dimanche, août 30, 2015

Notre marronnier de fin d'été

Bon, notre marronnier de fin d'été n'en est pas un, il a nom vigne, d'où vendanges, ban, avec, cette année, pour ses 20 ans, deux modifications : il se déroule sur deux jours, les 29 et 30 août, et il n'est curieusement pas annoncé sur le site officiel de la mairie (qui se limite à la fête des foins et à la fête des associations, la semaine prochaine, fêtes qu'elle organise ou co-organise)
La messe vigneronne et le défilé des confréries n'auront lieu que dimanche, avant un grand pic nique et des animations sur le rocher des Doms.
Pour samedi, on se bornait à ce qui me tentait le plus, en tant que spectatrice... un marché gourmand aux Doms, suivi de la proclamation du Ban, de la pressée, d'une dégustation et d'un bal.
Comme suis amatrice de rites, j'en avais envie... même si, en fait pour le marché gourmand j'avais pris les devants,
en partant, le matin, sur les dalles éblouies de soleil, faire mon petit marché aux Halles. 
Retour, solide déjeuner, sieste, boire le peu de soleil qui descend maintenant dans ma cour, thé, et, en fin d'après midi, suis montée rejoindre mes concitoyens, 
pour me trouver bloquée devant les grilles, attendant baignée de chaleur sous ceux qui attendaient au dessus de nous bloquée devant Notre Dame des Doms
voyant passer les compagnons des Côtes du Rhône, et les membres des confréries, leur costume sous le bras, un peu perplexe par la rigidité de cette organisation
et franchement énervée en constatant que, la grille enfin ouverte, une seule rampe était autorisée au peuple transformé en troupeau - restais sur le côté, hésitais à redescendre, continuais, pour constater qu'un tiers environ de la vigne a été replantée,
que la presse attendait, à côté de cageots de raisin (d'une des vignes célébrées, certainement pas de celle du Pape) et de la carriole,
que le marché gourmand se bornait à quatre stands, les belles tartes en bande, du fois gras (pas très local ?), des huitres et l'habituel stand sympathique qui débite brouillades à la truffe ou parts de coulommiers fourré de lamelles de truffe, alors que l'on buttait partout sur des tables (en fait les compagnons assuraient contre tickets à acheter aux stands de vente du vin le service de trois menus plus ou moins copieux) - et j'étais une Brigetoun dépitée, en recherche d'un brin d'esprit festif.
Mais, comme suis têtue, me suis installée devant la presse, décidée à partir dès la pressée, une demi-heure plus tard (ce fut nettement plus long) et peu à peu, en suivant les souriantes séances de pose,
en écoutant les blagues échangées entre les trois habituels vignerons et la génération précédente, en commentant avec mes voisins l'installation, et puis l'ambiance,
en prenant d’innombrables photos (la plupart jetées, doublons de doublons de doublons) et en faisant des péchés d'envie devant des appareils dont ne saurais que faire
en ironisant doucement sur les discours, tout en guettant les quelques misérables gouttes qui tombaient avec parcimonie dans le seau, en plaisantant pendant la proclamation du ban en plusieurs langues, parce qu'on avait perdu les aboyeurs, ou qu'ils avaient perdu leur texte, ai senti ma bonne humeur revenir
avant que le jus se décide à couler, bonne humeur qui m'a aidée à rester ferme dans la bousculade qui s'est jetée vers nous jusqu'à obtenir mon petit verre de jus, si sucré qu'était délice, presque enivrant à mon échelle...
et que suis revenue vers le groupe le plus serré de tables pour acheter, comme chaque année, et comme chaque année trouver cela modérément réussi comme mariage de saveurs, un bout de coulommiers mangé en me faisant une petite place parmi ceux qui avaient opté pour la dégustation debout devant la vue
et puis suis redescendue, avec la lumière, croisant ceux qui venaient dîner et danser.

5 commentaires:

Arlette Arnaud a dit…

Toujours aussi agréable ce rite et tes photos( pas besoin de gros engins) sans oublier les chapeaux!!
Merci à toi

brigitte celerier a dit…

et grand merci à toi pour ton soutien sans faille !

Dominique Hasselmann a dit…

Il me semblait bien qu'il n'y avait pas de la vigne qu'à Montmartre !

brigitte celerier a dit…

une vigne plantée il y a une vingtaine d'année à mi-côte du rocher au dessus du Rhône, quand a été fondé le Ban des vendanges pour faire la promotion d'Avignon et des <côtes du Rhône, et c'était son raisin qui, en principe était pressé
On a dû la supprimer pour des travaux, l'année dernière elle n'existait plus, là on vient de la replanter sur un quart de la surface et ce n'est toujours pas son raisin mais celui d'une des vignes des environs qui a été pressé...

Gérard a dit…

çà ressemble aux vendanges à l'ancienne à laquelle j'ai assisté dans le Bourgueillois. Intéressant ton reportage /photos.