vendredi, juin 05, 2015

été sur la ville, crâne vide donc ce serait


Vers dix heures, quand suis allée vider papiers et verres près des remparts, quand ai continué cheminant, la ville ronronnait dans l'air encore tiède, dans la nonchalance des touristes individuels, dans la douceur de la lumière
mais sur la place, à la lisière de l'ombre, une marre de minots, s'activait au ras du sol, chacun s'appliquant avant d'exhiber avec un sourire charmeur et des yeux un peu inquiets son superbe dessin
Dans la douceur de l'après-midi, Brigetoun a voulu tenter un ce serait pour l'envoyer au cosaque en chef pour http://lescosaquesdesfrontieres.com, s'est embarquée dans un truc idiot, a grimacé, a hésité à le jeter ou l'envoyer...
et pour nourrir Paumée, recopie le précédent ce serait que les cosaques ont publié, merci à eux
Ce serait – 29 – l'arrachement
C'est un tableau inachevé
C'est un tableau très grand, qui s'étale sur tout un mur en épi, ne laissant qu'un passage vers les petites salles suivantes, à gauche, du côté du mur où s'ouvrent les grandes fenêtres sur la cour et les beaux platanes.
C'est un choc, ce sont des mains qui s'élancent.
C'est, ce pourrait être
Ce serait un homme pieds nus, un peu instable semble-t-il, malgré ses pieds fermement posés sur une surface blanche qui semble dure, peut être glissante comme de la glace, où est-ce à cause du vent qui le rudoie, le pousse en avant, comme le manteau négligemment posé sur une épaule et qui se plaque en gros mouvements claquants sur sa tunique longue.
Ce serait cet homme courbé vers le corps tendu vers lui, une main accrochée à une main, la tirant vers lui au rebours du vent, le corps près de basculer, l'autre main tendue vers on ne sait quoi, peut-être dans la flamme d'un discours, d'un appel.
Ce serait s'extirpant de draps glacés, aux gros plis qui cassent, juste réchauffés par un tissu velouté malmené par le mouvement, s'élançant hors de leur étreinte, un torse nu tendu par l'élan des bras levés vers l'autre, un cou renversé, un menton tendrement barbu, une bouche en accent circonflexe, lèvres brunes, des trous de nez et deux petit yeux au bout des pommettes en fuite, presqu'invisibles et pourtant suppliant, un visage de prière ou de crainte.. et puis dans le coin gauche, là où les plis se rompent en un bouillonnement brunâtre, un bateau qui sombre.
Ce serait être devant l'énergie de ce mouvement qui vient buter sur la courbe de l'homme penché, devant cette surface heurtée qui glisse du beige doré au gris bleuté derrière le dos rouge, le manteau bleu qui s'y accorde, sans chercher un sens à la scène.. et puis lire, avec indifférence, une indifférence qui se mue insensiblement en évidence, le cartel qui mentionne, Antonio de Bellis – Saint Pierre sauvé des eaux, et voir les grands plis se transformer en longues et larges lames, très schématisées..
C'est s'arracher, se préparer à reprendre sa marche, avec un dernier adieu des yeux savourant le nez très droit, la petite bouche ouverte, dans l'arc que font le bouc retroussé et la grande mèche rabattue par le vent.
Tableau exposé au Musée Calvet d'Avignon

10 commentaires:

arlettart a dit…

Ce serait le geste éperdu de celui qui sombre au large de la " belle bleue"

brigitte celerier a dit…

pas un grand maître, assez gauche, mais je ne sais pourquoi ai toujours aimé ce tableau

jeandler a dit…

Pathétique; les paroles même bonnes - surtout si elles sont bonnes - sauveront-elles le monde ?

pascale a dit…

Ce serait le geste du peuple tendant les bras au PS, refusant de tendre la main droite, occupée à faire des circonvolutions pour faire passer sa politique patronale...auprès de l'électorat.

brigitte celerier a dit…

ne sont même pas occupés à ça, voient pas

pascale a dit…

Peut être à remonter leurs culottes pour se préparer à partir,très dignes, comme cette chochotte effarouchée de Jospin ...

Dominique Hasselmann a dit…

On peut toujours revoir un tableau, le détailler...

brigitte celerier a dit…

accueille, ne cautionne pas.. et fais des différences, même si un regroupement de ceux que font du bon travail, à cotre courant avec le F de G est impossible, sans espoir, parce que l'union à gauche ne peut avoir lieu tant que sévit le diviseur (qui ne supporterait pas d'être Le seul)

brigitte celerier a dit…

Dominique merci pour votre passage
et pardon, blogger suis l'ordre chronologique, et le commentaire précédent est la réponse que j'espère dernière à la tentative de forum

Danielle Carlès a dit…

"dans la nonchalance des touristes individuels"