mercredi, mai 20, 2015

Variété en gris

ciel gris jusqu'à la pluie pour accueillir le jour

mais au mitan des transparences dans la couverte qui laissent passer la lumière, un soleil à peine tamisé, pour que je lise un chapitre du livre en cours, cul sur la table, dans la cour tiède, avant de me mettre à la cuisine.
Couler le jour..
En fin de journée, à sept heures, partir, petit parapluie au fond du sac, et yeux inquiets scrutant les boursouflures en camaïeu gris du ciel
sauf quand une odeur croisée me faisait baisser les yeux, cueillir une fleur des feuilles pour les froisser en continuant
vers petit toubib, s'asseoir dans la salle où trois personnes attendent déjà, ouvrir le livre apporté – qui sera bien trop court, même en savourant lentement – la vie de Fabrice Caravaca rencontré l'autre soir à la Manutention, sur
Nous n'avons plus le choix. Il y a de grands arbres. Et des histoires tout en haut. Il y a aussi du vert et de la couleur et aussi de la lumière un peu plus loin…
et repenser à la fin du trajet, regarder mon appareil, vérifier que les deux dernières images sont en communion avec ces lignes.
Continuer, aimer, se sentir parfois un peu vieille face à cette joie de vivre, cette certitude de vaincre ce qui attaque les faibles, les sentiments, la bénévolence...
.. pourtant nous sentons que nous faisons trembler la terre. Nous la faisons respirer. Elle tremble de bonheur. Nous faisons respirer la terre au rythme de nos pas, au rythme aussi de nos danses. Au rythme de nos coeurs. La terre est dans la palpitation de nos corps en mouvement. Nous aussi nous sentons que nous commençons de trembler de joie. Nous n'avons pas peur. Nous marchons parce que nous sommes sûrs de nous. Nous sommes jeunes et vivants et nous avons le coeur pur...
sourire en retrouvant l'ossuaire des poètes que les voix alternées de Lucien Suel et Fabrice Caravaca avaient évoqué l'autre soir
et fermer sur la fin de ces trop courtes 60 pages
Nous avons notre corps et les pensées qui l'habitent. Et une lumière tout à l'intérieur qui participe de la grande lumière des mondes. Accrochés aux étoiles nous tissons notre fil et parcourons tous les horizons. Toutes les saisons sont les nôtres. Et nous sommes à toutes les amours possibles.
ranger mes lunettes et feuilleter, sans pouvoir les lire et ne le voulant pas, les magazines qui trainent là pour cela.. jusqu'à ce que le courageux petit toubib qui consacre tout le temps nécessaire à chaque patient puisse enfin me recevoir.. dialogue, rapide examen, une lettre pour son confrère, comme prévu..
sortir à neuf heures et retour dans un petit vent qui semblait bousculer les nuages et faisait bruire les platanes en remâchant victorieusement cette phrase «au fond on se demande pourquoi vous allez voir un pneumologue» ce qui ne va guère m'aider à po-si-ti-ver le rendez-vous de demain... mais me faisait rire silencieusement, puisque c'est bien mon opinion depuis le début...

10 commentaires:

r.t a dit…

Une page qui se donne à respirer.

arlettart a dit…

ne pas avoir de certitude c'est le miracle de la vie ...
Pensées voyageuses

annajouy a dit…

les poètes sont vivants: on les croise parfois, ils sortent de leur livre

jeandler a dit…

au jour le jour, attention à chaque chose même les plus ordinaires. N'est-ce pas dans le courant que l'on fait les plus belles découvertes ? Et tout le reste n'a que si peu d'importance...

Marie-christine Grimard a dit…

Laisser briller sa lumière interne et respirer par tous les pores de sa peau, puis laisser sortir cette lumière pour qu'elle éclaire tous les autres... Vous le faites très bien au quotidien !

Dominique Hasselmann a dit…

ce gris s'illuminera...

brigitte celerier a dit…

Marie Christine ; me sens pourtant assez peu lumineuse
Dominique, oui il finit toujours par le faire, avait commencé hier soir, semble s'en être allé ce matin

Christine Simon a dit…

plante grimpante parfumée, ma rappelle le Maroc : chèvrefeuille, isn'it ?

brigitte celerier a dit…

ça y ressemble fortement

Gérard a dit…

Ce soir le ciel est bleu...en Vendée.
Pour répondre à ta question : Deux cannes à pêche en attente près du pêcheur.