jeudi, janvier 28, 2016

jour gris et voix dans la nuit

Ciel gris d'absence
la lumière frisante
sur pierres blessées
La jambe de Molière
soulève plis humides
jour sans énergie, esprit pesant, mollesse inquiète et morne, jusqu'à nuit venue
jusqu'à l'heure de monter à nouveau la petite côte, faire la queue, pénétrer dans l'opéra, me persuadant que vais un jour arriver à aimer Donizetti,
m'installer, me préparer à assister à une version concertante de Maria Stuarda
sous la direction de Luciano Acocella, et ma foi il m'a eue, sans être fervente, c'est la première fois que j'apprécie un de ses opéras, il y a de très beaux moments, une orchestration souple sans être trop discrète, un magnifique dernier tableau... peut être aussi parce que, au lieu de se lancer dans des costumes, un décor, une mise en scène, tous les moyens ont été mis dans la distribution, avec l'autorité et la voix de Karine Deshayes en Elisabetta et sa façon de faire évoluer le personnage avec l'économie de gestes, d'expressions, qu'amène la version de concert et Patrizi Ciofi très belle et bonne Maria – beaucoup aimé sa voix, beaucoup aimé qu'elle reste harmonieuse dans les aigus et dans les cris – Ludivine Gombert qui gagne de la force et de la présence dans le petit rôle d'Anna, de bons chanteurs pour les rôles masculins, un peu au second plan, sauf, mais-est ce moi ?, une fois encore le ténor Ismaël Jordi pour lequel on comprend que les deux reines soient en rivalité (puisqu'en gros dans le livret c'est le déclencheur) mais qui a une superbe voix trompettante comme je ne les supporte pas.
Vais être paresseuse et reprendre, à vrai dire sans ordre, en tenant compte de mon plaisir, parce que c'est avec les légères différences d'un soir à l'autre (dont les robes de ces dames) ce que j'ai vu et entendu, des vidéos que j'ai entendu évoquer à l'entracte, vidéos prises et mises en ligne par je ne sais qui
avec Patrizia Cioffi, Yann Toussaint Cécil, Ismael Jordi en Leicester, Michele Pertusi son crâne sa solidité et sa belle voix en Talbot
avec Ludivine Gombert (habituée des lieux) dans le rôle d'Anna, Patrizia Cioffi en Maria, une toux,
et, pour avoir les deux reines, Karine Deshayes au premier acte dans le rôle d'Elizabeth
saluts,

bonne humeur sur le plateau et dans la salle
et retour, Brigetoun suivant un charmant couple juste un peu plus âgé qu'elle.

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Les jours gris nous tirent vers le bas, merci pour nous avoir offert cette soirée à l'opéra (assez déconcertante, dans son absence de décor....)

brigitte celerier a dit…

ça se répand, question de crédits

Dominique Hasselmann a dit…

Donizetti... oui... si l'on veut...

J'aime bien la dernière photo, comme des éloignés des ors et musiques ronflantes.

brigitte celerier a dit…

Dominique, ce que je pensais (dernier opéra de lui auquel j'ai assisté, suis partie à l'entracte) mais là - peut-être intimité plus grande, opéra moins tonitruant ou qualité des chanteurs, il m'a eu et j'ai vraiment beaucoup aimé le dernier tableau

Arlette A a dit…

Un autre temps s'en va .. ( dernière image)

jeandler a dit…

La dernière image, les yeux enténébrés. Déjà.

brigitte celerier a dit…

Arlette, il avait une très jolie façon de l'aider dans la descente et ils marchaient main dans la main

brigitte celerier a dit…

Pierre sommes très économie d'énergie

Gérard a dit…

...et pour ne pas le perdre dans la nuit, elle lui avait mis une casquette rouge.