mercredi, octobre 07, 2015

Quelque pas dans le Parcours de l'art


Matin qui parlait automne – ciel blanc me surmontant de très haut, sans menace – petites herbes commençant à se flétrir, pierres pleurant d'humidité
en passant devant Calvet, ai aperçu à travers la grille, de trop loin, les prieuses de Marc Nucera (Noves) http://marc-nucera.fr (ai trouvé une photo de meilleure qualité sur le site du Parcours de l'art) mais comme pour tous les autres participants ou presque, si vous avez du temps, vous conseille de vous balader sur son site, pour apprendre que Lorsqu’il était ouvrier agricole et se distinguait déjà par son habileté et le soin minutieux qu’il apportait à son travail, Marc Nucera ramenait de ses chantiers de gros blocs de bois, prélevés sur les troncs qu’il avait travaillés tout le jour durant. Ces cœurs d’arbres, il les empilait chez lui, sans trop savoir pourquoi.... etc.. pour découvrir surtout son oeuvre, aimer ou non selon les cas, en fonction des lieux, des commandes, et si êtes comme moi ne jamais trouver cela sans intérêt.
Et puis, un peu avant dix sept heures, sous un ciel et dans une température qui se souvenaient de l'été (moi toujours décalée j'avais achevé ou presque ma mue hivernale, mais riais intérieurement de plaisir) suis partie vers la place des Corps Saints, les tables qui commençaient à se garnir de lycéens, et la petite chapelle Saint Michel
où Isabelle Marcelin (Aubrac) http://www.isabellemarcelin.com expose ses buissons rouges (plâtre sur armature métallique) 
ses silhouettes, grandes fourchettes inutilisables, en latex encré sur tissu, et de petites encres savoureuses
c’est en fermant les yeux que les images souvenirs tracent leurs lignes sur le papier. Et ces formes organiques, anatomiques sont devenues elles aussi des chimères qui se développent en empruntant la grammaire du végétal. (Didier Payen)
et puis, longer la chapelle, un peu de ce qui reste du couvent des Célestins et pénétrer dans l'église où se tient une des deux grandes expositions.
En entrant, avoir les yeux attiré vers une des chapelles de l'abside et une biche dressée dans une trainée rouge, puis, en avançant, par un entrelac doré émergeant derrière une pile dans l'élargissement du bas côté, 
longer le mur s'ouvrant sur la nef, s'arrêter un moment devant une vidéo un bateau ivre d'Olivier Grossetête (des extraits sur http://documentsdartistes.org/artistes/grossetete/repro.html), une des trois prêtées par le FRAC
comme, dans une des chapelles du fond, la série des courtes scènes de confection d'un couscous (merveille de ces mains s'activant) de Fakhir Ymane http://documentsdartistes.org/artistes/fakhir/repro9.html
en avançant, l'entrelac de Karine Debouzie (Avignon) http://mouture.fr je travaille depuis plus de dix ans avec le latex de manière détournée. Se sont ajoutées à ce vocabulaire qui a trait à l'organique des expérimentations de matières éloignées de leur utilisation première : tissu, bande-son magnétique, mousse polyuréthane, tuyaux PVC, drain agricole... Ce travail questionne le positionnement de l'être humain face à son environnement, sa façon d'être au monde et aussi face à l'Autre. (figure aussi dans d'autres lieux)
et arriver à la chapelle aperçue en entrant, à Ce ne sera pas toi une installation de Pierre Sgamma (l'Isle sur Sorgue) http://pierresgamma.com
inspirée d'une histoire d'amour et de comptine (plouf-plouf pour choisir un joueur en éliminant successivement les autres), où la biche est le symbole de la naïveté, de la pureté, de la douceur, de la féminité et du manque de maturité (pas moi qui le dit), les flèches sont le refus qui nous tuent ou nous font grandir pour dépasser les souffrances, les roses sont l'amour qui s'enracine profondément dans le corps et l'âme – elles sont douze comme les mois, comme le temps qu'il faut pour naître, grandir, vieillir et mourir – les os d'or sont ce à quoi l'on doit mourir... (résumé du cartel affiché dans la chapelle)
Dans le choeur perdre ses yeux dans la broderie blanche de the tree of life installation textile de Rieko Koga (Paris) qui expose aussi au Cloître Saint Louis) http://www.riekokoga.fr pour deviner l'envolée des fenêtres
Dans la nef, s'interroger un moment sur les formes assez décoratives de Pepijn Lambermont dont j'ai manqué la performance (dimanche), apercevoir, comme un appel, deux formes blanches par l'arcade ouvrant sur la chapelle baroque, 
aimer les oliveraies d'Anna Baranek (Aigues-mortes) http://www.annabaranek.eu (une jolie vidéo de son travail au Château d'Espéran avec des classes)
s'arrêter un moment devant trance dynamic de Pepijn Lambermont (Maastricht et Paris) http://www.pepijnlambermont.com et la petite vidéo d'une performance  
et puis glisser vers le bas-côté, la chapelle sombre où sont exposés les grands fusains (que j'ai massacrés) de Danielle Desnoues (Villeneuve sur Yonne) http://danielle.desnoues.over-blog.com/fusain.html (site malheureusement très pollué par des fenêtres commerciales)
l'ombre une autre lumière
A travers une économie de moyens (fusain sur papier recyclé, marouflé sur toile) je tente de rendre visible l'espace poétique présent dans la réalité qui nous entoure..
avant la chapelle baroque et les loups blancs de Pierre Sgamma http://pierresgamma.com/albumphoto3/index.html
suivis d'un diaporama de belles photos de Marie Mons (Paris) http://www.mariemons.fr Tipology http://www.mariemons.fr/Typology (on peut y reconstituer le diaporama ou du moins voir les photos qui y figurent)
sur le site du Parcours … ces escarpements semblent pris sur le vif, tout prêts à s'ébouler. Mis en abyme, ils captent et restituent la puissance vertigineuse de la montagne dans ce qu'elle a de plus abrupt, saisissant et sublime
et d'une grande toile, des arcades, d'Anna Baranek.
Revenir vers la sortie
et là, dans le coin, à côté de la porte, retrouver une dernière fois Pierre Sgamma
avec une série de petites oeuvres http://pierresgamma.com
la tribu, couples, cavalier, fantômes..
Le vaste et énigmatique royaume de Pierre Sgamma, est une bouleversante plongée dans le chaos des émotions, un travail de fouilles, soigné, réfléchi, d'une extrême sensibilité, aux confins parfois de l'insoutenable, mais où l'humour, toujours, vient soulager l'onde ravageuse et nous rappeler cette urgence à vivre... avec nos nœuds en talismans. 

5 commentaires:

tanette2 a dit…

Grand merci pour ce reportage qui me permet de découvrir des artistes et leurs oeuvres.

Arlette Arnaud a dit…

Beau parcours et intéressant de constater les liens ,grillages enroulements , toute une symbolique d'une créativité qui va au - delà de la matière ainsi que les animaux - humains Magnifique biche qui laisse à penser ...
Merci Chère Brigitte pour ce parcours détaillé , ne sais si je pourrais y aller

Dominique Hasselmann a dit…

Chapelle, cloître... (pas encore de cathédrale) : mais que ferait-on sans ces lieux d'exposition - hors Corpus Christi... ?

brigitte celerier a dit…

on en a tant qu'il y en a encore qui servent de restaurant, d'habitation, de théâtre mais aussi de garage

Gérard a dit…

ouf...46 photos, certaines œuvres en valent la peine.