deux mains nouées, écrasées l'une dans l'autre, pressées sur un bas-ventre, dans les vagues d'une toge, d'un drapé, d'un drap, d'un linceul, deux bras sombres énergiques dans leur expression comme les profonds plis du tissu qui hissent le regard, au delà de l'oeuvre, qui hissent le corps vers son dépassement.
Ce pourraient être deux mains tordues dans un désespoir, une douleur.
Ce pourraient être deux mains se blessant l'une l'autre pour donner un ancrage à un désarroi envahissant, insuportable, le fixer en un point, lui donner forme, le circonscrire.
Ce serait bien ancrage, retenue, convulsion du corps terreste que l'esprit tente de rejeter dans son envol.
Ce serait le noeud de la chair qui se pâme.
Ce serait la crispation de douleur du corps qui se tord dans la flamme heureuse, dans la souffrance suave de l'embrasement, disait l'une, de l'amour de Dieu.
Ce serait manifestation de l'humble corps résistant à l'ennivrement glorieux de l'âme.
Ce pourrait être les mains contractées dans le long silence, le désir impuissant, l'attente de l'extase.
Ce serait l'image de cette ardeur dont se méfiaient la hiérarchie de l'église, les directeurs de conscience, les inquisiteurs, ceux qui étaient en charge de la piété ordonnée.
Ce serait mon, notre interrogation.. nos tentatives d'interprétation raisonnable.
C'est la joie du trait puissant, sa souplesse, sa grasse épaisseur qui s'affine en tension nerveuse, la sensualité et l'élan du dessin, dans cette étude et plus encore dans les grandes silhouettes tordues qui se balançaient dans l'ombre du choeur de la chapelle Saint Charles, comme jetées pour s'arrimer au hasard à la voute, ces portraits par lesquels Ernest Pignon Ernest a voulu évoquer Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen et sa sublime louange, Angèle Foligno et ses visions, Catherine de Sienne et sa force généreuse, Marie de l'Incarnation, Madame Guyon la patronne du petit troupeau quiétiste et la grande Thérèse d'Avila que tant admira, le temps de se préparer à devenir femme, la Brigetoun de dix ans...
P.S. La photo est une de celles que j'avais prise, comme pouvais, lors de l'exposition, intitulée Extases, d'une centaine de dessins, de croquis préparatoires et des portraits en pied, des sept mystiques énumérées ci-dessus, oeuvre d'Ernest Pignon Ernest accrochée dans la chapelle Saint Charles à l'initiative du Conseil Général du Vaucluse, pendant le festival 2008.
et j'ai trouvé, après avoir retrouvé cette image et rêvé sur elle, un lien vers un article nourri lors de la reprise de cette exposition (octobre 2010/janvier 2011) au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis http://www.voir-et-dire.net/?Ernest-Pignon-Ernest-Extases
«Le travail que j’ai mené sur Naples durant de nombreuses années m’a amené à lire Thérèse d’Avila, puis les écrits d’autres grandes mystiques (d’elles ou de leur confesseur). Probablement, parce que j’ai fait du corps l’objet et le sujet de toutes mes explorations, ce qu’elles ont dit de l’âme et du corps m’a fasciné.»

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

J'avais entendu l'autre fois sur France Inter (dans "L'Humeur vagabonde", je crois) Hélène Cixous parler de son dernier livre sur cette sainte hors normes - si l'on peut dire.

Hue Lanlan a dit…

oh oui ce que le corps et les choses disent de l'âme,
quotidien ami

brigitte celerier a dit…

une sacrée bonne femme (fort caractère)

arlettart a dit…

Et le trait tout en tension de l'artiste me fascine toujours
Le panthéon moins ! il a d'ailleurs " galéré"

brigitte celerier a dit…

en plus il ratissait large : Madame Guyon ? (bon j'ai pour elle les yeux de Saint Simon)

jeandler a dit…

Il n'y a pas de petites choses; rien que des grandes. C'est notre esprit qui rapetisse le monde.