jeudi, mai 07, 2015

Mercredi 6 mai


Mauvais réveil aux petites heures, un ego qui remâchait ma collection de petites humiliations alors qu'il n'avait rien à voir dans le minuscule renoncement qui s'imposait, retour entre draps, fermer résolument les yeux et revenir au jour, un peu plus tard pour un moment d'auto-ironie, un salut au ciel dégagé, et un départ dans les rues en quête de légumes et d'un fer à repasser
une petite brise si légère que n'était qu'idée de souffle, le soleil et les ombres sans violence, le calme de la place Saint Didier
et chez le marchand de légumes de la rue des Fourbisseurs, pour asperges et tomates vertes, les jolis artichauts chrysanthèmes des Rognonas (me sont interdits – ne les aurais sans doute pas aimés – mais si charmants...
Une grande paresse, une utilisation si modérée du fer neuf qu'elle n'a guère entammée le tas de défroissage des vêtures estivales, quelques incursions, dos au mur et chapeau sur tête parce qu'enfin le soleil est un peu trop virulent, dans les 770 pages d'Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours d'Howard Zinn, la rencontre, entre autres, de femmes en lutte avant les sufragettes, les ouvrières grévistes de Dover en 1828, de Chicopee en 1843.. et Catherine Beecher, Nancy Cott, Emma Willard son Séminaire des femmes de Troie et l'éducation des femmes, Harriott Hunt ses candidatures à l'Ecole de médecine de Harvard et son exercice de la médecine à partir de 1835, les conférences pour la Société américaine contre l'esclavage de la minuscule Lucy Stone, Amelia Bloomer et ses culottes bouffantes, et les remarquables Angelina et Sarah Grimké, Margaret Fuller, Dorothea Dix, leurs luttes conjointes pour l'abolition de l'esclavage et la place des femmes... et, involontairement, contre ma pile de repassage.

La lumière fléchissait en pensant au soir, m'en suis allée, parce que cela fait partie de l'abonnement opéra, à cause d'un faible mouvement de curiosité, vers l'opéra pour assister à l'Hamlet d'Ambroise Thomas, mon assez faible intérêt raffermi par la lecture d'une bonne critique (en refusant d'y sentir un très fort parfum de réclame) http://www.forumopera.com/hamlet-avignon-le-souffle-de-shakespeare (y ai rapté la photo de Cédric Delestrade ci-dessous - Gertrude et son fils)
Une certaine réserve donc, une hésitation.. parce que, oui, Shakespeare est un rien malmené, et que je n'ai pas grand goût – ignorance ? - pour la musique d'opéra de cette époque (la trouve généralement un peu lourde, dois être trop futifu) , mais... il ne faut jurer de rien
Seulement il est tard, j'ai faim et sommeil, nous ne sommes pas en période de festival quand les spectacles s'enchainent.. alors j'en reste là pour ce soir, fatiguée et contente.

6 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

La rue des Fourbisseurs est tout un programme à elle seule...

brigitte celerier a dit…

un des charmes d'Avignon : avoir gardé un assez grand nombre de ces vieux noms

pascale a dit…

A Corbeil-Essonne c'est rue des Fournisseurs avec un vieux c... charme...je cherchais le nom.

arlettart a dit…

Shakespeare souvent à toutes les sauces , lourdes ou allégées

Gérard a dit…

rue des Fourbisseurs, les tomates deviennent une arme.

brigitte celerier a dit…

prudence : ne pas fourbir avec trop d'énergie