lundi, mars 07, 2016

on disait les baroqueux

matin où vaquer, me battre avec le nettoyage d'un miroir, fauber pour s'échauffer, couper deux mèches par devant pour tenter d'égaliser ma coiffure anarchique, et en venant à bout d'un petit tas de repassage, écouter avec délice (oui) une vidéo d'interprétation d'airs sérieux et à boire de Lambert par les Arts florissants et le Jardin des voix de William Christie, avec Anna Reinhold en robe rouge


parce qu'après un très court sieston (avais déjeuné très lentement, plongée que j'étais dans la revue du Quart Monde) me suis préparée, pensant, navrée à la mort d'Harnoncourt, 

à partir à 16 heures 30 dans la lumière froide de ce dimanche, vers Saint Pierre, restant dans le baroque (même si c'en était une facette assez différente de son répertoire)
Trouver une chaise (une demie, mais en sympathie discrète avec l'homme qui débordait un peu) sur le côté, et me préparer à écouter Anna Reinhold (qui a chanté plusieurs fois au Concertgebouw d'Amsterdam et au Concertus Musicus) et Thomas Dunford, luthiste, (qui a joué avec à peu près tous les ensembles de musique baroque) dans un programme d'airs de cour et d'opéra des musiciens de Louis XIV
une première partie qui pouvait presque être une petite histoire
Ma bergère est tendre et fidèle(Michel Lambert) – entrée (de Cybèle) et espoir si cher et doux (tous deux de Lully – Atys) – puis s'enchaînant un prélude (lent, doux, réservé, bref) et une musette (Robert de Visée), auprès du feu on fait l'amour (Lambert avec petit sifflement désinvolte et gai du luthiste sur les dernières mesures) – avant un nouveau prélude très court pour que passe ce temps (Robert de Visée) laissez passer la nuit (Sébatien Le Camus) et une chaconne (ondulante avec charme de Robert de Visée) et pour finir les longues phrases mélodieuses et convaincues mais non sans malice (Anna Reinhold arrive à habiter discrètement, par des sourires du visage et de la voix, les airs) quand une âme est bien atteinte
Plaisir de constater que l'entracte n'était pas, et que la seconde partie s'enchaînait après quelques minutes de silence comme un sas, pour un regard plus mélancolique,
avec voix humaines de Marin Marais qui n'étaient que musique pleine de compoction, avec de petits accents étouffés - Atys est trop heureux et la plainte italienne (étirée et pleine de clarté, avec des roucoulements de colombe) de Lully – une sarabande (jolie façon d'avancer immobile pour faire jonction) de Robert de Visée s'enchaînant avec ombre de mon amour de Michel Lambert – avant la mélodie simple le doux silence de nos bois d'Honoré d'Ambruis, comme une pause, et vos mépris chaque jour de Lambert
pour finir.
saluts et puis deux bis, 
l'entrain de Dowland, la malice merveilleusement ornée d'un défi amoureux de Frescobaldi
retour, juste au moment où le ciel pensait à l'imminence du crépuscule.
Et, parce que l'avais aimée le matin, une petite vidéo, la mezzo, le luthiste, dans d'autres musiques, très autres, quoique (plus une toute jeune voix)
 

4 commentaires:

Arlette A a dit…

Toujours attentive au souffle maîtrisé de la voix
Merveille

brigitte celerier a dit…

ce matin l'hommage sur France Musique à Harnoncourt : une suite de plaisirs dans les mots et les musiques - donne toujours

Dominique Hasselmann a dit…

Oui, Harnoncourt, je dois encore avoir en 33 tours son interprétation toute vivace des "Quatre saisons" de Vivaldi, un de mes premiers disques classiques !

brigitte celerier a dit…

je pense que nous avons tous, enfin ceux qui aiment la musique, des souvenirs de lui (mais moi pas de disque, d'ailleurs n'en ai plus que de récents)