dimanche, janvier 10, 2016

Rien – même pas une femme et une fourrure


Avignon humide, calme, et Brigetoun un peu floue s'en allant vers les halles, dans la ville engourdie du milieu de matinée 
pour regarnir l'antre où ne restait qu'une bintje, des coquillettes, des tagliatelles à la truffe, du riz et de la morue
emplir à demi un couffin, alourdir un sac, reculer devant poids d'un bidon d'huile non urgent
et m'en revenir
petite bagarre avec objets, refus de la souris d'accepter nouvelles piles, ressortir petite souris qui fonctionne de façon aléatoire, aquabonisme, vitamines et flou persistant.
Et comme n'avais personne pour me botter le derrière, après avoir sorti avec le sourire un pantalon dadame et un chandail de cachemire, ai réfléchi un moment, ai réalisé que mon désir d'assister à la pièce de David Ives la Vénus à la fourrure
Thomas Novachek, metteur en scène new-yorkais à la carrière peu florissante, vient d’adapter La Vénus à la fourrure tirée du livre de Sacher-Masoch. Après une journée catastrophique de casting pour le rôle principal féminin, il est sur le point de quitter son bureau lorsque Vanda Jordan, une ultime candidate à la dégaine plutôt vulgaire, se présente. Très récalcitrant à accorder sa chance à cette jeune femme, Thomas va être subjugué par les multiples interprétations proposées par la comédienne sortie de nulle part. L’envoûtante Vanda joue-t-elle la comédie ou montre-t-elle sa véritable personnalité ? Le jeu de domination qu’avait imaginé Thomas se retournerait-il contre lui ?
ne suffisait pas à me mettre en mouvement dans la nuit vers le Chêne noir, ai jeté mon billet, rependu pantalon et chandail, et me suis installée pour regarder à nouveau (pas fait depuis près d'un an je crois) l'Apollonide
Seulement, au moment de siffler la fin du jour, j'ai cherché sur internet, j'ai trouvé cette vidéo
me suis reprochée ma lâcheté... quoique l'Apollonide... mais j'aurais pu le voir un autre jour.
Et voilà pourquoi j'hésite à continuer à mettre en ligne ces petites choses, lisant beaux billets qui reflètent des réflexions, des constats que je partage mais me refuse à formuler avec mes mots maladroits, puisqu'elles reviennent toutes à constater la futilité extrême de tout ce que pouvons faire (que devons tenter de faire mais sans outrecuidance ni illusion, juste parce que cela se doit) et qu'il ne me revient de dire éventuellement que les petites choses qui tissent nos vies, par dessus la trame qui nous est imposée. 

9 commentaires:

Marie-christine Grimard a dit…

Les petites choses des uns aident les autres à tisser leur quotidien. Merci de nous partager les vôtres avec tant de poésie.

brigitte celerier a dit…

grand merci à vous pour vos billets pleins de lumière

Arlette A a dit…

Ta dernière phrase est digne de grand intérêt car ce carcan des " comme il se doit" est parfois si lourd que la question est posée si souvent sur ce que nous sommes vraiment

brigitte celerier a dit…

mais il ne se doit que ce que nous reconnaissons ainsi.. et instinctivement pensons que nous sommes responsables du monde, orgueilleux que nous sommes

jeandler a dit…

Petites choses qui font la trame des jours.

Dominique Hasselmann a dit…

On aime les binjtes et les poissons frais...

Achetez-vous aussi le DVD du film "La Vénus à la fourrure", vue par Polanski avec force et distance...

brigitte celerier a dit…

l'ai vu le film - mais je crois que, différemment, la pièce est bonne et bien jouée… mais n'avais pas vraiment envie

Martine a dit…

Moi j aime la voix originale et personnelle de Brigetoun. Parce qu'elle est authentique et touchante, justement. Je m y sens en confiance. Et Vénus à la fourrure de Polanski?...(pour rattraper, veux je dire...)Amitiés à vous.

Gérard a dit…

Il a l'air bien ce Nicolas Besançon, pour le peu que j'ai vu.