lundi, décembre 14, 2015

Jour où retrouver ce serait stupidité

Ce seraient des images qui frapperaient mes yeux et s'en iraient tourner dans mon crâne
ce serait leur choc qui enverrait à mes lèvres un sourire ou à mes yeux des larmes
ce serait leur choc qui enverrait à mes mains une crispation, une tétanie
ce serait une image nouvelle qui effacerait les traces de la précédente.
Ce seraient des mots qui se feraient images, des images qui se feraient sentiments
ce seraient des sentiments que je tenterais, les décapant, scrutant les facettes de leurs traces en moi, de traduire en pensées
ce seraient des pensées qui tourbillonneraient, se feraient mouvantes vagues échevelées, tenteraient de se préciser.
Ce serait ce sacré foutu crâne qui ne saurait pas s'arrêter
ce serait rêver de remplacer sa merveilleuse machine par des lianes mortes et des herbes entortillées, un bourrage sec, insensible et décoratif
Non, finalement, ce serait trop dommage
ne pourrais plus lire, grimacer, sourire et m'enrichir
ne pourrais plus bouger
ne pourrais plus jouir de l'odeur d'une fleur ou d'une peau
ne pourrais plus tirer plaisir des messages que m'envoie la chair d'un rouget grillé
ne pourrais plus aimer
et, zut, ne pourrais plus rager,
ni même penser, dire ou écrire des stupidités.
Et, avec un peu d'outrecuidance, demander pardon pour cela.

C'était un jour où reprendre ce «ce serait» qu'ont publié les cosaques des frontières http://lescosaquesdesfrontieres.com
Où ne pas penser, résolument ne plus penser, mettre doudoune, bonnet, et partir à contre carcasse – sourire tout de même en pensant qu'elle au moins renâclais, et avec véhémence – mais en ferme décision, avancer yeux dans le ciel qui, au rebours des prévisions, ne pleurait pas sur nous, vers la flèche d'une grue, passer à la Civette et puis résolument m'en aller voter
ressortir en luttant contre nausée, face à des nuages boursouflés
redescendre vers la lumière.. souriant en grimaçant un peu à ces vagues de nausée qui n'avaient sans doute d'autre cause qu'un mélange de cigares, de crosnes, d'énervement
et passer le jour un rien brumeuse, ce qui me restait d'esprit occupé à chercher quelques nouvelles de ce qui se passe au Burundi, en Centre-Afrique, dans notre pays en état d'urgence dérivant..
avant de repenser à ce lien trouvé sur le mur Facebook d'Alain Paire, et d'entrer dans les cinq vidéos d'un entretien entre Henri Thomas et Marcel Bisiaux (prenez donc le temps si l'avez)
les vidéos devraient s'enchaîner à partir de ce superbe début on devrait se regarder avec effroi le matin..

7 commentaires:

jeandler a dit…

les lianes
en contorsions
le matin sans effroi
un peu sonné cependant.

brigitte celerier a dit…

les méandres du cerveau
(se sont figés)

Arlette Arnaud a dit…

Petit coucou et vais regarder cette vidéo

brigitte celerier a dit…

m'a donné envie de le lire
(n'ai qu'un souvenir vague de poèmes il y a très longtemps)

Domnique Hasselmann a dit…

L'effroi n'est peut-être dû qu'à l'hiver...

brigitte celerier a dit…

j'en avais gros sur le coeur de voter E, mais tout de même pas je pense jusqu'à nausée et raideur des mains…
crois vraiment que carcasse n'avait pas été assez surveillée

Gérard a dit…

..comme un serpent politique