lundi, février 22, 2016

L'air attiédi et la plasticité de l'Oblique

matin regarder
chaque jour la découpe
de la lumière
plus grande, un peu, sur le mur.
Chaleur bleue ce dimanche 
et puis le plaisir de prendre en mains l'exemplaire papier de l'Oblique de Christine Jeanney, trouvé samedi soir dans la niche à courrier, et après l'avoir découvert peu à peu quand le texte se dessinait sur tentative http://christinejeanney.net, après le plaisir de la bande son tissée, retissée, après l'avoir repensée cette oblique, ou en avoir mieux pénétré le sens, en écoutant l'entretien de Christine et Guillaume Vissac http://www.publie.net/livre/oblique-christine-jeanney/ (bas de page) – j'ai lu l'autre jour sur http://christinejeanney.net/spip.php?article1213 je parle avec une dame hier pendant une heure, je lui parle d’Oblique, j’essaye, et en parlant je comprends d’autres choses qui m’échappaient et cela m'aurait consolée, si m'avais navrée le fait de ne pas tout saisir, ce qui n'est pas le cas (d'une part ça m'est relativement habituel, d'autre part cela convient à l'Oblique) -
suis repartie, retrouvant le cordonnier, la voix à la petite couverture blanche, celle qui est restée, la traversée de la montagne, la porte Souabe, celle qui a sauvé et n'a pas d'enfant, les uniformes noirs, la matante, la musique, la langue, les fils, les trois petites filles, la madone, les théâtres surgis des ruines, tant et tant de choses qui se répondent, se nouent ...et puis cela Je n'ai pas raconté d'histoires. La vie est un fouillis qui tourne en tenant sur son coeur un morceau de la valse de Sibelius, parfaitement triste et parfaitement inimitable
et j'ai, par petits coups de sonde dans le déroulement du texte, comparé ce que lisais sur l'ordinateur, en ligne, ou sur le kobo qui martyrise un peu les colonnes (bien aimé parfois ce qui en résultait de ce découpage anarchique des blocs décalés vers la droite et les mots qui en prenaient une importance insolite en se trouvant projetés en début de ligne, et pour la lecture à haute voix ai dû résister à la tentation de ces accents mis par le hasard) 
et les deux colonnes de l'édition papier, avec leurs chevauchements, même quand cela n'a pas amené à de légères modifications
et puis, refermant le livre, éteignant le kobo, reprenant le cours de ma journée :
l'or sur les branches
la montée vers la place
à l'heure du thé
veston remplaçant manteau
et leur douce oisiveté

5 commentaires:

Arlette A a dit…

" Studieusement vôtre"...
mais plongée, physique en complet décalage instructif! avec cette dernière génération dans ce monde fou des trentenaires , ( Famille ) un peu comme les mots coupés intempestivement sur les outils du net qui donnent une autre ouverture!

Luc Comeau-Montasse a dit…

Goûteuse comparaison des lectures
et l'occasion de ce rebond sur le texte de Christine Jeanney.

[La version papier permet le pli de la page
la forme s'approche ainsi davantage du fond.]

Dominique Hasselmann a dit…

Lecture du dedans et vêture du dehors...

brigitte celerier a dit…

Dominique, ai gardé le livre, pas la lumière

Gérard a dit…

Un gros penchant pour ta photo une