mercredi, janvier 27, 2016

Cheminer, regarder, tenter, écouter

Matin, dans la ville grise, et pleine de soldes
le long desquelles avançais avec un mélange d'imperturbable indifférence et de plaisir plus ou moins grand venant d'accords de couleurs, de formes, qui amusaient ma morosité légère, m'en suis allée vers le teinturier, m'en suis revenue.
L'air était presque doux...
et, en rentrant, me suis acharnée, pas trop longtemps tout de même, pendant que cuisait la garniture des pâtes, pour fabriquer ce truc qui me dissuadera peut-être de persévérer..
Parce que je suis, depuis qu'elles ont quitté les billets pour une chaîne sur YouTube les vidéos de François Bon, leur évolution, celle qu'il évoque dans son billet du 24 janvier dernier http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4296 avec de plus en plus d'admiration pour la forme (pour le fond, l'intérêt a presque toujours été là, il arrive que je sois plus ou moins loin de ce qui est évoqué) et de plaisir devant leur variété..
en passsant, vous conseille d'y faire des visites, et, si vous n'avez pas le temps de visionner les vidéos cités dans son billet, j'en emprunte une des dernières, qui d'ailleurs n'en fait pas partie
parce que bien entendu l'idée ne m'avait jamais été effleurée de tenter - avec le peu que j'ai à dire, ma maladresse, mon manque de matériel et d'expertise etc... - d'en faire autant
mais parce que, hier après midi, Christine Jeanney (bon elle aussi je ne saurais penser que nous sommes proches, pour le maniement des mots, les idées, la connaissance des machines) a ouvert une petite chaîne avec deux vidéos à la forme aboutie, qui la reflètent bien,
dans la conscience de mon peu, ai voulu découvrir comment enregistrer ma voix (sans avoir d'ailleurs de mots à prononcer ou diffuser), ai voulu ensuite tenter de me servir d'iMovie, me suis bagarré longuement, parfaite occupation pour me fixer dans l'écoute d'une conférence d'économistes que, honte à moi, je n'ai finalement pas écoutée... j'ai détruit trois ou quatre tentatives, tenté de poster sur YouTube la dernière, et, avec tous ces défauts, elle a recontré une indulgence excessive

pardon demandé, mais j'étais à la fois navrée et ravie... et je pense que vais en rester là, suis trop paresseuse et y a trop à apprendre.
Après cette seconde tentative, ai vaqué, écouté, lu, et, le soir venu, ai enfilé ma chère robe de velours noir (me mets en condition), prévu de quoi me protéger de la fraîcheur, tout de même, encore, de la nuit pendant la très lente progression vers les portes donnant accès à la musique, et m'en suis allée écouter Nathalie Dessay et Roland Naouri, accompagnés au piano par Maciej Pikulski, dans un récital de mélodies françaises,
- Fauré, un duo puisqu'ici bas toute âme, trois airs chantés avec charme par Nathalie Dessay qui jouait presque leur sens et deux les berceaux sur un poème de Sully Prudhomme et Prison de Verlaine (pour une fois je pense qu'on ne peut dire qu'il est interdit de poser de la musique sur des vers) par Laurent Naouri dont j'aime l'articulation impeccable, la sobrité, la puissance et la tendresse, et un dernier duo sur un poème de Samain.. et j'aime Fauré
- Duparc, pour elle l'invitation au voyage et au pays où se fait la guerre – pour lui la vague et la cloche dont Duparc disait le plus grand mal parait-il et que j'ai beaucoup aimé, et un duo les fuites)
un entracte, je déménage pour pouvoir déposer manteau écharpe et bonnet sur un siège, et
- Poulenc, pour Naouri un cycle remarquable (ne connaissais pas) sur sept poèmes des Calligrammes d'Appolinaire, après quelques mots du chanteur pour les situer, mélange depuis les tranchées de rêve de tendresse et de détresse coléreuse
un dialogue ou duo sur un poème de Valléry
Louise de Villemorin pour Nathalie Dessay (le mélange de légèreté et de gravité, la malice lui allaient bien) d'après des poèmes des Fiancailles pour rire
et puis des duos qui sentaient bon leur concert dans un salon
- les trois oiseaux de Delibes
- Nocturne et qu'un songe au ciel m'enlève de Charles-Marie Widor
saluts, deux bis avec des duos d'opéra - Hamlet d'Ambroise Thomas et un Tchaikovsky que, honte à moi, je n'ai pas identifié.
Et pour submerger les passants sous les vidéos, celles-ci, trouvées dans l'après-midi :
Nathalie Dessay dans le clair de lune de Fauré
Fauré encore et Naouri (mais pas au programme de ce soir tant pis) l'hiver a cessé

10 commentaires:

D. Hasselmann a dit…

Bravo pour votre vidéo : dès qu'on y met le doigt, c'est la main qui y passe tout entière !

brigitte celerier a dit…

euh! après seconde tentative, crois vraiment que je vais garder ma main intacte

Marie-christine Grimard a dit…

Encore bravo et merci pour tout ces partages !

Arlette A a dit…

L'oeil écoute ...admirative

brigitte celerier a dit…

ne soyez pas aussi indulgentes !
d'autant que le bricolage, pour ce piteux résultat, prend un temps fou

tanette2 a dit…

A voir tous tes paquets j'ai cru que tu avais craqué devant les soldes mais j'ai compris, enfin, que tu allais chez le teinturier...
Belle journée à toi.

brigitte celerier a dit…

non je vis sur mon passé

Hue Lanlan a dit…

essai d'enregistrement réussi ! cela amène une autre présence aux mots c'est vrai... bravo

Gérard a dit…

Ouf...j'ai pris Laurent Naouri pour Jean-François Copé le revenant

Marie-Paule a dit…

Bonsoir et merci pour toutes vos publications, j'aime bien votre blog et le consulte régulièrement. Aujourd'hui je voulais juste vous prévenir d'aller vite photographier les derniers platanes d'Avignon notre ville(place Pie, place Saint-Lazare et allées de l'Oulle). Quelle tristesse !
http://www.midilibre.fr/2016/01/27/avignon-des-platanes-atteints-de-chancre-colore-vont-etre-abattus,1277159.php