jeudi, novembre 05, 2015

Pluie, faire de l'antre un oloé


Voulais sortir, malgré ou en réaction à la pluie paresseuse qui me faisait oiseuse, mais j'ai finalement décapelé mon ciré, le renouvellement de la provision de café et pâtes n'était pas urgent et la pluie avait changé d'humeur, se faisait drue, commençait à darder vers le seuil de la cuisine une petite langue inquiétante... Ai opté pour sa paresse, suis restée tout doux dans l'antre, un peu dans le Monde Diplomatique (trois bons articles, ce journal tend à devenir Le journal pour moi), dans la lecture aussi du court et beau recueil de poésie que venait de publier QazaQ, Autoportrait à l'aimée de Martine Cros http://www.qazaq.fr/pages/autoportrait-a-laimee/ (le catalogue s'étoffe, et vous devriez y piocher)
recueil que Jean Doets présente ainsi sur le blog des cosaques http://lescosaquesdesfrontieres.com/2015/11/04/martine-cros-autoportrait-a-laimee-recueil-inedit-paru-aux-editions-qazaq-aujourdhui/, en citant Martine Cros
je rêve de calme et d’art, et d’amour. C’est un portrait où j’oblique encore un peu les yeux, recherchant l’horizon pour sonder l’infini de tous les portraits qui me traversent, qui me sont des esquisses, que seul l’amour pourrait parachever . Un portrait fane, un autre émane. Celui-ci sera gravé sur la toile -!- mais ce n’est peut-être qu’une apparition.
Alors, moi avec mon incapacité à analyser, dire, me contenterais de parler du ton, de la musique, la poésie qui sourd des mots simples dès les premiers vers
Une femme
ordinaire
un être en marche lente
qui s'assied
à elle comme absente
assise sur rien et
lasse de ce qui la fuit...
femme qui
commence à lire
des mots muets
sur le miroir
et ces mots qui créent cette autre femme, elle et son amante, sont murmurés, souvent magnifiques, heureux d'abord, ardents et tendres avant l'inquiétude
à l'orée d'un sommeil peut-être d'une mort,
être aimée à
en implorer l'oubli
et la tristesse (là la pluie, comme par hasard se faisait bruyante et insistante)
quand se mêle à nos pieds la plaine des condoléances
où le chantier des mots va s'éternisant
avant le silence
longue chute de toi et mon vertige
un nous qui me donne un toit
libre et un désert...
..
Pluie les pleurs l'amour au dessus des champs de silences velours le coeur s'envole comme une grosse pierre
Les deux dessins, celui de la couverture, et le second qui clôt le livre, sont de Martine Cros.
P.S. Martine Cros tient un blog aller aux essentiels, poèmes, réflexions, citations http://allerauxessentiels.over-blog.com et ce qui reste revue réunissant de nombreux poètes http://www.cequireste.fr
Pour Brigetoun, si une lubie vous prend de vouloir la lire, il y a, gentiment publié par Joachim Séné dans les oloés du monde entier, un petit oloé des ancêtres http://relire.net/oloe/spip.php?article92
Ce serait à Chimilin, en m'échappant du snack-bar l’Irréelle – trop mangé, surtout trop regardé manger, trop de mots échangés qui parlaient de la famille telle que ne la vois plus guère depuis notre enfance...
et si en avez le temps (ou vous pouvez le faire en sautant l'étape du banc à Chimilin) en cliquant, en bas, sur oloés les plus récents, sur de beaux textes de vrais écrivains, dont, les plus récents effectivement, Anh Mat et Sébastien Ménard (oloés en lieux plus lointains également)


3 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

Je n'ai jamais essayé ces "oloés", sans doute devrais-je, pour arriver à votre hauteur...

brigitte celerier a dit…

rire

Gérard a dit…

..et en plus elle dessine bien Martine Cros