mercredi, mai 04, 2016

Queue de mistral et quasi paresse, donc ce serait

Le mistral dormait ce matin,

sur la cour le ciel était glorieusement débarrassé, simplement barré par le souvenir d'un vol
Ai balayé rapidement la cour, avant que le vent recommence sont jeu : vider la pelle aussi vite que la remplis... ai salué le second bouton miraculeux de l'un des courageux rosiers, ai pensé, zut, tant pis pour l'austérité nécessaire, vais me financer l'achat de celui qui sera sélectionné par Altarosa 
Le vent s'est réveillé, en presque mineur, comme une chanson de fort adolescent, et l'aimable baleine à pois (je dis que c'est une baleine, ayant volé son image en passant devant Ducastel, je n'ai pu interroger l'auteur Pascal Lionnet) pouvait, en sa folle fantaisie, voler lentement dans cet autre ciel bleu sans être trop secouée, ni emporter, arracher du sol, les petits êtres qui tentaient de la guider vers la mer – elle se contentait de leur sourire malicieusement en poursuivant son saut surréaliste.
Suis restée dans le quartier, ai jugé que point n'était encore indispensable de batailler avec housses de vêtures de coton et tissus légers.. ai eu des idées de textes ou autres, ai ébauché, plus ou moins, divers bidules, ai envoyé un très court ce serait au grand Cosaque et reprend un de ceux qu'il a publiés https://lescosaquesdesfrontieres.com
Ce serait – 54 – la sève
Ce serait, juste avant de parvenir à la troupe des platanes survivants dans leur belle maturité, la svelte stature du premier des jeunes arbres qui ont remplacé depuis plus d'un an leurs frères victimes de maladie et d'un soin radical.
Ce seraient son élan vers la lumière, son squelette dessinant une flèche, plaqués par les yeux, ou l'appareil, d'une admiratrice, sur la poussée calme, la montée capricieuse des aînés.
nos frères aînés
troncs puissants, bras modelés
par lumière et vent
Ce serait ce moment où l'hiver se fait vieux, juste avant que les premiers bourgeons se dessinent, quand la vie s'éveille, prend son élan, dans le bois.
Ce serait ce moment où la douceur d'une fin de journée laisse un goût d'espoir s'étirant, où l'air semble chanter.
nous adolescents
tous drets, minces et solides
l'élan vers le ciel
Ce serait la perspective abrégée qui grandirait les nouveaux venus, transformerait leur humble déférence en une émulation, leur ferait espérer une rivalité future.
Ce serait l'image de la sève se ruant, l'idée du printemps proche dans la tendresse d'une fin d'après-midi, une suavité de bleu annonçant les soirées sans fin.

7 commentaires:

Dominique Hasselmann a dit…

"suavité de bleu"... ce serait une observation parmi d'autres justes.

brigitte celerier a dit…

sais pas pourquoi blogger avait mis ce très juste commentaire dans les spams

Arlette A a dit…

Cette sève indomptable qui ... pourtant fait abandonner les " vêtures" d'hiver en un élan souvent regrettable!

brigitte celerier a dit…

comme il s'agit de descendre (sur la pointe de mes pieds perchés sur une chaise) de lourdes housses bien au dessus de ma tête, de repasser leur contenant , ranger les trucs abandonnés et remonter encore un peu plus lourdes les housses, mon élan n'st pas excessivement fort et irrésistible :-)
il faut vraiment que je me mette à crever de chaud !

Arlette A a dit…

Grave ...ne pas basculer dans cet équilibre precaire

jeandler a dit…

Le mistral aurait-il fait une surprenante queue de poisson et menacé l'équilibre des choses ?

Gérard a dit…

l'hiver se fait vieux...ici le printemps est naissant