samedi, mars 26, 2016

Recourir à ce serait


un ciel bleu hésitant qui a opté peu à peu pour le blanc opalin
une Brigetoun charriant linge, carcasse piteuse, aussi gênée dans sa progression qu l'étaient les petits camions venus alimenter les boutiques
une tentative de m'extirper quelques mots pour un ce serait, et la reprise d'un ancien, publié par les Cosaques des frontières
Ce serait – 51 – une naïade naïve

Ce serait un corps,
chair jeune et opulente,
une évidence,
repliée, effarouchée,
mais se livrant aux regards

ce seraient rondeurs
tendues, appelant les mains
une chair grenue
moins pure et plus vivante
que ne peut l'être marbre

une présence,
un recul, sincérité
dont on douterait,
une Suzanne acceptant
et se livrant aux regards

pourtant ce serait
la naïveté simple,
presque bovine,
du visage détourné..
mais un soupçon de fierté

une naïade
égarée là, à deux pas
d'un sable doré
blottie sur une place
face aux buveurs placides

un peu trop ronde,
et si drue qu'irréelle
objet de désirs
non formulés, un rêve
hors du temps et des modes

ce serait l'hiver
corps vivants vêtus de chaud
face au souvenir
de la vie éclatante
la volupté d'un été

13 commentaires:

Martine a dit…

J aime ce ce serait-là, mélancolique miroir de mon nocturne...

jeandler a dit…

Me rappelle la Petite Baigneuse de Belmondo, le père, le sculpteur
au bord d'une vasque
à Orléans...

Arlette A a dit…

Ce serait l'imagination poétique d'un ailleurs qui fait que la vie est pleine de merveilles
Merci pour ton dynamisme de pensées

pascale a dit…

Se sentirait pas un peu sur le Krill ...? ��

brigitte celerier a dit…

Pierre, je ne sais pas quel est l'auteur
pas une grande oeuvre peut-être mais elle a sans aucun doute une forte présence (plus encore devant des tables de gens emmitouflés au sortir de l'hiver)

Dominique Hasselmann a dit…

belle reprise...

brigitte celerier a dit…

pas glorieux ces plats resservis, mais merci pour le qualificatif

Anonyme a dit…

Ce Belmondo -là était un grand collabo avec les nazis.

brigitte celerier a dit…

ce qui n'a strictement aucun rapport avec cette naïade

Gérard a dit…

la naïade a besoin d'eau, elle se dessèche.

Marie-christine Grimard a dit…

Très en retard de lecture, je me régale !

Phil a dit…

Je me souviens qu'à Avignon j'avais un ami qui avait disposé un nu de Maillol offert par l'artiste, dans le hall de sa maison. En entrant, Par une sorte de geste pudique et élégant Il s'y délestait de son manteau qui recouvrait alors les belles rondeurs des fesses de la statue. Elle prenait ainsi un air digne de proue de navire tremblante rescapée d'un naufrage : rien n'incitait alors plus à la caresse, ni des mains ni du regard. Et lorsque en sortant il s'agissait de reprendre son manteau, nous tournions la tête vers la porte sans nous retourner.

brigitte celerier a dit…

très joli !