vendredi, juin 24, 2016

Brigetoun-la-oie entre loi travail et vernissage

Ma mère racontait, non sans une certaine malice, que jeune-fille elle avait été surnommée la oie, et ma foi, ne sais si je donne la même impression de candeur, mais à défaut de son charme, je pourrais avoir hérité de ce surnom, peut-être pas exactement pour les mêmes raisons, ou en y ajoutant une persistante gourderie.

M'en suis allée matin, tentant de marcher avec des tennis (un peu trop grandes de surcroit) ce qui semble à la portée de tout le monde.. mais, le constate, pas vraiment à la mienne (tendance à chalouper)
et j'ai gagné le petit attroupement devant la cité administrative. Il était prévu de façon sybilline une action à la suite des prises de parole.. mais me sentais, dans ces groupes attendant, discutant, spécialement déplacée.. et après avoir acheté un badge, signé la «votation citoyenne» organisée par la CGT, attendu trois quart d'heure environ pendant que les responsables des syndicats organisateurs discutaient près du camion, m'en suis allée..
découvrant (j'ai mis le temps) en passant place de l'horloge, l'existence des fleurs de platane...
Vers midi, j'ai entendu des slogans provenant des remparts, me suis morigénée, et j'ai découvert sur Facebook que les plus frais et les quelques participants de la Nuit Debout avaient pris à l'abordage (exploit relatif mais sans doute jouissif) le pont.. Au bruit cela a été joyeux et bref.
En fin d'après-midi, ai changé de robe, ai dit à ma timidité tu m'ennuies, me suis dit oui pourquoi pas, vas voir, et j'ai fait les quelques mètres me séparant de la galerie Ducastel et du vernissage de l'exposition de et avec Pierre-Marie Brisson un des peintres de la galerie, dont j'ai appris (via les vitrines) à apprécier l'oeuvre – regardant cela avec un certain détachement, sans me demander si j'aimerais vivre avec un de ses tableaux (pas certaine), totalement hors de mes possibilités, contrairement aux petites formes de certains autres
une vidéo exposition Galerie Franklin Bowles (oeuvre de 2000 à 2009)
un entretien chez lui, à Aigues-Mortes, à propos de Matisse (en anglais, enfin on entend vaguement la conversation, avec Jean Audigier, Directeur de la galerie Franklin Bowles, en français, en arrière son)
et une exposition l'année dernière à Paris, galerie Schukin http://newsarttoday.tv/expo/pierre-marie-brisson-galerie-shchukin/
Trois-quart d'heure environ de figuration souriante (suis vraiment pas douée, aurais une vie passionnante si j'étais certaine d'être invisible).. un rien perdue une fois de plus... quelques échanges... évité nourriture et boisson... et départ à la sauvette, laissant place aux acheteurs potentiels et aux habitués
des petites oeuvres (relativement) très dans la lignée des collages de Matisse, fleurs et oiseaux presque interchangeables, quelques coeurs, trois couleurs et beaucoup de blanc pour chaque tableau.. quatre ou cinq tableaux moyens, et six grands (motifs bucoliques disent les noms, ou des nus silhouettés, et trois femmes à grandes jupes) dont mon préféré, celui qui était ces jour-ci en vitrine et dont je n'ai attrapé, à la volée, qu'une idée/trahison, où sont toujours présents collages, agrafages et marouflages comme pour les autres, semble davantage peint, garde le souvenir d'une époque où ses motifs étaient moins volontairement plaqués, et une harmonie douce et sombre.

5 commentaires:

Arlette A a dit…

Feuilles découpées , ombres portées et jolies baskets ton jeu de "l'oie" est plaisant

Dominique Hasselmann a dit…

Occuper un pont coupé est sans doute un signe...
Mais ça vaut peut-être mieux que de tourner en rond autour de la place de la Bastille et du bassin de l'Arsenal !

brigitte celerier a dit…

Dominique, ils ont du obtenir ici l'autorisation (après mon abandon) de plusieurs centaines de mètres de plus qu'à Paris s'ils ont tourné autour des remparts

merci à vous deux pour votre passage

Godart a dit…

Les démarches chaloupées ne sont pas les plus inesthétiques.

brigitte celerier a dit…

ça dépend de l'âge, au mien ça évoque surtout faiblesse bancale, hésitante