vendredi, novembre 06, 2015

Avant que revienne le bleu


J'avais cru comprendre que nous devions avoir temps radieux, ai pourtant endossé mon ciré parce que, après douche et deux tasses de café, j'étais un rien frissonnante, mal entrée dans la lucidité que demande un jour neuf, et, plus encore quand me suis sortie sous ciel blafard, me sentais un peu fluctuante.. avançais roulant un peu sur mes pieds qui avaient choisi l'option enflés, dans l'imprécision de mon regard que je pensais endormi.. jusqu'à ce que, à l'horizon de la rue Saint Agricol le clocher de Saint Pierre et son évanouissement me dise brume (malheureusement il ne sait pas parler vietnamien, j'aime la poussière de pluie ou mura bui - traduction trouvée sur mon "mur" Facebook - évoquée par Arnaud Maïsetti http://arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article1591).. et j'ai continué d'un pas rassuré et raffermi vers les halles.
Les cèpes étaient somptueux, ai découvert avec curiosité la rondeur des amanites de César, les kakis éclataient de rouge,
mais j'en suis restée sagement aux reinettes, au céleri rave, au vert sage des Louise Bonne et aux patates... ai réservé ma gourmandise à un quart de coulommiers au bord de l'abandon et un morceau de bleu des Causses bien gras.
Comme, devant la lippe et l'oeil méprisants du Saint Pierre, me suis contentée d'un filet de lieu noir et de quelques sardines de notre mer…
Le monde se faisait plus net, mais toujours très blanc, sur le chemin du retour, ai tenté de me persuader que les chalets en quelque chose comme du bois verni que des gars couvraient de tôle ondulée peinte en brun en pur plastique étaient un tout petit peu moins laids que la version blanche de l'année dernière, ai repensé avec la nostalgie de l'âge aux Noëls de mon enfance où eux et les sapins enguirlandés n'étaient pas encore venus du nord nous coloniser (me sens vieille réactionnaire par moments) et suis rentrée me préparer un trop gros déjeuner, avant de sortir un moment dans la cour, de constater que, comme par miracle, le bleu régnait au dessus de moi, de redresser un pot, de rentrer, de m'attabler..
Passionnant, n'est-il pas ? 

10 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Passionnant comme peut l'être la vie avec toutes ses couleurs et le gris en fait partie aussi...mais le bleu revient toujours !

brigitte celerier a dit…

toujours un petit animal en moi qui a peur que non (non ce n'est plus vrai)

Dominique Hasselmann a dit…

Le marché d'Avignon ne mégote pas sur les couleurs...

brigitte celerier a dit…

quoique patates, cèpes et sardines donnent dans la retenue raffinée

Arlette Arnaud a dit…

La brume cache souvent merveilles ou vilenies
Le bleu révèle la vérité des couleurs en majesté

Anonyme a dit…

OUI, passionnant !

pascale a dit…

Passionnant! suis même repassée pour lorgner encore une fois les belles oronges oranges si rares dans nos forêts et si délicieuses...

brigitte celerier a dit…

n'en avais jamais vu

Gérard a dit…

..tu as mis ton ciré pour aller à la pêche aux poisson

brigitte celerier a dit…

avoir toujours la bonne tenue (zut ça ne se fait pas)