mercredi, août 26, 2015

Les petits malheurs de Brigetoun, et la fête

M'en suis allée, dans l'air doux et la lumière qui argentait les pierres, vers la banque me séparer de ma nouvelle carte bleue (la banque ayant gardé le numéro de la précédente, les robots internet refusent de tenir compte de la nouvelle date et des nouveaux chiffres du verso et rejettent mes règlements) – ne me reste plus qu'à m'en passer pendant une quinzaine de jours.
Rentrée guillerette, cuisine, arrivée vers une heure de l'imprimé de constat de dégât des eaux à faire signer par mon voisin antiquaire... devais être vraiment troublée par ses dégâts, suis sortie impulsivement, l'ai vu assis devant sa boutique, il s'est excusé pour sa mauvaise humeur, m'a bien certifié que je n'étais pas coupable, a refusé de remplir le constat parce que «pas la peine», et je me suis retournée pour grimper retrouver la casserole sous laquelle je venais d'allumer ma plaque..
Là je me suis injuriée, avec le sourire, parce que, ben, elle s'était fermée et que, pour la première fois de ma vie, j'étais sortie sans clé. Les fenêtres du deuxième et dernier étage ouvertes, un chat qui passait son museau et me regardait... mais des coups de sonnette dans le vide. Attente sur le trottoir ensoleillé, sourire avec conviction, penser à la plaque rouge, super rouge, aux suites possibles.
L'antiquaire n'avait pas sa clé et devait aller voir un client.. Il m'a fallu une heure et demi (suis vraiment devenue une petite vieille oisive) pour penser serrurier. Le cafetier a refusé de téléphoner pour moi (nous ne nous aimons pas), j'ai attendu encore un peu et puis me suis décidée à me risquer vers la courtoisie opulente de l'hôtel d'Europe : sourire, coup de téléphone, offre d'un siège dans le jardin, que j'ai refusé discrètement, et un peu avant trois heures un serrurier aimable, quelques minutes, un bon gros chèque, une casserole irrécupérable, une plaque en bon état.. éplucher nouveaux légumes etc... en continuant à me traiter de tous les noms mais avec un sourire maintenant serein.


Petite sieste, nettoyage cour, pas de courage pour repassage, entendre en fin d'après midi petit brouhaha.. parce que la ville commémorait le 25 août 1944, jour de sa libération, avec un défilé de véhicules militaires et de figurants dans l'après-midi, un regroupement sur les allées de l'Oulle, 
et, à 21 heures - là je suis sortie des remparts pour voir -, un défilé (avec musiciens de jazz) en début de nuit entre le parking et Le pont 
(et mon appareil faisant des siennes, l'éclairage et la vitesse n'arrangeant rien, j'ai gardé, par faiblesse, une photo sur quatre - disons que ce sont des fantômes)
une petite demie heure pour écouter, en les suivant de place en place, le jazz de ces américains au joli accent fleurant l'ail, 
un lent fleuve de familles, couples, photographes et enfants émerveillés, venant compléter l'occupation de l'herbe,
et un feu d'artifice nettement plus beau que ce que j'en ai gardé (une sur six là, et j'ai surtout ouvert le bec aux plus beaux moments) avec une bande son curieuse, qu'en tâtonnant je qualifierais de populo-déstructurée sans espoir d'être comprise.

10 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Quelle journée !
Je trouve que votre antiquaire aurait pu penser à appeler un serrurier d'emblée, après tout ceci est arrivé en raison de sa mauvaise humeur.
Enfin elle s'est tout de même achevée en feu d'artifices.
Espérons qu'aujourd'hui sera plus serein...

brigitte celerier a dit…

et de ma stupidité, surtout

Dominique Hasselmann a dit…

Vous avez donc été libérée à tous les sens du terme !

brigitte celerier a dit…

ouai, j'étais liée dehors

Arlette Arnaud a dit…

Et avec tout ça ... le stress en prime!! Feux d'artifices
Bravo ! décidément tu es assez exceptionnelle!!!!!

brigitte celerier a dit…

oh que non !
nous avons tous nos moments d'étourderie (je me console)

jeandler a dit…

L'informatique
pour un progrès, c'est un progrès...

brigitte celerier a dit…

plutôt consolant de penser qu'il arrive aux robots de manquer d'intelligence

tanette2 a dit…

Pas très sympas l'antiquaire et le cafetier, heureusement que les dégâts se limitent à une casserole...

Gérard a dit…

Journée mémorable...un feu d'artifice d'incidents.